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18 mars 2012 7 18 /03 /mars /2012 09:02

mirabeau

 

Sous le pont Mirabeau coule la Seine

Et nos amours

Faut-il qu'il m'en souvienne

La joie venait toujours après la peine

 

Vienne la nuit sonne l'heure

Les jours s'en vont je demeure

 

Les mains dans les mains restons face à face

Tandis que sous

Le pont de nos bras passe

Des éternels regards l'onde si lasse

 

Vienne la nuit sonne l'heure

Les jours s'en vont je demeure

 

L'amour s'en va comme cette eau courante

L'amour s'en va

Comme la vie est lente

Et comme l'Espérance est violente

 

Vienne la nuit sonne l'heure

Les jours s'en vont je demeure

 

Passent les jours et passent les semainesApollinaire le pont mirabeau incipit

Ni temps passé

Ni les amours reviennent

Sous le pont Mirabeau coule la Seine

 

Vienne la nuit sonne l'heure

Les jours s'en vont je demeure


 

  Guillaume Apollinaire, "Le pont Mirabeau", Alcools, 1913

 


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26 février 2012 7 26 /02 /février /2012 09:40

Puisque je suis tournée vers le continent africain ces jours-ci, j'ai choisi un poème solaire du poète sénégalais Léopold Sédar Senghor : 

 

Femme noire     http://dubleudansmesnuages.com/wp-content/uploads/2008/11/leopold-sedar-senghor-20588.jpg

 

Femme nue, femme noire
Vétue de ta couleur qui est vie, de ta forme qui est beauté
J'ai grandi à ton ombre; la douceur de tes mains bandait mes yeux
Et voilà qu'au cœur de l'Eté et de Midi,
Je te découvre, Terre promise, du haut d'un haut col calciné
Et ta beauté me foudroie en plein cœur, comme l'éclair d'un aigle

Femme nue, femme obscure
Fruit mûr à la chair ferme, sombres extases du vin noir, bouche qui fais lyrique ma bouche
Savane aux horizons purs, savane qui frémis aux caresses ferventes du Vent d'Est
Tamtam sculpté, tamtam tendu qui gronde sous les doigts du vainqueur
Ta voix grave de contralto est le chant spirituel de l'Aimée

Femme noire, femme obscure
Huile que ne ride nul souffle, huile calme aux flancs de l'athlète, aux flancs des princes du Mali
Gazelle aux attaches célestes, les perles sont étoiles sur la nuit de ta peau.

Délices des jeux de l'Esprit, les reflets de l'or ronge ta peau qui se moire

A l'ombre de ta chevelure, s'éclaire mon angoisse aux soleils prochains de tes yeux.

Femme nue, femme noire
Je chante ta beauté qui passe, forme que je fixe dans l'Eternel
Avant que le destin jaloux ne te réduise en cendres pour nourrir les racines de la vie.



                                                                              Léopold Sédar Senghor, Chants d'ombre

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24 février 2012 5 24 /02 /février /2012 15:23

 

      http://storage.canalblog.com/49/60/161675/70503493.jpg      L'histoire  

 

        Le roman s'ouvre à Frankfurt sur "un terrible drame familial". Alors qu'il n'est plus que l'ombre de lui-même, Kurt Krausmann embarque son désespoir et sa vie désormais en miettes sur le voilier de son ami Hans Makkenroth, direction les Comores où Hans a le projet d'"équiper un hôpital au profit d'une organisation caritative dont il [est] membre". Attaqués par des pirates au large de la Somalie, les deux hommes sont pris en otage. Commence alors pour eux une longue descente aux enfers, dans "un monde de soif et d'insolation "...


            Mes impressions


           L'Equation africaine est un roman entêtant, d'abord parce que, comme toujours, Yasmina Khadra est un virtuose lorsqu'il s'agit d'immerger son lecteur dans une situation de crise. J'ai noté un passage qui m'a fait penser immédiatement au chapitre 1 du Dernier jour d'un condamné de Victor Hugo, avec sa structure close, en forme de cercueil - "Quatre jours !" comme un écho à "Condamné à mort !"- Mais, singulièrement, l'écriture métaphorique de Yasmina Khadra confère une forme de douceur à ce récit d'un voyage ultraviolent, sans doute parce qu'elle sublime les émotions du narrateur.  Kurt subit un destin qu'il n'a pas choisi, à deux reprises, dans des mondes opposés qui évoluent en parallèle et dont les imbrications politiques sont réelles. ll en oublie sa vocation de médecin tant il est sous le choc des deux tragédies qu'il a subies malgré lui. Et nous avons le point de vue d'un homme meurtri, révolté jusqu'à l'inconscience - lorsqu'il brave ses geoliers ou lorsqu'il s'enfuit dans le désert, fort de sa détermination et de sa colère, marchant droit devant lui, sous un soleil de plomb qui finira par écraser son corps meurtri par les blessures et la dénutrition ... De ce fait, dans les deux premières parties du roman, les descriptions de l'Afrique sont particulièrement péjoratives : les mots, durs et secs comme le désert, dessinent l'incompréhension et la peur, nées d'une situation jugée parfaitement injuste et arbitraire. Kurt n'en saisit pas la logique et estime, à juste titre, que seul le hasard en commandera l'issue.

       Séparé de son ami Hans, qui sera l'objet d'une transaction, Kurt poursuit son périple avec un nouveau compagnon d'infortune, Bruno. Prisonnier depuis de longs mois, ce français qui se dit africain, contribuera à faire évoluer le point de vue du narrateur-médecin, notamment en ouvrant sa conscience à la réalité africaine où tous les hommes sont frères et où rien n'est plus sacré que la vie. Ainsi,  la sauvagerie des pirates n'efface pas l'Africain, "un être splendide" car "son coeur est son royaume". Le roman propose ainsi, à travers le parcours des deux hommes, mais aussi par l'ambivalence de personnages comme le pirate Joma Baba-Sy et son "disciple" Chaolo dit Black Moon, une analyse des différences fondamentales entre la culture africaine et la culture occidentale, tout en soulignant que ce sont sans doute nos excès qui entraînent le continent africain vers sa propre perte.


             Florilège


       "Ce qui me dérange, chez mes ravisseurs, ce n'est ni leur désinvolture décatie ni la clochardisation à laquelle les voue leur statut de horde sauvage ; il y a dans leur façon d'exister au jour le jour une absence de conscience manifeste qui rend leur dangerosité aussi naturelle que la morsure d'un serpent, et rien qu'à les sentir autour de moi, je me sens naître et mourir dans un purgatoire où il n'est pas nécessaire d'avoir fauté puisque le seul fait d'y échouer constitue un crime." (page 112)

        "Lorsque le soleil a disparu, l'obscurité se jette sur les ombres comme un prédateur sur sa proie, et une nuit sénescente, sans romance ni attraits, complètement usée par les âges, s'apprête à faire du désert son tombeau." (page 114)

        "Devant nous la file de rescapés se traîne comme elle peut, un balluchon sur la tête, un bébé sur le dos me livrant en vrac la hideur d'un monde dont je ne mesurais guère l'infamie et auquel, à aucun moment de ma vie, je ne m'étais préparé. Un monde où les dieux sans miséricorde n'ont plus de peau aux doigts à force de s'en laver les mains. Un monde sisyphin livré à la lâcheté des hommes et aux ravages des épidémies, avec ses supplices, ses escalades et ses guets-apens, et ses contingents de morts-vivants nomadisant à travers mille tourments, l'espoir crucifié sur le front et l'échine croulante sous le poids d'une malédiction qui ne décline ni ses codes ni son nom." (page 208)

       "C'est un être splendide, l'Africain. Qu'il soit assis sur le seuil de sa case, ou sous un caroubier, ou sur la berge d'une rivière infestée de crocodiles, il est d'abord en lui. Son coeur est son royaume. Personne au monde ne sait mieux que lui partager et pardonner. Si je devais mettre un visage sur la générosité, ce serait le visage d'un africain. Si je devais mettre un éclat sur la fraternité, il aurait celui d'un rire afriacain." (Bruno à Kurt, page 219)

Le site officiel de Yasmina Khadra.


Bonne lecture !

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26 juin 2011 7 26 /06 /juin /2011 15:53

Ce n'est pas vraiment un poème, quoique ... Ce sont, disons, des méditations poétiques :

 

      J'écris pour me parcourir. Peindre, composer, écrire : me parcourir. Là est l'aventure d'être en vie.

    En somme, depuis plus de dix ans, je fais surtout de l'occupation progressive.

 

      Ne considérez pas plus de gens que vous n'avez en vous de personnes avec qui les confronter.

      Qui observe ? On ne peut que comparer.

     Vous aimez quelqu'un, vous l'admirez ? Essayez plutôt de produire en vous ce qui paraît si extraordinaire en l'autre.

      Créez un nouveau circuit (ou un équivalent).

     Toute faculté non employée enténèbre les autres facultés. Toute activité qu'on s'est refusée, tout acte qu'on pouvait commettre, empêtre la conduite entière, revient frapper à la porte continuellement.

      Les amis fidèles sont souvent un encouragement à rester aussi borné le lendemain que vous l'étiez la veille.

      C'est l'inconvénient du confort, du réconfort.

 

Henri Michaux, "Observations" (1950), Passages, L'Imaginaire, Gallimard, 1950 et 1963.

 

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23 juin 2011 4 23 /06 /juin /2011 21:32

       histoiremouettechat J'avais entendu parler de ce petit roman de Luis Sepulveda il y a quelques années, alors que je travaillais dans une école primaire : des collègues m'en avaient alors dit beaucoup de bien. Pour ma part, j'avais lu Le Monde du bout du monde, un très beau récit militant qui aborde également le thème de la protection de la planète et du respect de la nature, notamment des espèces protégées en voie de disparition à cause de quelques industriels peu scrupuleux.


C'est avec mes élèves de 6e, à l'occasion d'un défi lecture de fin d'année, que j'ai enfin pris le temps de me plonger dans cette histoire pour le moins insolite. Et de l'avis de tous, ce fut un très beau moment de lecture !


 

        L'histoire

 

        Alors qu'elle plonge dans les eaux froides de la mer du Nord, dans un banc de harengs, Kengah la mouette argentée est victime de "la malédiction des mers". Couverte de pétrole, les plumes collées par "la peste noire" qui va l'empoisonner, Kengah rassemble ses dernières forces pour tenter de rejoindre la terre ferme. Elle sait qu'elle va mourir alors qu'elle porte la vie. Mais le hasard fait parfois bien les choses ...


 

        Mes impressions


        Voilà un livre qui devrait être mis entre toutes les mains, de 7 à 77 ans, tant les idées véhiculées sont humanistes. L'histoire de Zorbas et de ses protégées est un hymne à la tolérance, au respect de la différence et à la solidarité entre les êtres vivants, à plus forte raison si tout les sépare.

 

         L'écriture de Luis Sepulveda est à la fois simple et profonde : ainsi, le style est élégant tout en restant d'un abord facile car le récit est, en premier lieu, destiné aux enfants. On s'amuse bien à la lecture des dialogues truculents entre les chats du port, chacun ayant une personnalité bien trempée. Et en même temps, on réfléchit aux conséquences désastreuses du progrès sur l'environnement : pollution des plages et des mers du monde, empoisonnement des oiseaux lors des marées noires ...

Le rôle du poète "qui vole avec ses mots" dans un monde devenu fou est aussi abordé comme le sont les valeurs humanistes fondamentales qu'il n'est jamais inutile de rappeler : le respect de celui qui est plus petit ou différent de soi.

 

         L'Histoire d'une mouette et du chat qui lui apprit à voler est un très joli conte moderne dont les personnages attachants et les situations comiques portent un message grave et urgent à méditer face aux dérives du monde contemporain.


 

         Bonne lecture !

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22 juin 2011 3 22 /06 /juin /2011 15:31

 

Première année sur la terre serreszau

        Ce beau projet est celui de Stephie qui fut la première à proposer sur son blog un rendez-vous du mercredi autour de la lecture parents-enfants. Je la remercie très chaleureusement d'avoir accepté que je reprenne son idée ainsi que son logo.

Il s'agit donc de rédiger un billet hebdomadaire sur les lectures  proposées à nos petits - dans mon cas, essentiellement des albums car ma fille n'a que trois ans. Si vous passez par là le mercredi, je vous invite donc à vous rendre ensuite chez mon amie bloggeuse Stephie dont la pallette de lecture est plus vaste.


 

        Pour ce premier rendez-vous, j'avais envie de parler d'une très belle découverte faite grâce à un défi lecture CM2-6e, et que ma petite a semblé apprécier malgré son très jeune âge : Première année sur la terre d'Alain Serres et Zaü (l'illustrateur) est un album grand format, publié chez Rue du monde en 2003.


       Le récit, très poétique, raconte la première année d'un renardeau - avec de nombreuses ellipses bien sûr. Ce petit animal, né dans la grande forêt en même temps qu'une "pousse de sapin" n'est pas immédiatement identifié et, dés le début de la lecture,  l'enfant peut poser quelques hypothèses. Puis, au fil des saisons, le texte, constitué de multiples images poétiques, nous invite à découvrir la richesse des expériences sensorielles du renardeau, de son propre point de vue : ainsi, le renardeau découvre son identité grâce au  ruisseau et les gouttes de pluie, il les perçoit comme des flèches (le lecteur peut penser qu'il s'agit d'un chasseur). La nourriture est décrite avec de subtiles métaphores : que sont les "perles de sucre" ? Des framboises. Et qu'est-ce que le "sirop de lumière" ? Le lait. Magique non ? Enfin, que dire de la nature majestueuse dont les étoiles sont des "gouttes de lumière" et où la lune est "la clarté du jour blottie dans un trou silencieux du ciel" ?


       Le lyrisme du récit est magnifiquement illustré par Zaü dont la pallette de couleurs évoque, au fil des saisons, les peintures fauvistes. Aucun personnage  autre que la nature n'apparaît - sauf à la fin où le renardeau est représenté pour la première fois.

De mon point de vue, ces peintures sont une invitation au silence et à la méditation et j'ai eu envie de lire en chuchotant pour ne pas rompre la magie qui se dégageait des doubles-pages. D'ailleurs, ma petite Fleur, très attentive, suçotant son pouce et son doudou, m'a semblé très sensible à l'ambiance.


        Un très bel album donc parce qu'il célèbre la beauté de la nature et la magie de la vie qui s'épanouit.

 

       Bonne lecture !

 

logo le mercredi je lis avec mon p'tit

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19 juin 2011 7 19 /06 /juin /2011 11:27

  Pour Stan dont c'est l'anniversaire aujourd'hui.

Pour Justine qui passe son bac de Français lundi.

Mille baisers.

 


  Ode à un rossignol de John Keats, extrait du film magnifique de Jane Campion, Bright Star.
Vous pouvez découvrir l'univers de John Keats, poète maudit du romantisme anglais sur le site Esprits nomades.

Le poème :

Mon coeur souffre et la douleur engourdit
Mes sens, comme si j'avais bu d'un trait
La ciguë ou quelque liquide opiacé
Et coulé, en un instant, au fond du Léthé :
Ce n'est pas que j'envie ton heureux sort,
Mais plutôt que je me réjouis trop de ton bonheur,
Quand tu chantes, Dryade des bois aux ailes
Légères, dans la mélodie d'un bosquet
De hêtres verts et d'ombres infinies,
L'été dans l'aise de ta gorge déployée.

Oh, une gorgée de ce vin !
Rafraîchi dans les profondeurs de la terre,
Ce vin au goût de Flore, de verte campagne,
De danse, de chant provençal et de joie solaire !
Oh, une coupe pleine du Sud brûlant,
Pleine de la vraie Hippocrène, si rougissante,
Où brillent les perles des bulles au bord
Des lèvres empourprées ;
Oh, que je boive et que je quitte le monde en secret,
Pour disparaître avec toi dans la forêt obscure :

Disparaître loin, m'évanouir, me dissoudre et oublier
Ce que toi, ami des feuilles, tu n'as jamais connu,
Le souci, la fièvre, le tourment d'être
Parmi les humains qui s'écoutent gémir.
Tandis que la paralysie n'agite que les derniers cheveux,
Tandis que la jeunesse pâlit, spectrale, et meurt ;
Tandis que la pensée ne rencontre que le chagrin
Et les larmes du désespoir,
Tandis que la Beauté perd son oeil lustral,
Et que l'amour nouveau languit en vain.

Fuir ! Fuir ! m'envoler vers toi,
Non dans le char aux léopards de Bacchus,
Mais sur les ailes invisibles de la Poésie
Même si le lourd cerveau hésite :
Je suis déjà avec toi ! Tendre est la nuit,
Et peut-être la Lune-Reine sur son trône,
S'entoure-t-elle déjà d'une ruche de Fées, les étoiles ;
Mais je ne vois ici aucune lueur,
Sinon ce qui surgit dans les brises du Ciel
A travers les ombres verdoyantes et les mousses éparses.

Je ne peux voir quelles fleurs sont à mes pieds,
Ni quel doux perfum flotte sur les rameaux,
Mais dans l'obscurité embaumée, je devine
Chaque senteur que ce mois printanier offre
A l'herbe, au fourré, aux fruits sauvages ;
A la blanche aubépine, à la pastorale églantine ;
Aux violettes vite fanées sous les feuilles ;
Et à la fille aînée de Mai,
La rose musquée qui annonce, ivre de rosée,
Le murmure des mouches des soirs d'été.

Dans le noir, j'écoute ; oui, plus d'une fois
J'ai été presque amoureux de la Mort,
Et dans mes poèmes je lui ai donné de doux noms,
Pour qu'elle emporte dans l'air mon souffle apaisé ;
A présent, plus que jamais, mourir semble une joie,
Oh, cesser d'être - sans souffrir - à Minuit,
Au moment où tu répands ton âme
Dans la même extase !
Et tu continuerais à chanter à mes oreilles vaines
Ton haut Requiem à ma poussière.

Immortel rossignol, tu n'es pas un être pour la mort !
Les générations avides n'ont pas foulé ton souvenir ;
La voix que j'entends dans la nuit fugace
Fut entendue de tout temps par l'empereur et le rustre :
Le même chant peut-être s'était frayé un chemin
Jusqu'au coeur triste de ruth, exilée,
Languissante, en larmes au pays étranger ;
Le même chant a souvent ouvert,
Par magie, une fenêtre sur l'écume
Des mers périlleuses, au pays perdu des Fées.

Perdu ! Ce mot sonne comme un glas
Qui m'arrache de toi et me rend à la solitude !
Adieu ! L'imagination ne peut nous tromper
Complètement, comme on le dit - ô elfe subtil !
Adieu ! Adieu ! Ta plaintive mélodie s'enfuit,
Traverse les prés voisins, franchit le calme ruisseau,
Remonte le flanc de la colline et s'enterre
Dans les clairières du vallon :
Etait-ce une illusion, un songe éveillé ?
La musique a disparu : ai-je dormi, suis-je réveillé ?

"Ode à un rossignol", in Les Odes, trad. Alain Suied, Editions Arfuyen
Source : Esprits nomades, "John Keats, Les Rêveries de l'effacement"

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18 décembre 2010 6 18 /12 /décembre /2010 21:11

       http://www.decitre.fr/gi/11/9782246765011FS.gif  C'est un coup de coeur que je vous présente aujourd'hui : Quand souffle le vent du nord    est le premier "roman"  de D. Glattauer traduit en français. L'auteur est par ailleurs chroniqueur politique et judiciaire pour un journal autrichien. Le succès du livre est amplement mérité et les critiques, particulièrement élogieuses, parlent par exemple d'"un des dialogues amoureux les plus anchanteurs et les plus intellignents de la littérature contemporaine" (Der Spiegel).


 

        L'histoire


        On dit souvent que " le hasard fait bien les choses". Voilà qui se vérifie ici ! L' histoire de Léo et Emmi commence de manière assez banale et aurait pu en rester là : la jeune femme croit envoyer un mail à la revue Like pour résilier son abonnement, mais elle se trompe en tapant l'adresse électronique. Le mail est reçu par un certain Léo Leike, qui répond pour signaler l'erreur. Les premiers échanges amusés et cordiaux, qui s'enchaînent avec esprit et vivacité, se transforment progressivement en une conversation amoureuse, savoureuse et sensuelle. Seulement, Emmi est mariée et Léo se remet tout juste d'une rupture. De quoi donner matière à réflexion quant à  l'opportunité d'une rencontre ... Et puis se rencontrer, n'est-ce pas prendre le risque de la déception ? Léo écrit " Nous faisons route vers le désenchantement. Nous ne pouvons pas vivre ce que nous écrivons."


 

       Mes impressions

 

       Une relation virtuelle fondée sur le pouvoir d'évocation des mots peut-elle survivre à la confrontation au réel ? Faut-il prendre le risque de perdre à jamais l'image idéalisée de l'autre pour vivre une relation charnelle ?  Et que dire de cette attirance désincarnée qui n'est peut-être qu'un mirage ?

Le risque de la rencontre, c'est bien sûr de mettre fin à la magie. Mais, en même temps, la caresse des mots échangés dans le désir grandissant de l'autre, hors du temps et du quotidien, peut-elle remplacer la présence physique de l'être qui nous attire ? Non sans doute. Pourtant, c'est si beau de rêver l'amour, d'en imaginer tous les possibles, avant qu'il ne prenne corps et se mette en danger. Dés lors, que choisir ? Faut-il considérer qu'il est suffisamment beau d'être "chacun la voix de l'imagination de l'autre " ?

 

        Au fil de la correspondance entre Léo et Emma , toutes ces questions sont posées, avec beaucoup d'intellligence et de discernement, sans lourdeur ni mièvrerie, . En effet, l'auteur a su éviter les clichés et donner  profondeur et finesse à ce dialogue  moderne, emprunt de poésie et de tendresse.

 

 

       Florilège

 

       " Nous communiquons au milieu d'un désert [...] Il n'y a personne autour de nous. Nous n'habitons nulle part. Nous sommes sans âge. Nous sommes sans visage. Nous ne faisons pas la différence entre le jour et la nuit. Nous vivons hors du temps. Nous sommes retranchés derrière nos écrans, et nous avons un passe-temps commun : nous nous intéressons à un parfait inconnu. Bravo !" (p. 29)

 

       " Chère Emmi, quand on reste en suspens pendant deux jours, comme moi à cause de vous en ce moment, on se sent assez pitoyable. Je vous invite donc poliment à me répondre. Ramenez-moi sur le sol avec rudesse, mais ne me laissez pas en l'air. Avec l'expression de ma considération distinguée. Votre Léo." (p. 224)

 

       " Emmi, vous n'avez pas répondu à ma question. Me donneriez-vous rendez-vous (en auriez-vous envie ?) si votre mari était chez vous, dans la pièce voisine ? Et (question bonus) que lui diriez-vous ? Peut-être : "Dis-donc chéri, ce soir, j'ai rendez-vous avec un homme avec qui je corresponds depuis un an, en général plusieurs fois par jour, de "bonjour" à "bonne nuit". Souvent, il est le premier de la journée à entendre parler de moi. Souvent, il est le dernier à qui je parle avant d'aller me coucher. Et la nuit, quand je n'arrive pas à dormir, quand le vent du nord souffle, je ne viens pas te voir, chéri. Non, j'écris un mail à cet homme. Et il me répond. Dans ma tête, ce type est un merveilleux remède contre le vent du nord. Ce que nous nous écrivons ? Oh, rien que des choses personnelles, des choses sur nous, ce que nous ferions tous les deux si je ne vous avais pas, chéri, toi et les enfants. [...] " (page 256)

 

Un lien vers les blogs de Stephie et Pimprenelle qui nous donnent leur avis sur ce livre.

 

Bonne lecture !

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5 janvier 2010 2 05 /01 /janvier /2010 15:40

 http://www.slavika.com/catalog/images/2742704701_dames.jpg        L'histoire


       Que de belles pages recèle la littérature russe ! Dans ce petit récit étonnant, écrit en 1927, Nina Berberova raconte, dans un style brillant, la mort subite et l’enterrement de Barbara Ivanovna   arrivée, la veille au soir, avec sa fille Marguerite, dans la pension du Dr Byrdine.  Les deux « dames » ont fui Saint Petersbourg, agitée par des troubles révolutionnaires. Vu les tensions politiques, une sépulture provisoire et exceptionnelle – je n’en dirai pas plus pour préserver le plaisir de la lecture - est choisie jusqu’à ce que Marguerite puisse faire transporter la dépouille de sa mère près de la demeure familiale…  Quelques années plus tard, Marguerite revient sur la tombe de sa mère mais la situation n’est pas celle qu’elle avait imaginée …

 

 

       Mes impressions


       Ce court récit, réaliste et cruel, a toutes les caractéristiques d’une nouvelle : concision, unité de temps et de lieu, nombre de personnages réduit, recherche de l’insolite et chute surprenante. Les dames de Saint-Petersbourg sont « croquées » avec humour, même dans la mort ou le deuil. En effet, on a tour à tour envie de sourire ou de s’attrister en suivant les réactions de Marguerite. Et le style enlevé de Nina Berberova nous met définitivement à l’abri de l’ennui !

       Je lirai prochainement La Souveraine, un petit roman du même auteur dans lequel j’espère retrouver l’humour noir que j’ai apprécié ici !

 


       Florilège


       "Souvenir, souvenir éternel, mais qui va se souvenir ? Je ne comprends rien. Il n'y a que moi qui puisse me rappeler, et personne d'autre. Mais est-ce que je suis éternelle, moi ? Tout n'est que mensonge ... Maman n'est plus mà ! Et quand elle était là, on n'en avait que faire, elle était gênante même (...)" (p. 60)


       "Les oiseaux fuyaient la chaleur dans les arbres, mais d'énormes mouches bleu sombre tournoyaient avec un bourdonnement épais autour du visage de la morte. "Pourvu qu'elles ne se posent pas, pourvu qu'elles ne se posent pas !" pensait la petite Véra, lorsqu'elle vit soudain quelque chose s'écouler du milieu du cercueil, entre les deux tabourets, sur le sol décoré de la terrasse.

- ... les offenses volontaires ou involontaires ! ... déclamait le prêtre." (pp. 58-59)

 


Anneso propose un article élogieux  sur Roquenval de Nina Berberova. Je ne connaissais pas ce titre, mais je me laisserais bien tenter !


Bonne lecture !

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31 décembre 2009 4 31 /12 /décembre /2009 23:39

      http://54.img.v4.skyrock.net/54e/moijelis/pics/1568262352_small.jpg C’est dans le cadre du challenge "j’aime les classiques" de Marie L. (un grand merci !! ) que j’ai lu cette pièce de théâtre publiée en 1950 et dont la première représentation date de 1949. Elle était dans ma PAL depuis très longtemps et cette excellente idée de challenge lui a fait gagner la première place, sans regret ! L’œuvre m’a accompagnée aux pieds des montagnes ariégeoises, pour mon plus grand plaisir.


       L’histoire


      Pour résumer cette pièce en cinq actes, autant se référer directement à son auteur : « en février 1905, à Moscou, un groupe de terroristes appartenant au parti socialiste révolutionnaire, organisait un attentat à la bombe contre le grand duc Serge, oncle du tsar. Cet attentat et les circonstances singulières qui l’ont précédé et suivi font le sujet des Justes. » Albert Camus.

                                

       Mes impressions


       J'ai vraiment apprécié cette pièce qui donne tellement à réfléchir ! J'ai aimé suivre les destinées tragiques de personnages, unis comme des frères par le même engagement envers la Russie. Dévoués corps et âme,  ils tentent de libérer  leur peuple, opprimé par le despotisme, ce qui les rend ô combien attachants malgré leurs actes terribles.

     L''oeuvre est intéressante à plus d'un titre  mais, en particulier, parce qu'elle met en avant leurs contradictions :  en effet, si leurs motivations sont celles du sacrifice de leur individualité au nom de l’Organisation et pour une certaine idée de la liberté, les limites de chacun ne sont pas les mêmes. Par exemple, la cause de la révolution vaut-elle que des enfants – le neveu et la nièce du grand duc, en l’occurrence – soient assassinés sous les bombes ? Les positions divergent : en particulier, celle de Dora et de Yanek, dit aussi « le Poète » et celle de Stepan, endurci par trois années au bagne, d’où il s’est échappé. C’est d’ailleurs souvent dans les échanges virulents entre les deux hommes que le débat philosophique prend racine.

      D’autres personnages gravitent autour de ces trois protagonistes : Annenkov, le responsable ; Voinov qui évoque la difficulté de tuer de sang froid et renonce à lancer la bombe ; la grande duchesse et Skouratov, personnages qui joueront un rôle dans le renforcement de la figure tragiquement « héroïque » de Yanek.

       Et puis il y a l’amour entre Dora et Yanek, tragique lui aussi car il ne peut trouver sa pleine expression que dans l’action révolutionnaire. L’amour est-il possible au milieu de tant de violence ? L’amour pour le peuple, oui car il est la raison d’être de l’Organisation et la cause juste pour laquelle chacun consent au sacrifice suprême – et ce, malgré les doutes de Dora. Mais l’amour entre un homme et une femme suppose de la tendresse, cette capacité à « se laisser aller enfin » (Dora, page 85), de la légèreté et de l’insouciance. Or, comme le dit Dora, « il faut du temps pour aimer. Nous avons à peine le temps pour la justice. » (p.90) Pourtant, ces deux êtres s’aiment, « du même amour un peu fixe, dans la justice et les prisons ». Mais, simplement, « il y a une chaleur qui n’est pas pour [eux] » (p. 88)

       Le dénouement, que je ne révèlerai pas ici, donne la mesure de la force de l’engagement qui anime Yanek puis Dora.

 

      Florilège


      « Stepan - La liberté est un bagne aussi longtemps qu’un seul homme est asservi sur la terre » (p. 17)

      « Voinov - J’ai compris qu’il ne suffisait pas de dénoncer l’injustice. Il fallait donner sa vie pour la combattre » (p. 25)

      « Stepan – L’orgueil est un luxe réservé à ceux qui ont des calèches

Kaliayev (Yanek) – Non. Il est la dernière richesse du pauvre » (p. 65)

 

      « Skouratov – Une idée peut tuer un grand duc, mais elle arrive difficilement à tuer des enfants. […] Alors une question se pose : si l’idée n’arrive pas à tuer les enfants, mérite-t-elle qu’on tue un grand duc ? » (p.113)

 

      « La grande duchesse – Beaucoup de choses meurent avec un homme. » (p. 115)

 

      « Kaliayev, avec désespoir – Il y a quelque chose de plus abject encore que d’être un criminel, c’est  de forcer au crime celui qui n’est pas fait pour lui. Regardez-moi. Je vous jure que je n’étais pas fait pour tuer. » (p. 121)

 

Sur ce, je suis juste à l'heure pour le challenge de décembre 2009 et il est presque temps de vous souhaiter à tous une excellente année 2010 !

 

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Published by Heide - dans Albert Camus
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