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4 juin 2013 2 04 /06 /juin /2013 19:11

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Les « Lundis philo », un mardi ? C’est peu conventionnel, mais cela ne manque pas d’originalité !  Je suis désolée d’avoir manqué notre rendez-vous mensuel, mais je me rattrape aujourd’hui avec quelques réflexions sur le voyage, à partir des Essais, écrits entre 1572 et 1592, par Michel de Montaigne (1533-1592). 


Montaigne-Dumonstier.jpg

Portrait dit "de Chantilly" (auteur anonyme)

 

Ce grand penseur de la Renaissance, moraliste et philosophe, a vécu non loin de chez moi, à Saint-Michel-de-Montaigne, en Dordogne. Il fut aussi maire de Bordeaux. Le château familial a entièrement brûlé, mais il est possible de visiter encore la tour dans laquelle se trouvait sa bibliothèque, un refuge où il rédigea ses Essais. C’est un  endroit « mythique » à visiter à l’occasion d’un voyage dans notre belle région !

Tour_Montaigne.jpg

Château de Montaigne,

Saint-Michel-de-Montaigne (24)

 

Montaigne a beaucoup voyagé et il l’a fait pour des raisons variées : pour se soigner – il souffrait de la gravelle (coliques néphrétiques) -,  mais aussi pour le plaisir d’aller à la rencontre de l’inconnu. Outre le Journal de voyage, une collection de notes sur sa traversée de la Suisse, de l’Allemagne et de l’Italie, qui n’était pas destinée à la publication, on lira avec intérêt le chapitre des Essais intitulé « De la vanité »  consacré à ses voyages, aux us et coutumes des pays traversés. Il s’agit à la fois d’un éloge de la diversité et d’une satire d’un profil particulier de voyageurs « enivrés de cette sotte humeur de s’effaroucher des formes contraires aux leurs : il leur semble être hors de leur élément quand ils sont hors de leur village. » Montaigne explique ensuite que ces voyageurs répugnent à se mêler à ceux qui leur sont étrangers  et dont les mœurs sont jugées « barbares », au sens où l’entendaient les Romains.

 

Comment ne pas retrouver dans la critique de Montaigne l’image des habitudes touristiques d’aujourd’hui ? Quand nous voyageons dans des pays dont la culture est très différente de la nôtre, au lieu de nous regrouper dans des complexes hôteliers – ce qui nous rassure sans doute –, peut-être pourrions-nous lorsque la situation géopolitique le permet, séjourner au cœur même des contrées inconnues que nous visitons, au contact de la population locale le plus souvent extrêmement accueillante.

 

« Faire des voyages me semble un exercice profitable. L’esprit y a une activité continuelle pour remarquer les choses inconnues et nouvelles, et je ne connais pas de meilleure école pour former la vie que de mettre sans cesse devant nos yeux la diversité de tant d’autres vies, opinions et usages. » (Essais, III, 9)


Dès le livre I, dans le chapitre intitulé « De l’institution des enfants » (chapitre XXVI), Montaigne loue la valeur éducative des voyages, qui nous permettent de « limer et frotter nostre cervelle contre celle d’autrui. »  Ainsi, les voyages forment la jeunesse, comme le dit l’adage – qui n’est pas de Montaigne quoiqu’on le lui attribue souvent -, mais à condition de se laisser traverser et d’avoir aussi un peu l’âme d’un aventurier.

 

Cependant, toujours dans ses Essais, Montaigne avoue une chose surprenante, qui le concerne plus directement et qui donne matière à réflexion :


« Je réponds ordinairement à ceux qui me demandent raison de mes voyages que je sais bien ce que je fuis, et non pas ce que je cherche. »


Ainsi les motivations qui poussent au départ pourraient être moins positives qu’il n’y paraît si le voyage répond à un besoin de fuir, de s’absenter de ce qui nous déplaît dans notre vie pour embrasser une vie plus vaste, plus colorée, plus excitante. Par le dépaysement, par la richesse des expériences sensorielles, des rencontres qu’il procure, le voyage serait une sorte d’exutoire. Il n’est pas nécessaire d’avoir parfaitement conscience de ce que nous espérons trouver ailleurs pour que s’opère ce mouvement vers un possible autre. Dans tous les cas, Montaigne fait l’éloge de l’ouverture, de la curiosité, mais sa remarque présuppose aussi qu’il est difficile de trouver un lieu où poser ses bagages quand dans sa vie, on ne se sent pas tout à fait à sa place.

 

Par l’ouverture qu’il génère, le voyage est un formidable élan vers la découverte de notre identité profonde, que nous apprenons à mieux connaître. Voyager implique nécessairement l’idée de retour : retour vers ce qu’on a fui si l’on a fui, retour à la maison après de belles vacances, retour au pays natal, retour sur soi… Oui, l’ailleurs peut être aussi un retour aux sources et l’étranger, un lien vers soi-même. Quand je suis allée au Maroc, j’ai senti que le désert faisait partie de mon paysage intérieur, qu’il en faisait déjà partie avant même de le contempler pour la première fois. Ses couleurs et sa lumière ont brillé dans les yeux de mes ancêtres et je l’ai reçu en héritage. J’aurais pu ne jamais le savoir. Au retour, j’ai ressenti le besoin d’explorer ces sensations nouvelles en moi et c’est inépuisable.


Enfin, il est toujours possible de voyager sans quitter sa chambre avec un bon livre par exemple, mais le rêve est encore meilleur, la contemplation plus épanouissante, l’identification plus forte lorsque l’on y retrouve l’écho bruissant et chatoyant de nos souvenirs.

 

Voici les liens vers les billets d'Anis, Catherine, Denis, Lee Rony, Sophie.

 

Rendez-vous le mois prochain, lundi 1er juillet, autour du philosophe Albert Camus.

Une lecture commune de l'essai de Michel Onfray, L'Ordre libertaire. La vie philosophique d'Albert Camus est proposée, si vous le souhaitez.

 

Bon voyage philosophique !

 

Heide

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Published by Heide - dans Philosophie
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1 juin 2013 6 01 /06 /juin /2013 18:41

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Le Masque de la Mort Rouge est une nouvelle fantastique d’inspiration gothique, écrite par l’auteur américain Edgar Allan Poe (1809 – 1849). Elle fait partie du recueil, publié en 1865, des Nouvelles Histoires extraordinaires, traduites en français par Charles Baudelaire. Mais dès 1842, la nouvelle avait été publiée dans une revue, le Graham's Lady's and Gentleman's Magazine.


« La Mort Rouge avait pendant longtemps dépeuplé la contrée. Jamais peste ne fut si fatale, si horrible. Son avatar, c’était le sang, la rougeur et la hideur du sang. C’étaient des douleurs aigues, un vertige soudain, et puis un suintement abondant par les pores, et la dissolution de l’être. Des taches pourpres sur le corps, et spécialement sur le visage de la victime, la mettaient au ban de l’humanité, et lui fermaient tout secours et toute sympathie. L’invasion, le résultat de la maladie, tout cela était l’affaire d’une demi-heure. » (Incipit)


L’incipit donne une idée de l’atmosphère de cette nouvelle redoutablement efficace. La fulgurance du fléau explique le repli du prince Prospero accompagné d’« un millier d’amis vigoureux et allègres de cœur […] dans une de ses abbayes fortifiées. » Dans cette « retraite profonde », Prospero et sa cour se pensent à l’abri. Au bout de cinq ou six mois, ils se livrent à une mascarade, un bal les réunissant déguisés et masqués dans sept somptueuses salles de l’abbaye. Cependant,  la septième, « la chambre noire, la lumière du brasier qui ruisselait sur les tentures noires à travers les carreaux sanglants était épouvantablement sinistre, et donnait aux physionomies des imprudents qui y entraient un aspect tellement étrange, que bien peu de danseurs se sentaient le courage de mettre les pieds dans son enceinte magique. » Mauvais présage que cette « couleur intense de sang », de même que cette « gigantesque horloge d’ébène », dont le « tic-tac sourd, lourd, monotone » laisse penser que la Mort Rouge et les Ténèbres qui l’accompagnent ne sont peut-être pas si loin de cette « joyeuse et magnifique orgie »


J'apprécie la lecture de cette nouvelle dont les descriptions donnent à voir avec précision l’organisation des lieux, les salles en enfilade, les attitudes des personnages. Leur anxiété est parfaitement perceptible lorsque sonne l’horloge d’ébène. Alors, « les rêves sont glacés, paralysés dans leurs postures. » Plus tard, leur effroi sera mortellement visible derrière les masques.

Dès le début de la nouvelle, l’harmonie apparente des lieux cache quelques détails, qui distillent progressivement l’angoisse et font pressentir le danger, jusqu’au dénouement apocalyptique. La symbolique de l’horloge nous invite à réfléchir au temps qui passe, à ce que nous en faisons et à l’inéluctable de notre condition, en espérant toutefois que notre fin sera plus paisible que celle imaginée par Edgar Allan Poe…Poe.jpg

Cet article s’inscrit dans plusieurs challenges : le Challenge ludique de Calypso, « Un mot, des titres » pour lequel il était convenu de lire une œuvre dont le titre contiendrait le mot « Mort » ; le Challenge « Un classique par mois » chez Stephie.


Belle lecture !


Heide


 

Un-mot-des-titresClassique-final-3

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31 mai 2013 5 31 /05 /mai /2013 21:04

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Murakami Ryû, Love & Pop, Picquier poche, 2009

Titre original : Robu & Poppu, 1996

(Roman, 223 pages)

 

Dans ce roman surprenant par le sujet et le style, il est question d’un phénomène de société propre au Japon : la prostitution de jeunes lycéennes, qui utilisent des messageries téléphoniques pour proposer leurs services ou choisir leurs clients. Il ne s’agit pas toujours de vendre leur corps, mais les risques sont grands de tomber sur des personnes psychologiquement perturbées voire sur des détraqués… Les propositions via ces messageries sont donc aussi hétérogènes que le profil psychique de leurs auteurs, dont les motivations sont toujours malsaines et inquiétantes.

Le 6 août 1996, après avoir passé une partie de la journée avec ses amies, Yoshii Hiromi, 16 ans, répond avec une inconscience stupéfiante à deux messages dont voici le premier : « Euh, une fille qui accepte d’aller faire des courses dans une supérette, tseu, la condition est qu’elle soit mignonne, je cherche une personne sur laquelle les hommes se retournent. Je travaille la nuit, tseu, alors pas plus tard que 22 heures. Si la fille est vraiment jolie, je donne 30 000 yens et même jusqu’à 50 000, tseu ! J’suis pas un type bizarre, si la fille est vraiment top, tseu, aucun problème pour 30 000 yens ou même 50 000. A bientôt. » (94)

A la différence de ses amies, Noda Chisa, Takamori Chieko et Yokoï Nao, c’est la toute première fois que Hiromi va participer en solitaire à une « rencontre arrangée ». Dès le début du roman, le narrateur met en avant le caractère superficiel de l’une de ses activités favorites, son « petit boulot » comme elle l’appelle : «Elle découpait dans des magazines les photos de vêtements, d’objets ou de produits de beauté qui lui plaisaient et les collait dans ce qui constituait un catalogue personnel. » (8) La futilité du désir qui la pousse à agir cet après-midi-là est proportionnelle aux risques qu’elle va prendre : elle désire absolument et sans délai s’offrir une bague, une topaze impériale, pour mettre en valeur ses jolis doigts ! Pourtant, Hiromi est aussi une jeune fille généreuse et sensible, mais son système de valeurs est déréglé. Elle éprouve des sentiments positifs, elle cherche à être juste à l'égard de ses amies, mais elle se trompe dans l’analyse de ce qui doit conduire sa vie. Comme beaucoup de jeunes filles de son âge, elle agit dans l’urgence d’un désir qu’elle ne veut pas différer : « Lorsqu’on a envie d’une chose, il faut tout faire pour l’obtenir sans tarder car les choses changent de nature après une ou deux nuits et redeviennent ordinaires. Elles le savaient très bien comme elles savaient qu’il n’existait pas une seule lycéenne capable de travailler six mois dans un Mc Donald’s pour se payer un sac Prada. » (59) Malheureusement pour Hiromi, « les rencontres ne vont pas se passer comme elle l’avait prévu. » (Quatrième de couverture)

 

C’est un roman à l’atmosphère très glauque, sombre et violent, surtout à la fin. On est bien loin de l’écriture envoûtante et solaire de Murakami Haruki. Je ne peux m’empêcher de les comparer car j’ai lu relativement peu d’auteurs japonais pour le moment, mais j’ai lu plusieurs romans de Murakami Haruki, de grands coups de cœur à chaque fois.

Je sais que Murakami Ryû est un auteur assez controversé. Cependant, même si je n’ai pas aimé Love and Pop, il faut reconnaître à ce roman deux qualités importantes : un intérêt documentaire par rapport à cette forme de prostitution particulière que nous ne connaissons pas, fort heureusement, en France (d'ailleurs, existe-t-elle encore, en 2013, au Japon ? Adalana pourra peut-être nous répondre) et des trouvailles de style intéressantes. Par exemple, on trouve de longs passages mêlant à la narration des textes de chansons, des discours entendus aux actualités, des souvenirs de conversations, sans rupture marquée par la ponctuation, sans préparation du lecteur, ce qui donne l’impression d’être en prise directe avec le monde tel que le voit Hiromi. De même, dans certains dialogues, l’absence de tirets aux changements d’interlocuteurs accélère le rythme de l’écriture pour signifier le flux rapide des conversations, par exemple lorsque les quatre amies passent leurs commandes au Mc Donald.

 

La quatrième de couverture indique que Murakami Ryû "a construit son roman à la manière d'une oeuvre d'Andy Warhol".

 

"La littérature n'a que faire des questions de moralité."

Murakami Ryûryu-murakami.jpg


J’inscris ce billet dans le cadre du Challenge Ecrivains japonais 2013 d’Adalana.

Le mois prochain, nous découvrirons  ŌE Kenzaburō.

 logo-c3a9crivains-japonais 1

Belle lecture !

 

Heide

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29 mai 2013 3 29 /05 /mai /2013 17:14

CAPATTI-MONACO_2004_le-Chat-de-Gustav-Klimt.jpgBérénice Capatti - Octavia Monaco (Illustrations)

Le Chat de Gustav Klimt, Gallimard-Jeunesse, coll. "Lecteurs en herbe".

Traduction et adaptation française de MIM, Paris 2004 (pour le texte en langue française)

A partir de 7 ans

 

Chaque mercredi (ou presque), je présenterai un album lu à ma petite Fleur et je vous ferai part de ses réactions. Ces billets me permettront de participer au Challenge de Herisson (Délivrer des livres) :

jelisalbums

Quatrième de couverture

"Je suis un chat magique et je t'invite à découvrir mon univers : l'odeur de l'huile, de la peinture et des toiles... Car mon maître est le plus exceptionnel des artistes : je suis le chat de Gustav Klimt..."

 

Voici un magnifique album pour découvrir la vie de ce peintre autrichien, né en 1862 à Vienne et connu pour ses toiles sensuelles aux reflets d'or. ChatKlimt_oeuvres.jpg

En fin d'album, j'ai retrouvé avec bonheur mes oeuvres préférées :  

Klimt LeBaiserLe Baiser, qui symbolise pour moi tout ce que l'amour a de plus beau, la confiance, l'abandon à l'autre dans un temps suspendu, la fusion des corps matérialisée par l'union des tissus aux motifs pourtant bien distincts selon qu'il s'agisse de l'homme ou de son amante.

 

 

Klimt_PortraitEmilieFloge.jpgLe Portrait d'Emilie Flöge, si belle dans sa robe bleue avec son allure altière. Cette femme "moderne" fut la compagne de Klimt. Avec ses soeurs, elle tenait "la maison de couture la plus courue de Vienne : la "Boutique des soeurs Flöge" " où elles dessinaient des vêtements sans corset, qui permettaient au corps des femmes de se mouvoir plus librement.


klimt-gustav-musique-1895-copie-1La Musique I, Les Trois âges de la vie, La Frise Beethoven sont des toiles bien choisies pour les plus jeunes, les oeuvres plus sensuelles comme Danaé ou La Jeune fille étant à réserver sans doute à un public plus mûr.

 

C'était un beau moment de lecture et de complicité avec ma petite, autour de l'art. De manière générale, les jeunes enfants sont très réceptifs à la beauté artistique. Ensuite, à l'adolescence, d'autres préoccupations viennent parasiter cette curiosité naturelle alors je trouve que l'idéal est de commencer à éduquer leur goût et leur regard très tôt. A 5 ans, Fleur a adoré cet album et promet d'aimer Klimt comme sa maman !

ChatKlimt pageor  ChatKlimt peintre

Evidemment, le chat narrateur fut un allié non négligeable car, tout en observant son maître, il manie avec humour l'art de l'anecdote : "je parierais mes moustaches qu'il réfléchit déjà à la façon dont il va pouvoir s'en inspirer." A ce moment de l'album, le chat évoque la mosaïque de l'église de Ravenne, qui déploie les fameuses "tesselles recouvertes d'or et de couleurs vives." Lorsque Gustav peint des amoureux, "je sais d'avance qu'il va ajouter de l'or pour illustrer leur amour. Puis, il peindra des roses comme celles de son jardin." De l'or et des fleurs, de si belles sources d'inspiration...

Et puis ce chat fidèle connaît la phrase magique capable d'ouvrir les coeurs d'enfants : "je vais te confier un secret..."

 

Dans ce très bel album où il est question aussi de l'Art Nouveau ainsi que du groupe Secession fondé par Gustav Klimt et quelques amis artistes, les illustrations sont splendides et s'inspirent avec originalité des caractéristiques de sa peinture. C'est un coup de coeur chez nous !

klimtetsonchat.jpg

 

Belle lecture !

 

Heide

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27 mai 2013 1 27 /05 /mai /2013 19:30

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« Une seule certitude suffit à celui qui cherche. »

Albert Camus, Le Mythe de Sisyphe

 

Cet aphorisme de Camus m’inspire deux réflexions : notre destin s’inscrit dans le cheminement discontinu et douloureux d’une quête, qui ne cessera qu’à notre mort. Celle du bonheur en est l’élément essentiel même si les moyens pour y parvenir peuvent nous paraître, à torts ou à raison, inadaptés voire obscurs.


Chercher est alors la seule réponse possible à l’angoisse et, si nous ne cherchons pas tous la même chose au même moment, nous engageons toujours toute notre personne dans la recherche de certitudes. Que sont-elles ?


Pour moi, la certitude, cette certitude unique dont parle Camus, loin de renvoyer à une vérité universelle – vaine utopie aux contours illusoires – serait comparable à l’apparition soudaine d’un halo lumineux au fond de la nuit noire. Une lueur diffuse dont les nuances et la puissance varient pour chacun, mais qui renvoie pour tous à la disparition momentanée du doute, une invitation à s’arrêter un moment, attentif et le cœur plus léger. Et dans ce moment suspendu, rien n’est plus nécessaire que de laisser couler en soi l’onde précieuse et réconfortante, cette source d’eau vive, cet apaisement que confère le bonheur d’avoir peut-être trouvé.

 

Bon voyage philosophique et bonne semaine !

 

Heide

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26 mai 2013 7 26 /05 /mai /2013 12:09

Monet-_Impression-_soleil_levant-_1872.jpg

Claude Monet, Impression Soleil levant,

Huile sur toile, 1872

Musée Marmottan Monet, Paris

 

J'ai décidé qu'il était temps de renouer avec mes dimanches consacrés à la musique ou à la poésie que j'aime. Aujourd'hui, ce sera un mélange des deux, musique et poésie, avec une belle chanson à texte, "La Ligne droite", toujours en hommage à Georges Moustaki, qui s'est éteint jeudi 23 mai 2013, comme vous le savez. 

 

J'ai découvert hier ce très beau duo avec Barbara. Je connaissais les paroles sublimes de Moustaki, mais je ne savais pas que ces deux merveilleux artistes, aujourd'hui disparus, les avaient interprétées ensemble dans un échange très émouvant. J'aime la douceur de Moustaki et le phrasé de Barbara lorsqu'elle reprend la chanson, en s'appropiant les mots pour en faire sa réponse.

 

La video n'étant pas valide pour overblog, je vous en donne le lien (clic sur la photo). J'espère que vous aimerez ce duo autant que moi !

 

georges-moustaki-barbara-ligne 3taf9 480x270 1mkimoPhoto : wat.tv

 

EDIT : en fait, il s'agit d'une compilation des deux interprétations, mais cela n'enlève rien à l'émotion du moment.

 

La Ligne droite

 

Je ne t'attends pas au bout d'une ligne droite
Je sais qu'il faudra faire encore des détours
Et voir passer encore des jours et des jours
Mais sans que rien ne vienne éteindre notre hâte

Il pleut chez moi chez toi le soleil est de plomb
Quand pourrons-nous enfin marier nos saisons
Quand pourrons-nous rentrer ensemble à la maison
Nous avons le temps mais pourquoi est-ce si long

Mes habits ont parfois des traces de poussière
Et le parfum fâné des amours passagères
Qui m'ont rendu la solitude plus légère
A l'aube de mes nuits blanches et solitaires

Et toi mon bel amour dis moi s'il y a des hommes
Qui t'ont rendu la vie un peu moins monotone
Qui t'aident à supporter l'hiver après l'automne
Et les silences obstinés du téléphone

Nous nous raconterons nos triomphes nos fêtes
Mais comment s'avouer toutes nos défaites
L'angoisse qui nous tient l'angoisse qui nous guette
Et s'accroche à chaque pensée à chaque geste

Je sais que tu seras au bout de mes voyages
Je sais que tu viendras malgré tous les détours
Nous dormirons ensemble et nous ferons l'amour
Dans un monde réinventé à notre image

                                                                            Georges Moustaki, album "Danse", 1972

 

J'en profite pour souhaiter bonne fête à toutes les mamans

et à la mienne en particulier !

Heide

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24 mai 2013 5 24 /05 /mai /2013 15:14

220px-Goerges_mous675.jpg

 

Georges Moustaki nous a quittés dans la nuit du 23 mai 2013. C’est avec beaucoup d'émotion que j’ai appris la nouvelle de son décès. C'était un grand poète et j’aimais la douceur de sa voix, les textes de ses chansons, sa simplicité. Il est l'auteur de magnifiques ballades qui resteront des standards. De nombreux artistes les ont interprétées avec talent : Serge Reggiani, Edith Piaf, sa compagne durant une année, pour laquelle il écrivit "Milord". Et c’est lui qui appelait Barbara "La Dame brune", titre d’une chanson sublime qu’il composa pour elle.

 

On se souviendra longtemps des paroles autobiographiques de la chanson « Le Métèque », lui qui est né à Alexandrie, en 1934, de parents juifs italo-grecs :


« Avec ma gueule de métèque,

de juif errant de pâtre grec

et mes cheveux aux quatre vents »

 

Giuseppe Mustacchi a grandi dans un environnement multiculturel et s’est pris d’amour très jeune pour la littérature et la langue française. Son prénom de scène lui vient de son admiration pour Georges Brassens.

A Nice où il s’était retiré pour vivre au grand air, il ne chantait plus à cause de son emphysème, mais il continuait d’écrire et il peignait.


Je fredonne mes chansons préférées depuis hier : "Le Temps de vivre", "Ma Liberté", "Le Métèque", "Il est trop tard", "Ma Solitude", "Joseph"… Beaucoup se trouvent dans l’album Le Métèque (1969).


Voici les paroles de la chanson "Le Temps de vivre", que j’adore et qui me serre le coeur :


Nous prendrons le temps de vivre
D'être libres, mon amour
Sans projets et sans habitudes
Nous pourrons rêver notre vie

Viens, je suis là, je n'attends que toi
Tout est possible, tout est permis

Viens, écoute ces mots qui vibrent
Sur les murs du mois de mai
Ils nous disent la certitude
Que tout peut changer un jour

Viens, je suis là, je n'attends que toi
Tout est possible, tout est permis

Nous prendrons le temps de vivre
D'être libres, mon amour
Sans projets et sans habitudes
Nous pourrons rêver notre vie

Album Le Métèque, Polydor, 1969

 


 

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22 mai 2013 3 22 /05 /mai /2013 08:58

Sizun Femmedel'allemand

Le Livre de poche (282 pages)

Editions Arléa, 2007

 

« Une incroyable émotion emporte le lecteur à chaque page. Il est des romans vrais qui vous restent en tête longtemps. » Cette critique très élogieuse, que l’on peut lire sur la quatrième de couverture, est de Xavier Houssin (Le Monde des livres), mais elle dit exactement ce que j’ai ressenti en lisant cette bouleversante histoire, construite par petites touches successives, au fil de la narration.

 

Fanny est maniaco-dépressive. Dans le Paris de l’après-guerre, elle vit seule avec sa fille Marion, qu’elle surnomme affectueusement « Funny face ». Fanny, Funny, la relation mère-fille est fusionnelle. Marion est née en 1945, d’un père allemand, qu’elle n’a pas connu et que sa mère a passionnément aimé, contre l’avis de tous… Mais depuis la terreur de « la petite route de campagne », en 1947, leur quotidien est rythmé par les rechutes de la maladie, des crises très angoissantes à l’origine de l’inévitable délitement de leur relation, car il faut bien se résoudre à haïr pour pouvoir grandir…

 

La Femme de l’Allemand est un de ces romans dont la lecture vous laisse un peu sonné, comme au sortir d’un sommeil léger : pendant quelques secondes, après avoir refermé le livre, on ne sait plus très bien où le rêve vous a déposé. Il fut bien difficile de me détacher de cette superposition d’images, d’idées subconscientes, que le roman avait fait naître en moi : des sentiments confus, enfouis de longue date, réminiscences douloureuses, mais sans doute libératrices. Un cadeau en somme, comme la littérature peut vous en faire, avec l’élégance de l’inattendu.

J’ai donc mis du temps à revenir à la réalité, à sortir du livre, à me détacher du destin de Marion, que Marie Sizun a su rendre si attachante, à deux ans comme à dix-sept, si vraie dans sa quête d’identité bien légitime au vu des circonstances de sa naissance, si touchante lorsque la culpabilité prend son innocence – « c’est toi qui as envoyé la femme de l’Allemand à la maison des fous » (108) – si lucide enfin face à la vérité de ses origines.

 

La Femme de l’Allemand  est un roman sur le regard et le choix de la 2e personne, le « tu », donne un ton intimiste au récit. Finalement, ce que le narrateur raconte à Marion, c’est le regard qu’elle portait sur sa mère, et l’évolution de ce regard aussi - « ce regard de petit juge », que confère une maturité acquise trop tôt. Plus tard, au son d’un chant de révolte récurrent (que je vous laisse découvrir), on tremble pour Marion tant les yeux de Fanny se font menaçants…

Le narrateur évoque également la fascination que Fanny lui inspirait, par exemple, pendant son sommeil et « la peur de cette bouche ouverte sur l’ombre. » (58) Ce faisant, il nous convie, nous lecteurs, à  imaginer la détresse de l’enfant, son angoisse face à cette femme fragilisée par la maladie, par les rechutes et les électrochocs, prise devant sa fille, qui la guette et l’observe sans cesse, d’une « tristesse sans larmes et sans paroles. »

Marie Sizun a l’art de mettre en valeur un détail dans les portraits qu’elle nous offre de cette mère malade : « quelquefois, et c’est pire, elle pleure sans bruit, des larmes qui coulent toutes seules sur ses joues mortes. » (97) Bouffée d’émotion…

 

Au fil du texte, le lecteur découvre des bribes de l’histoire de Marion, qu’il a pour tâche de reconstituer avec elle, comme on ferait un puzzle après avoir étalé devant soi un stock d’images. Ces images, ce sont celles de Marion, celles qui naissent dans son esprit vide de souvenirs, mais avide d’informations nouvelles, sur son père, sur le passé de sa mère. Car, avec le reste de la famille, les relations sont compliquées et certaines « images » du passé interdites…

Mais comment se construire sans connaître une partie de ses origines ? Comment s’épanouir sans conscience claire de son identité avec comme unique référent quotidien, un « double » de soi-même, que la maladie dédouble fréquemment, vous laissant « confondue d’amour et d’effroi » ?

Alors Marion, ne peut-il rester que la solution de te fondre dans l’anonymat du lycée pour cacher « ce que tu es » au lieu d’oser revendiquer un jour « qui tu es » ? (122)

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Marie Sizun (Babelio)


Un grand merci à Marie Sizun pour ces instants littéraires de pure émotion. D’autres chroniques de ses romans viendront très bientôt, en attendant la rentrée littéraire !

Ce roman magnifique a été récompensé du Grand Prix des lectrices Elle roman 2008.

 

Je vous invite à lire les avis tout aussi élogieux de Laure et de Mazel.

Un léger déplacement est également présenté sur mon blog. Vous trouverez dans cet article une biographie de Marie Sizun. (clic)

 

Belle lecture !

 

Heide

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20 mai 2013 1 20 /05 /mai /2013 22:01

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Madame du Châtelet, Discours sur le bonheur

Rivages poche / Petite Bibliothèque Payot, 1997

(75 pages, avec la préface d'Elisabeth Badinter)

 

Tout d'abord, je suis ravie d'avoir pu convaincre Anis de participer à ces Lundis philo et je suis doublement ravie d'avoir découvert cette semaine, sur son idée, le Discours sur le bonheur de Madame du Châtelet, un essai qui devrait être lu dans les lycées notamment, tant il est riche d'enseignements et source de réflexion. De plus, en publiant ce petit traité (44 pages), l’éditeur a répondu à l’un des désirs les plus forts de Mme du Châtelet : passer à la postérité, « faire parler de soi quand on ne sera plus ».

 

A une époque où l’éducation intellectuelle des filles est loin d’être la priorité, Mme du Châtelet incite à se laisser aller au plaisir de l’étude, « une ressource sûre contre les malheurs et une source de plaisirs inépuisable. » (16) Scientifique passionnée, elle fut aussi une femme libre partageant avec Voltaire une passion intense entre 1735 et 1740. Après cette date, Voltaire s’éloigne, mais Emilie lui aura transmis son goût pour les mathématiques et la physique, et avec lui, elle aura vulgarisé les thèses novatrices de Newton. Emilie a traduit les œuvres du physicien anglais – notamment les Principia, « dont le latin rendait l’accès au public difficile » (Badinter) -  tandis que Voltaire publiait un traité sur le sujet (Eléments sur la physique de Newton).

Ainsi, Emilie du Châtelet est reconnue par le monde scientifique de son époque. Dans sa préface, Elisabeth Badinter explique qu’elle fut la représentante officielle de Leibniz en France après la publication des Institutions de physique, en 1740. Elle fut pourtant souvent vilipendée par les mauvaises langues, des hommes offusqués qu’une femme ait l’audace de "se mêler de sciences" ; mais aussi de façon plus surprenante, des femmes qui critiquaient sa laideur et son affreux caractère, par jalousie peut-être.

220px-Le_Tonnelier_de_Breteuil-_Emilie.jpgMarianne Loir (1715-1769),

Portrait de Emilie Le Tonnelier de Breteuil, marquise du Châtelet


Dans le Discours sur le bonheur, rédigé entre 1746 et 1747 et publié pour la première fois à titre posthume en 1779, Mme du Châtelet développe, sans aucun dogmatisme, sa conception épicurienne de la vie. Son projet est très généreux : le sens de sa démarche est de nous faire gagner du temps pour que nous n’ayons pas à attendre, pour être heureux, d’être nous-mêmes à l’âge où l’on tire des leçons de la vie.

Forte de son expérience de femme d’âge mûr, elle nous donne quelques conseils simples, d’un bon sens pratique très féminin et souvent amusant de surcroît – je pense au développement sur la gourmandise, que j’ai trouvé vraiment très drôle et si juste. Je pense aussi à son analyse des idées de Montaigne sur la mort, cette sorte d’accoutumance à l’idée, de préparation à sa propre fin, qu’elle ne partage pas du tout.

Pour elle, « nous n’avons rien à faire dans ce monde qu’à nous y procurer des sensations et des sentiments agréables » (33), mais toujours avec l’idée de rechercher un équilibre harmonieux entre nos désirs et l’effet qu’ils auront sur nous, ceci afin d’en tirer le meilleur parti possible.

 

Pas de recettes miracles mais pour être heureux, il faudrait :

- « se contenter de son état » et chercher à progresser, à l’améliorer plutôt que de vouloir à tout prix en changer. Mieux vaut une progression mesurée qu’une révolution en somme.

- prendre soin de sa santé : c’est là qu’elle développe une argumentation pétillante pour obtenir « une jouissance plus délicieuse de la gourmandise »(37 – 38)

- agir en accord avec soi-même et ne pas tromper « l’œil vigilant de sa propre conscience. » (44)

- être vertueux bien sûr.

- savoir s’émerveiller en se prêtant à l’illusion, mais se garder des préjugés, ce qui est constant dans l’esprit des Lumières, en particulier en ce qui concerne la religion, à l’égard de laquelle on doit faire preuve d’esprit critique.

 

D'autres idées sont développées et il faut lire Madame du Châtelet surtout. Pour finir, ce que je retiendrais tout particulièrement est un conseil des plus précieux : « être bien décidé à ce qu’on veut faire et à ce qu’on veut être […] » afin d’éviter de "[nager] perpétuellement dans une mer d’incertitudes » et de "[détruire] le matin ce qu’on a fait le soir […] » Et puis aussi « s’épargner les petits malheurs de détail. » (49)

 

Finalement, alors qu’elle prônait la mesure en toutes choses, Emilie a succombé à la démesure en aimant à la folie un homme plus jeune qu’elle, Saint-Lambert : enceinte à un âge déjà avancé, elle est morte des suites de son accouchement, à 43 ans, en 1749.


C’est aussi cette « entorse », dans la vie d'une femme libre, capable de démesure, qui confère à ces Discours sur le bonheur toute leur modernité.

 

Pour lire l'avis passionnant d'Anis sur Litterama : CLIC.

 

Belle lecture et bon voyage philosophiques !

 

Heide

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13 mai 2013 1 13 /05 /mai /2013 21:33

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"Noces à Tipasa",

établissement du texte définitif : fin de l'été 1937


Au début de ma lecture de La Tentation libertaire. La vie philosophique d'Albert Camus de Michel Onfray, je me suis dit que je devais absolument lire "Noces à Tipasa", ce "chef d'oeuvre de la littérature philosophique" (M. Onfray) . Je souhaitais faire l'expérience de cette transformation intérieure dont parle Onfray.

Ce texte sublime a des allures de poème tant Camus joue avec les mots et les figures de style pour servir le lyrisme de ses descriptions : comme cet oxymore présent au tout début du texte pour évoquer Tipasa au printemps "A certaines heures, la campagne est noire de soleil" alors que "la mer [est] cuirassée d'argent". Dès l'incipit, on se laisse porter par la beauté des images , symboles de la "vérité du soleil", seul message philosophique, sans "leçon" autre que celle des sens.

 

Premier des quatre essais du recueil Noces, "Noces à Tipasa" est un hymne vibrant au "grand libertinage de la nature et de la mer qui accapare tout entier." Camus décrit un endroit paradisiaque où les fleurs poussent au milieu des ruines, exaltant leurs couleurs chatoyantes, "bougainvilliers rosat", "hibiscus au rouge encore pâle"  , "roses thé épaisses comme de la crème", "iris bleus". Il en parle comme d'un endroit à offrir en cadeau à ceux qu'on aime pour surprendre dans leurs regards éblouis la joie de l'émerveillement. Camus se rendit fréquemment, en 1935 et 1936, dans ce petit village de bord de mer, situé à 70 km à l'ouest d'Alger.


Alors, que nous apprend un tel endroit où "les yeux tentent vainement de saisir autre chose que des gouttes de lumière et de couleurs qui tremblent au bord des cils" ? Camus nous dit que ce lieu magique nous apprend à VOIR, à être totalement soi-même, authentique, sans "aucun masque".

Alors intervient l'une des réflexions-phare de "Noces à Tipasa " :


" Ce n'est pas si facile de devenir ce qu'on est,

de retrouver sa nature profonde."

 

 

Cette phrase de Camus fait écho à l'aphorisme de Pindare - et de Nietzsche aussi, je crois, que Camus a toujours lu :


"Deviens qui tu es."


Mais pour Albert Camus, nous avons le "devoir d'être heureux", au moins lorsque nous vivons "un jour de noces avec le monde."


Camus, qui se savait atteint d'une forme sévère de tuberculose, considère dans cet essai qu'"il n'y a pas de honte à être heureux", à jouïr de la vie pour soi-même et soi seul. Michel Onfray analyse la joie de vivre de Camus, qui aime offrir son corps au soleil ou se fondre dans la mer, comme une propension à l'hédonisme (doctrine philosophique qui considère que l'objectif essentiel de l'existence humaine est la recherche du plaisir). Plus tard, dans La Peste, Camus reviendra sur cette conception un peu égoïste du bonheur à travers l'affirmation de Rambert : "Il peut y avoir de la honte à être heureux tout seul." (Source : note 9, page 1348 de La Pléiade)

 

Alors Michel Onfray a bien raison d'écrire qu'il faut lire "Noces à Tipasa", en particulier parce qu'il nous donne à voir tout le talent de poète d'un homme qui a été assimilé à "un philosophe pour classes de Terminale" alors qu'il était surtout un philosophe de la vie, un philosophe "existentiel" (Onfray) à défaut d'être un philosophe existentialiste mondain.

 

Je vous invite à lire les articles de Denis et de Laure. J'ajouterai les liens demain soir.

 

Belle lecture et bon voyage philosophiques !

 

Heide

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A lire absolument ! Efflorescences IsmaëlBilly

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10e rendez-vous thématique :

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7e rendez-vous thématique :

Lundi 6 mai 2013

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Lee Rony

Sophie sur Voltaire

Heide sur Martin et Hannah de Catherine Clément

 

6e rendez-vous thématique :

Lundi 1er avril 2013

Thème : La philosophie et le rire 

Catherine : Qui a écrit "Le rire est le propre de l'homme ?"

Denis  : autour d'une citation sur le rire philosophique. Candide de Voltaire (en attendant Bergson)

              Le Rire de Bergson

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5e rendez-vous thématique :

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Heide : Hannah Arendt et la crise de la culture (1ère partie : présentation)

 

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Denis : Le Malaise dans la culture de Sigmund Freud

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Denis sur Kandinsky, Du spirituel dans l'art et dans la peinture en particulier

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2e rendez-vous thématique :

Lundi 3 décembre 2012

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