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12 novembre 2012 1 12 /11 /novembre /2012 22:12

la leçond'apicultureNyssen     J’ai découvert Hubert Nyssen grâce au rendez-vous mensuel proposé par Denis sur le blog Bonheur de lire pour rendre hommage au fondateur des éditions Actes sud et à cette belle maison d’édition. Et quelle découverte ! Encore un coup de cœur après Purge que j’ai présenté samedi ! Pourtant ce sont deux romans à l’univers et au ton tout à fait différents. Mais que d’émotion aussi en lisant le récit de Jean Mouratov !

Ce roman a tout d’abord été publié chez Gallimard, en 1995 sous le titre L’Italienne au rucher. Je l’ai lu dans la collection Babel.


L'histoire

 

    Quelques temps après le décès de son père, Jean Mouratov trouve, au fond d’une ruche un peu spéciale qu’il a transformée en table de nuit, les carnets de son père recouverts de propolis. Chimiste passionné d’apiculture, celui-ci y a consigné, jour après jour, sa liaison extraconjugale avec la vive et rousse Aurélie. Nicolas Mouratov  avait alors trente ans de plus que sa jeune maîtresse qui voulait apprendre l’apiculture et bien d’autres techniques… Alors que l’apiculteur était fou de son italienne au rucher, Aurélie, elle, a fini par se languir de sa liberté…

 

Mes impressions


    Au début du roman, Jean Mouratov a lu les carnets de son père et s’entretient à leur sujet avec Colette Lemoine, aujourd’hui sa collègue, puisque tous deux enseignent la littérature anglaise à l’université. Jadis ils ont été amants, mais,  hermétiques à la vie de couple, ils ont renoncé au mariage et ont conservé une grande complicité. Jean fait donc le récit de la passion de son père pour Aurélie tout en dialoguant avec Colette et derrière ses commentaires teintés d’un humour caustique parfois, surtout au début du roman, on sent bien l’émoi dans lequel il est plongé suite à sa découverte.

On devine chez lui une sensibilité à fleur de peau et une véritable remise en question identitaire : Jean se met à scruter sa personnalité à travers le nouvel éclairage de la liaison tumultueuse de son père avec sa jeune apprentie. A-t-il les gènes Mouratov en matière de sexualité débridée lui qui a toujours tout fait pour ressembler le moins possible à son père ?

Au début de sa conversation avec Colette, Jean est très critique voire choqué par le comportement de son père qu’il a découvert sous un autre jour dans ses carnets. Mais au fil des pages, grâce aux arguments de Colette, il commence à ressentir de l’empathie pour son père et tout le talent d’écrivain d’Hubert Nyssen éclate quand progressivement, dans le corps même du discours voire à l'intérieur d'une même phrase, s’entremêlent les voix narratives, la voix du père se mêlant à celle du fils, se fondant en elle comme si Jean comprenait petit à petit la psychologie de Nicolas, et finissait par l’intégrer, par la digérer au sens propre comme au figuré. L’écriture devient presque une allégorie de cette assimilation de l’identité du père et de son histoire tumultueuse et torride avec Aurélie.

Finalement, « d’outre-tombe, par le récit d’une passion qui illumina ses dernières années, le père assène au fils une leçon : le bonheur est toujours le bienvenu quels qu’en soient l’heure, la durée ou même le prix. » (Quatrième de couverture)


J’ai adoré ce roman et je vous le conseille vivement ! Je compte bien poursuivre ma découverte de l’œuvre d’Hubert Nyssen.


Bonne lecture !

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11 novembre 2012 7 11 /11 /novembre /2012 18:01

    En ce dimanche soir, veille de rentrée, l'une des plus belles chansons de Léo Ferré - mais je les aime presque toutes ! -  à partager pour se mettre du baume au coeur.

 

 


 

C'est extra

 

Une robe de cuir comme un fuseau
Qu'aurait du chien sans l'faire exprès
Et dedans comme un matelot
Une fille qui tangue un air anglais
C'est extra
Un moody blues qui chante la nuit
Comme un satin de blanc marié
Et dans le port de cette nuit
Une fille qui tangue et vient mouiller

C'est extra c'est extra
C'est extra c'est extra

Des cheveux qui tombent comme le soir
Et d'la musique en bas des reins
Ce jazz qui d'jazze dans le noir
Et ce mal qui nous fait du bien
C'est extra
Ces mains qui jouent de l'arc-en-ciel
Sur la guitare de la vie
Et puis ces cris qui montent au ciel
Comme une cigarette qui prie

C'est extra c'est extra
C'est extra c'est extra

Ces bas qui tiennent hauts perchés
Comme les cordes d'un violon
Et cette chair que vient troubler
L'archet qui coule ma chanson
C'est extra
Et sous le voile à peine clos
Cette touffe de noir jésus
Qui ruisselle dans son berceau
Comme un nageur qu'on n'attend plus

C'est extra c'est extra
C'est extra c'est extra

Une robe de cuir comme un oubli
Qu'aurait du chien sans l'faire exprès
Et dedans comme un matin gris
Une fille qui tangue et qui se tait
C'est extra
Les moody blues qui s'en balancent
Cet ampli qui n'veut plus rien dire
Et dans la musique du silence
Une fille qui tangue et vient mourir

C'est extra
C'est extra
C'est extra
C'est extra

 

                                          Album Poète, vos papiers, 1967, Barclay

 

Bon dimanche soir !

Heide

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Published by Heide - dans Musique
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10 novembre 2012 6 10 /11 /novembre /2012 22:49

purge    J’ai lu Purge dans l’édition La Cosmopolite chez Stock, suite au Prix des lecteurs du Livre de poche que ce roman a reçu tout récemment. Mais Sofi Oksanen, née en 1977 en Finlande, d’un père finlandais et d’une mère estonienne, n’en était pas à son premier prix : Purge a remporté le Prix Femina étranger en France après avoir obtenu tous les prix littéraires dans le Nord de l’Europe où il est désormais un best-seller. 


L’histoire commence au fin fond d’une campagne estonienne, en 1992. Une jeune femme inconnue, « boueuse, loqueteuse et malpropre » surgit dans le jardin et la vie de la vieille Aliide Truu. Méfiante, celle-ci pense d’abord que la fille, prénommée Zara, est un appât, un piège tendu par des pilleurs. Mais son état physique pitoyable et sa détresse morale pousse Aliide à lui ouvrir sa porte. Qui est Zara ? D’où vient-elle pour avoir tant souffert ? Quel lourd secret lie les deux femmes ?


Le lecteur est guidé grâce à une narration puissante et une construction admirablement maîtrisée entre le passé et le présent, qui vont progressivement s’éclairer mutuellement jusqu’à se télescoper littéralement dans le dénouement. Car ni la rencontre des deux femmes ni le choix final d’Aliide ne sont dus au hasard. Tout s’explique par ce que chacune a vécu  : quarante ans plus tôt, lors de l’Occupation soviétique, quand Aliide aimait Hans, un résistant qui lui ne l’aimait pas ou tout récemment pour Zara dont le rêve de devenir médecin a été brisé par des hommes mafieux, qui l’ont tenue captive et l’ont prostituée. Il y a des scènes très dures dans ce roman et parfois, c’est justement parce que rien n’est décrit, que l’horreur est la plus palpable. L’écriture somptueuse, elliptique donc, aide à dépasser la violence de ces passages et porte l’histoire jusqu’à son dénouement, en soulevant des questions à la portée universelle, par exemple sur la Résistance et la trahison des autres ou de soi-même, les non-dits, la captivité ou la torture, sur le pouvoir et son exercice par la force physique ou la force mentale.


« Si vous ne devez lire qu’un seul livre cette année, lisez Purge. » Elle (Danemark)


Je n’irai peut-être pas jusque là pour ma part car je pense que d’autres joyaux m’attendent, mais je suis tout à fait d’accord avec la critique de Nancy Huston :

 

« Un vrai chef-d’œuvre. Une merveille. 

J’espère que tous les lecteurs du monde, les vrais, liront Purge. »


C’est un chef-d’œuvre contemporain d’abord parce que c’est un roman très bien écrit, exigeant car très littéraire, tout en étant accessible grâce à la fluidité de son style. Mais surtout, derrière la fable qui prend appui sur l’Histoire (une chronologie des événements et une carte sont proposées en appendice), la réflexion philosophique sur les valeurs humaines bafouées, dans l’illégalité la plus totale ou avec quelque légitimité,  peut se déployer avec force.


C’était un grand moment de lecture et les destins imbriqués de Zara et d'Aliide me hanteront longtemps.

 

Bonne lecture !

 

purgepoche.jpg photo Sofi Oksanen 2@Toni-Härkönen1

 

Sofi Oksanen (photo : crlbn.fr)

 

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7 novembre 2012 3 07 /11 /novembre /2012 00:23

Ferrari.jpg

Jérôme Ferrari (source : Franceculture.fr)

 

SermonchuteRome.jpgC’est l’époque des prix littéraires, donc je n’ai pu résister à l’envie de flâner chez mon libraire et je suis repartie avec le roman de Jérôme Ferrari, Le Sermon sur la chute de Rome, publié chez Actes Sud au mois d’août et tout juste lauréat du Prix Goncourt 2012.

 

Il faisait partie de ma liste d’incontournables de la rentrée littéraire avec Pour seul cortège de Laurent Gaudé, publié chez Actes Sud également, , Parfums de Philippe Claudel, L’Homme-joie de Christian Bobin, 14 de Jean Echenoz, Les Lisières d’Olivier Adam La Survivance de Claudie Hunzinger et Les Pays de Marie-Hélène Lafon. Ces trois derniers livres sont depuis quelques semaines déjà dans ma PAL.

Dernièrement, j’ai ajouté à cette liste La Vérité sur l’affaire Harry Quebert de Joël Dicker et Anima de Wadji Mouawad (Actes Sud). Et j’ai eu le bonheur de m’abandonner à la lecture et à l’écoute de l’essai FABULEUX d’Alexandre Jollien, Petit traité de l’abandon. Pensées pour accueillir la vie telle qu'elle se propose,  que je présenterai prochainement.

 

Outre Jérôme Ferrari, voici les auteurs qui ont été distingués par des prix littéraires :

 

Grand Prix du roman de l’Académie française : Joël Dicker, La Vérité sur l’affaire Harry Quebert, De Fallois (finaliste du Goncourt également).

Thriller qui raconte l'histoire d’un écrivain à succès en panne d'inspiration. Son maître en littérature Harry Quebert est accusé de meurtre, ce qui va le sortir de sa torpeur. Le lecteur suit l'enquête en même temps qu’il assiste à l'écriture du livre de Marcus Goldman.

7753873925 joel-dicker-au-micro-de-bernard-lehut-pour-son-r 

 

Prix Femina : Patrick Deville, Peste et Choléra, Seuil.

Récit de la vie mouvementée d’Alexandre Yersin qui découvrit le bacille de la peste en 1894 et fit partie de la première équipe de l’institut Pasteur, créé en 1887.

Pestecholera.jpg(Photo : Le Point.fr)

 

Prix Femina Etranger : Julie Otsuko, Certaines n’avaient jamais vu la mer, Editions Phébus.

Récit d’un épisode historique méconnu : « l'expérience de jeunes Japonaises envoyées à San Francisco, au début du XXe siècle, dans l'espoir d'une vie meilleure. Très jeunes - certaines sont mineures -, elles s'apprêtent à rejoindre un futur époux, japonais lui aussi, émigré de longue date, qu'elles n'ont pas choisi mais seulement vu en photo - des portraits qui "dataient de vingt ans." » (Delphine Peras, Lire)

otsuka.jpg(Photo: francetv.fr)


Prix Femina Essai : Tobie Nathan, Ethno-roman, Grasset

« Entrelaçant le récit de sa vie d’intellectuel et de diplomate né en Égypte, avec le récit de l’aventure de l’ethnopsychiatrie, cette autobiographie intellectuelle le suit dans ses déambulations avec ses amis « philosophes de nuit » dans le Paris soixante-huitard, jusque dans les couloirs des services psychiatriques et chez les devins d’Afrique. » (philomag.com)

Tobie.jpgcouv-ethno-roman3.jpg

 

Prix Medicis : Emmanuelle Pireyre, Féérie générale, L’Ollivier

« Ce roman-collage, dans lequel réalité et fiction s'entremêlent, est construit comme une succession d'histoires où les langages se téléscopent: récit, introspection, langage parlé, sms, courriels, rap... » (Le Point)

feeriegenerale.jpg(Photo : francetv.fr)


Prix Medicis Etranger : Arraham Yehoshua, Rétrospective, Grasset

Roman sur la création artistique dont le fil conducteur est la réalisation d’un film. (Babelio)

yehoshua400.jpgretrospective.png

 

 

 

 

 

 

 

CongounehistoirePrix Medicis Essai : David Van Reybrouck, Congo, une histoire, Actes Sud

« De la préhistoire aux premiers chasseurs d’esclaves, du voyage de Stanley missionné par Léopold II à la décolonisation, de l’arrivée de Mobutu puis de Kabila à l’implantation industrielle d’une importante communauté chinoise, ce livre retrace, analyse, conte et raconte 90 000 ans d’histoire : l’Histoire d’un immense pays africain au destin violenté. » Actes Sud


Belles lectures !

 

Heide

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5 novembre 2012 1 05 /11 /novembre /2012 17:35

chouette-300x211    Comme promis, ce 5 novembre, un petit article sur le thème du bonheur chez les Stoïciens notamment.


N'oubliez pas d'aller lire les articles passionnants de mes amis bloggeurs :

Catherine : des pensées autour de mots qui participent au bonheur.

Denis : un challenge philosophique pour créer au fil des mois sa pyramide du bonheur (autour du livre de Bruno Fabre)

Lee Rony : sensible à la vision kantienne du bonheur (et qui analyse avec humour d'autres approches philosophiques).

Et n'hésitez pas à nous rejoindre chaque lundi si vous le souhaitez ou le premier lundi de chaque mois autour d'une thématique particulière. Le mois prochain, sur une proposition de Denis, le thème sera la sagesse. Rendez-vous le 3 décembre !


 

    Le bonheur auquel nous aspirons tous et qui s'enracine en chacun de nous est à l'horizon de toute la réflexion philosophique. Ce que nous demandons à la vie, c'est de nous rendre heureux et de rendre heureux ceux que nous aimons. De plus, nous ressentons de l'empathie pour toute personne qui souffre car il nous paraît légitime que l'humanité entière puisse accéder au bonheur.  On se souvient de cette belle déclaration de Boris Vian dans L'Ecume des jours :


"Ce qui m'intéresse, ce n'est pas le bonheur de tous les hommes, c'est celui de chacun".

 

Belle façon d'exrimer que l'accès au bonheur est un droit essentiel et universel.


    Mais qu'est-ce vraiment que le bonheur et peut-on y accéder si facilement ? A cette question, les philosophes ont répondu de façon plus ou moins optimiste en fonction des écoles : pour Aristote, le bonheur consiste dans la plus haute vertu, la contemplation. Et la contemplation peut être définie comme un état de méditation où l'âme considère un objet et s'abssorbe en lui, en dehors de toute action et de toute finalité pratique.

Pour Epicure, le bonheur se confond avec l'ataraxie, c'est-à-dire l'absence de trouble, la sérénité et la paix de l'âme.

Pour Epictète qui nous apprend les principes du stoïcisme, pour être heureux, il faut adopter une conduite conforme à la nature du réel et exercer sa liberté de jugement.

 

Globalement les philosophes de l'Antiquité avaient une vision assez positive du bonheur dans le sens où ils préconisaient des méthodes simples et rationnelles, justes aussi dans leur évidence, même s'il n'est pas toujours si simple de les mettre en pratique. Je pense à Epictète qui affirmait :


"Il n'y a qu'un chemin pour le bonheur, c'est de cesser de nous tracasser pour des choses qui ne dépendent pas de notre volonté."

 

Et puis, avec plus ou moins de force et de vivacité, nous avons tous en nous l'extraordinaire faculté de toujours chercher à surmonter les difficultés d'accès au bonheur. L'expérimentation de l'angoisse, la prise de conscience de ce déséquilibre permanent qui est le nôtre, qu'il faut négocier et qui nous fait chuter parfois,  c'est précisément ce qui fait de nous des hommes. Nous ne pouvons qu'approuver Confucius (551-479 av. JC) qui a écrit :

 

"Notre plus grande gloire n'est pas de ne pas tomber, mais de nous relever chaque fois."


Il n'est donc pas facile d'accéder au bonheur (ni de le conserver !), d'autant qu'il ne correspond pas à un état de satisfaction statique. Être heureux, c'est avoir atteint un état de plénitude et de coïncidence avec soi-même, avec nos aspirations propres, individuelles. C'est comme cela que je comprends la précision voulue par Boris Vian, dans le passage de "tous" à "chacun", dans la citation de L'Ecume des jours.


    Pour limiter l'angoisse et profiter des petits moments de bonheur au quotidien, nous pouvons essayer de nous focaliser sur ce qui dépend de nous, ce que nous pouvons faire ici et maintenant pour être bien. Et puis "faire retraite en soi-même", non pas pour nous isoler de la communauté des hommes car nous avons besoin d'interactions sociales, d'amour et d'amitié pour nous accomplir pleinement, mais pour chercher à l'intérieur de nous-même, par la méditation par exemple, ce dont nous avons besoin pour que nos tourments nous abandonnent.

 

Les stoïciens pensaient que ce n'est pas dans la possession des choses que nous expérimentons notre liberté, mais par la maîtrise de nous-même, par l'exercice d'un jugement qui dépend strictement de nous.

Dans le texte qui suit, Marc-Aurèle (121- 180), empereur romain, disciple d'Epictète,  et qui a lui-même inspiré Montesquieu, Renan, Sartre, explique que c'est de vivre en paix avec soi-même qui constitue notre vrai refuge. Il écrivit ses Pensées au cours de ses nombreuses expéditions contre les Barbares, dans la région du Danube. Après sa mort, elles furent réunies sous le titre A lui-même.

Cependant, il faut relativiser les thèses stoïciennes assez pessimistes parfois, comme le sont les Pensées de Marc-Aurèle. Mais ce qui m'intéresse dans l'approche de cette école, c'est la valeur du présent conçue comme seule réalité temporelle concrète véritable car le passé et le futur nous échappent. Et chacun sait comme il est difficile de vivre à fond le moment présent ! Et puis, on trouve chez Marc-Aurèle, le concept de "génie" intérieur présent en chacun de nous et conçu comme guide de l'homme, le rendant plus libre face aux vicissitudes externes.

 

 

marcaurele.jpgFaire retraite en soi-même


"Les hommes se cherchent des retraites, chaumières rustiques, rivages des mers, montagnes : toi aussi, tu te livres d'habitude à un vif désir de pareils biens. Or, c'est là le fait d'un homme ignorant et peu habile, puisqu'il t'est permis, à l'heure que tu veux, de te retirer dans toi-même. Nulle part l'homme n'a de retraite plus tranquille, moins troublée par les affaires, que celle qu'il trouve dans son âme, particulièrement si l'on a en soi-même de ces choses dont la contemplation suffit pour nous faire jouir à l'instant du calme parfait, lequel n'est pas autre, à mon sens, qu'une parfaite ordonnance de notre âme. Donne-toi donc sans cesse cette retraite, et, là, redeviens toi-même. Trouve-toi de ces maximes courtes, fondamentales, qui, au premier abord, suffiront à rendre la sérénité à ton âme et à te renvoyer en état de supporter avec résignation tout ce monde où tu feras retour.
Car enfin, qu'est-ce qui te fait peine ? La méchanceté des hommes? Mais porte la méditation sur ce principe que les êtres raisonnables sont nés les uns pour les autres; que se supporter mutuellement est une portion de la justice, et que c'est malgré nous que nous faisons le mal; enfin, qu'il n'a en rien servi à tant de gens d'avoir vécu dans les inimitiés, les soupçons, les haines, les querelles: ils sont morts, ils ne sont plus que cendre. Cesse donc enfin de te tourmenter.
Mais peut-être ce qui cause ta peine, c'est le lot d'événements qu'a créé l'ordre universel du monde ? Remets-toi en mémoire cette alternative : ou il y a une Providence, ou il n'y a que des atomes ; ou bien rappelle-toi la démonstration que le monde est comme une cité.
Mais les choses corporelles, même après cela, te feront encore sentir leur importunité ? Songe que notre pensée ne prend aucune part aux émotions douces ou rudes qui tourmentent nos esprits animaux, sitôt qu'il s'est recueilli en lui même et qu'il a bien reconnu son pouvoir propre, et toutes les autres leçons que tu as entendues sur la douleur et la volupté, et auxquelles tu as acquiescé sans résistance.
Serait-ce donc la vanité de la gloire qui viendrait agiter dans tous les sens ? Regarde alors avec quelle rapidité l'oubli enveloppe toutes choses, quel abîme infini de durée tu as devant toi comme derrière toi, combien est vain chose un bruit qui retentit, combien changeants, dénués de jugement, sont ceux qui semblent applaudir, enfin la petitesse du cercle qui délimite ta renommée. Car la terre tout entière n'est qu'un point; et ce que nous en habitons, quelle étroite partie n'en est-ce pas encore ? Et dans ce coin, combien y a-t-il d'hommes, et quels hommes ! Qui célébreront tes louanges ?
Il reste donc que tu te souviennes de te retirer dans ce petit domaine qui est toi-même. Et, avant tout, ne te laisse point emporter çà et là. Point d'opiniâtreté; mais sois libre, et regarde toutes choses d'un oeil intrépide, en homme, en citoyen, en être destiné à la mort.
Puis, entre les vérités les plus usuelles, objets de ton attention, place les deux suivantes : l'une, que les choses extérieures ne sont point en contact avec notre âme, mais immobiles en dehors d'elle, et que le trouble naît en nous de la seule opinion que nous nous en sommes formés intérieurement ; l'autre, que tout ce que tu vois va changer dans un moment et ne sera plus. Remets-toi sans cesse en mémoire combien de changements se sont déjà accomplis sous tes yeux. Le monde, c'est transformation ; la vie, c'est opinion."

 

Marc-Aurèle, Pensées.

 

Bon voyage !

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Published by Heide - dans Philosophie
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22 octobre 2012 1 22 /10 /octobre /2012 22:25

    chouette-300x211    Ce 3e rendez-vous des Lundis philo est l’occasion de présenter deux ouvrages d’Alexandre Jollien, un jeune philosophe que l’on a pu écouter à la Grande Librairie le 11 octobre 2012 (de mémoire), à l’occasion de la parution de son nouvel essai dont je vous laisse savourer le titre : Petit traité de l’abandon. Ce soir, ce n’est pourtant pas celui-ci que je vais présenter dans le détail car je viens tout juste de le recevoir.  


  eloge-de-la-faiblesse-copie-1.jpg  Ce week-end, j’ai lu Eloge de la faiblesse, son tout premier livre, paru aux éditions du Cerf en 1999, puis chez Marabout en 2011. Depuis ce premier récit-témoignage dans lequel l’auteur dialogue avec Socrate, Alexandre Jollien a écrit d’autres essais, largement médiatisés dont, en 2006, La Construction de soi. Un usage de la philosophie, que je lirai et présenterai très prochainement.

 

  Mais qui est Alexandre Jollien ? Victime d’athétose (asphyxie due au cordon ombilical enroulé autour du cou) au moment de sa naissance en 1975, ce jeune Suisse que l’on peut qualifier de « philosophe joyeux » (une référence au philosophe catalan Raymond Lulle),  souffre d’un handicap neuromusculaire, qui va bouleverser son existence.

Dans Eloge de la faiblesse, il raconte les dix-sept années passées dans un institut pour personnes souffrant d’une IMC (Infirmité Motrice Cérébrale), la douleur de quitter ses parents – sa mère surtout lorsqu’il était enfant - et son frère chaque dimanche, la solitude malgré l’extraordinaire fraternité et l’amitié profonde qui l’unit pour la vie  à ses camarades pensionnaires, les difficultés avec les éducateurs.

Les anecdotes dont il se souvient lui permettent de développer sa réflexion et d’analyser comment les épreuves ont forgé sa personnalité.

 

    Comme je l’ai dit, il s’entretient avec Socrate qui, dans l’Antiquité, se mêlait à la foule de l’Agora à Athènes, pour dispenser son enseignement. Il s'opposait aux sophistes, professeurs de rhétorique contre une forte rétribution alors que Socrate questionnait gratuitement : il estimait  qu’il fallait accoucher les esprits, que chacun avait les réponses et les ressources à l’intérieur de lui-même, et donc que son rôle était de faciliter l’éclosion de ce savoir, de le mettre en lumière. C’est la maïeutique et le fameux appel socratique « Connais-toi toi-même » en est l’expression philosophique la plus populaire.

Mais revenons à Alexandre Jollien dont Socrate est le maître depuis que, dans une librairie, il a rencontré « Dame philosophie », à travers l’un de ses écrits. C’est ensuite, avec toute la volonté et la force intérieure qui l’animent, qu'Alexandre Jollien s’est battu pour suivre un cursus universitaire et qu'il a obtenu sa licence de philosophie.

 

    Son parcours remarquable, mais aussi sa lucidité sur le handicap et sur la vie en général nous invite d’abord à changer notre propre regard, à abandonner nos préjugés. Par son expérience, il nous montre comment on peut « tirer profit même de la situation la plus destructrice ». Dans son essai, il s’interroge sur la normalité, il remet en question ce que la société considère comme normal et anormal. Il apporte ses réponses aux questions Qu’est-ce qu’un homme ? Qu’est-ce que la sagesse ? L’amitié ? Quel est le profil d’un bon éducateur ?

Citant Aristote, il nous invite à nous étonner de ce qui nous entoure pour philosopher et donc dépasser les clichés. Comme Pascal, il nous conseille de gérer l’harmonie entre le corps et l’esprit, pour être un être accompli.


Voici les deux citations qui m’ont le plus marquée :


«  Il faut toujours se dépasser, sans cesse aller au-delà de soi-même, s’engendrer, parfaire ce qui est déjà réalisé en soi. Cette intuition revêtit très tôt une importance radicale. Le bonheur, s’il existe, s’oppose ainsi diamétralement à un confort quiet, tranquille, tiède. Il réclame une activité intense, une lutte sempiternelle ; il s’apparente à une plénitude désintéressée acquise dans un combat permanent. »

 Et Socrate de répondre : « Voici précisément la tâche du philosophe. »


« Je dis simplement qu’il faut tout mettre en œuvre pour parvenir à tirer profit, même de la situation la plus destructrice. J’insiste sur les épreuves parce que celles-ci restent inévitables. Rien ne sert de discourir, d’épiloguer des heures durant sur la souffrance. Il faut trouver des moyens pour l’éliminer et, si on ne le peut pas, l’accepter, lui donner un sens. »


Alexandre Jollien souhaitait que son essai puisse servir à « entrer en soi-même, découvrir ses aspirations profondes, sa quête véritable. » Il réussit en tous cas le pari de nous faire « regarder autrement », ce qui est l’objet même de la philosophie.


Bonne lecture et bon voyage  !

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21 octobre 2012 7 21 /10 /octobre /2012 17:53

rene-char.jpg

Portrait de René char

(Source de l'image : Wikipoèmes.com)

 

Aujourd'hui, je voulais partager un poème de René Char que je trouve magnifique. Il faut relire l'oeuvre de ce grand poète qui savait à merveille composer avec les mots une atmosphère onirique, d'une profonde pureté.

Le Poème pulvérisé, publié en 1947, est le premier recueil d'après-guerre de René Char. En 1948, il sera inséré dans Fureur et mystère, recueil qui regroupe des poèmes écrits depuis 1938.

De René Char, on peut lire aussi les Feuillets d'Hypnos, recueil composé en 1946, avant le Poème pulvérisé donc et dédié à son ami Albert Camus : les poèmes ou fragments poétiques, souvent sous la forme d'aphorismes ou de maximes voire de "simples" notes, évoquent les actions des Résistants.

 

Voici le poème, extrait du Poème pulvérisé, que j'ai relu avec bonheur aujourd'hui :


 

Marthe

 

       Marthe que ces vieux murs ne peuvent pas s'approprier, fontaine où se mire ma monarchie solitaire, comment pourrais-je jamais vous oublier puisque je n'ai pas à me souvenir de vous : vous êtes le présent qui s'accumule. Nous nous unirons sans avoir à nous aborder, à nous prévoir comme deux pavots font en amour une anémone géante.

       Je n'entrerai pas dans votre coeur pour limiter sa mémoire. Je ne retiendrai pas votre bouche pour l'empêcher de s'entrouvrir sur le bleu de l'air et la soif de partir. Je veux être pour vous la liberté et le vent de la vie qui passe le seuil de toujours avant que la nuit ne devienne introuvable.

 

René Char (1907-1988), Le Poème pulvérisé, 1947

 

Sur son exemplaire du Poème pulvérisé, René Char avait écrit de sa main ces quelques mots :

"Mon poème est mon voeu en révolte. Mon poème a la fermeté du désastre ;

mon poème est mon souffle futur."


Ce sont des mots qui m'ont d'abord étonnée par leur pessimisme car, pour ma part, je vois dans le souffle lyrique de ce poème une belle lumière et un vent d'espoir infini.

Et vous ?

 

Bon dimanche soir !

 

Heide

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16 octobre 2012 2 16 /10 /octobre /2012 21:55

logo-mardi-31"Il y avait évidemment là, entre cette disparition d'un cambrioleur blessé et cet enlèvement d'un chirurgien célèbre, une coïncidence dont il fallait tenir compte."

Arsène Lupin - L'Aiguille creuse, Le Livre de poche, page 31

 

aiguille_creuse.jpgQui est ce cambrioleur blessé ? Un inconnu que la nièce du comte de Gesvres, Raymonde de Saint-Véran a blessé d'un coup de fusil pour l'empêcher de fuir, juste après son forfait. Mais l'homme a disparu sans laisser de trace et l'enquête piétine un peu jusqu'à l'intervention d'Isidore Beautrelet, un jeune détective amateur de génie, qui est aussi élève de rhétorique au lycée Janson-de-Sailly. Le jeune homme, d'abord suspect, car présent au château de Gesvres au moment du cambriolage, est vite innocenté et invité à mettre à profit ses talents d'observateur et à donner "l'expression exacte de la vérité."

Vous aurez compris que si le chirurgien célèbre, le docteur Delattre, a été enlevé, c'est pour opérer le fameux cambrioleur blessé. Et nous n'en sommes qu'à la page 31 ! D'autres rebondissements inattendus vont survenir.

 

Bonne lecture !

 


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15 octobre 2012 1 15 /10 /octobre /2012 19:13

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       Pour ce deuxième rendez-vous autour de la philosophie, j’aimerais vous parler d’un essai d’André Comte-Sponville : l'édition de poche m’accompagne depuis plusieurs années, comme d’autres écrits du même auteur. J'aime beaucoup ce philosophe contemporain, qui explique que "philosopher, c'est penser sa vie et vivre sa pensée" et qui a l’art de rendre la philosophie accessible, de faciliter la lecture des grands auteurs du passé, qui sont des maîtres à penser, mais dont l'appoche n’est pas toujours aisée pour les non-spécialistes.


  presentation-de-la-philosophie-1480852-250-400.jpg  Dans l’avant-propos de Présentations de la philosophie, André Comte-Sponville explique que, pour ôter à la lecture des textes philosophiques son côté décourageant voire rébarbatif, il a publié ses « Carnets de philosophie » dans une collection d’initiation à la philosophie composée de douze petits volumes comportant chacun une quarantaine de textes courts sur douze thèmes-phare. Chaque volume comportait une présentation des principales notions avec leurs termes-clés.

Présentations de la philosophie n’est autre que la version revue et augmentée de ces douze présentations avec l’ambition de constituer une porte d’entrée, une voie d’accès plus facile car moins hermétique aux principales thématiques universelles : la morale, la politique, l’amour, la mort, la connaissance, la liberté, Dieu, l’athéisme, l’art, le temps, l’homme, la sagesse.

Ces douze chapitres sont suivis d’une bibliographie très complète pour que cette initiation remplisse parfaitement son rôle : inciter à la lecture des auteurs classiques ou contemporains, approfondir certains domaines de réflexion en fonction de ses goûts, de ses préoccupations du moment. Les ouvrages référencés sont classés par niveau de difficulté.


« Philosopher, c’est penser par soi-même, chercher la liberté et le bonheur, dans la vérité. Mais nul n’y parvient sans l’aide de la pensée des autres, sans ces grands philosophes qui depuis l’Antiquité ont voulu éclairer les grandes questions de la vie humaine. »

(Extrait de la quatrième de couverture)

 

Présentations de la philosophie risque bien de devenir votre livre de chevet tant son approche est efficace, concrète et convaincante. André Comte-Sponville accompagne à merveille nos premiers pas de philosophe et nous donne envie d’aller plus loin ! Dans tous ses ouvrages – je vous parlerai bientôt d’Impromptus -, il réussit le pari lancé par Diderot en son temps :

 

« Hâtons-nous de rendre la philosophie populaire ! »

Denis Diderot  (1713-1784), Pensées sur l'interprétation de la nature, 1753


Voici la fin de l'avant-propos dans lequel André Comte-Sponville explique pourquoi "il faut philosopher" :


"Il faut donc philosopher : penser aussi loin qu'on peut, et plus loin qu'on ne sait. Dans quel but ? Une vie humaine, plus lucide, plus sereine, plus raisonnable, plus heureuse, plus libre... C'est ce qu'on appelle traditionnellement la sagesse, qui serait un bonheur sans illusions ni mensonges. Peut-on l'atteindre ? Jamais totalement sans doute. Mais cela n'empêche pas d'y tendre, ni de s'en rapprocher. "La philosophie, écrit Kant, est pour l'homme effort vers la sagesse, qui est toujours inaccompli." Raison de plus pour s'y mettre sans tarder. Il s'agit de penser mieux, pour vivre mieux. La philosophie est ce travail ; la sagesse, ce repos.

Qu'est-ce que la philosophie ? Les réponses sont aussi nombreuses, ou peu s'en faut, que les philosophes. Cela n'empêche pas toutefois qu'elles se recoupent ou convergent vers l'essentiel. Pour ma part, j'ai un faible, depuis mes années d'études, pour la réponse d'Epicure : "La philosophie est une activité, qui, par des discours et des raisonnements nous procure la vie heureuse." C'est définir la philosophie par sa plus grande réussite (la sagesse, la béatitude), et cela vaut mieux, même si la réussite n'est jamais totale, que de l'enfermer dans ses échecs. le bonheur est le but ; la philosophie, le chemin. Bon voyage à tous !"

 

André Comte-Sponville, Présentations de la philosophie, Le Livre de poche, 2000

 

Pour terminer, je vous rappelle que vous pouvez vous inscrire à la communauté "Les Lundis philo" et je vous propose de publier vous aussi chaque lundi sur vos blogs, une citation philosophique, un petit texte de réflexion libre ou un compte-rendu de lecture. N'oubliez pas d'indiquer vos liens en commentaire. Et  nous conservons toujours notre rendez-vous thématique mensuel, le premier lundi de chaque mois. D'ailleurs, n'hésitez pas à proposer des thèmes sur lesquels vous aimeriez échanger !

 

Bonne soirée à tous et bon voyage !

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Published by Heide - dans Philosophie
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14 octobre 2012 7 14 /10 /octobre /2012 20:25

Matisse, La Danse, 1909

MATISSE-La-danse.jpgRenaissance

Je voudrais, les prunelles closes,
Oublier, renaître, et jouir
De la nouveauté, fleur des choses,
Que l'âge fait évanouir.

Je resaluerais la lumière,
Mais je déplierais lentement
Mon âme vierge et ma paupière
Pour savourer l'étonnement ;

Et je devinerais moi-même
Les secrets que nous apprenons ;
J'irais seul aux êtres que j'aime
Et je leur donnerais des noms ;

Émerveillé des bleus abîmes
Où le vrai Dieu semble endormi,
Je cacherais mes pleurs sublimes
Dans des vers sonnant l'infini ;

Et pour toi, mon premier poème,
O mon aimée, ô ma douleur,
Je briserais d'un cri suprême
Un vers frêle comme une fleur.

Sully_Prudhomme.jpg


Si pour nous il existe un monde

Où s'enchaînent de meilleurs jours,
Que sa face ne soit pas ronde,
Mais s'étende toujours, toujours...

Et que la beauté, désapprise
Par un continuel oubli,
Par une incessante surprise
Nous fasse un bonheur accompli.

 

René-François Sully-Prudhomme (1839-1907),

Stances et poèmes, 1865.

Prix Nobel de littérature, membre de l'Académie française

 

Bon dimanche soir !

Heide

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  • : Un tour d'horizon de mes lectures, contemporaines ou classiques. De la poésie, juste pour le plaisir des mots ... De la littérature de jeunesse, au fur et à mesure de mes découvertes. Un peu de cinéma et de la BD de temps à autre ... Bienvenue ... à fleur de mots!
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A lire absolument ! Efflorescences IsmaëlBilly

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sont recensées sur la page web de l'écrivain. (ICI)

 

 
 


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Mon rendez-vous philo

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Pour en savoir plus sur le rendez-vous hebdomadaire et la lecture thématique mensuelle, c'est ICI.
La communauté "Les Lundis philo"est créée, n'hésitez pas à vous y inscrire !

 

10e rendez-vous thématique :

Lundi 12 août 2013 (date décalée)

Thème : le temps

Anis ?

Coccinelle

Denis

Lee Rony

Sophie ?

Heide

 

9e rendez-vous thématique :

Lundi 1er juillet 2013

Thème : le philosophe Albert Camus 

Coccinelle (alias Catherine) : Albert Camus

Denis : L'Ordre libertaire. La Vie philosophique d'Albert Camus de Michel Onfray

Lee Rony : L'Ordre libertaire. La Vie philosophique d'Albert Camus de Michel Onfray

Heide : L'Ordre libertaire. La Vie philosophique d'Albert Camus de Michel Onfray

 

8e rendez-vous thématique :

Lundi 3 juin 2013

Thème : Au bout du monde 

Deux approches : le voyage

et/ou

Philosophes/Philosophie du bout du monde (Asie, Moyen-Orient, Amérique latine, Australie...)

Anis : Les femmes, la philosophie et le voyage

Catherine : Au bout du monde avec l'idée de Dieu dans la philosophie religieuse de la Chine (Léon de Rosny)

Denis : Montesquieu, Voyages, Arléa

Lee Rony : Au bout du monde

Heide : Montaigne et le voyage

 

7e rendez-vous thématique :

Lundi 6 mai 2013

Thème : Littérature et philosophie

(Lecture commune récréative : Martin et Hannah de Catherine Clément)

Catherine lance deux débats passionnants pour dépasser le clivage entre littérature et philosophie.

Denis sur  Le Monde de Sophie de Jostein Gaarder. A consulter aussi Hannah Arendt et Martin Heidegger de Elzbieta Ettinger (essai) : ici.

Lee Rony

Sophie sur Voltaire

Heide sur Martin et Hannah de Catherine Clément

 

6e rendez-vous thématique :

Lundi 1er avril 2013

Thème : La philosophie et le rire 

Catherine : Qui a écrit "Le rire est le propre de l'homme ?"

Denis  : autour d'une citation sur le rire philosophique. Candide de Voltaire (en attendant Bergson)

              Le Rire de Bergson

Lee Rony : Historique de la notion, façon Lee Rony.

Heide : Bergson, Le Rire, Essai sur la signification du comique

 

5e rendez-vous thématique :

Lundi 4 mars 2013

Thème : Femmes philosophes

Catherine : Cléobouline, l'une des premières femmes philosophes (Grèce antique)

Denis : Simone Weil, femme philosophe (1ère partie : sa vie et son oeuvre)

2e partie : La Pesanteur et la grâce (ICI)

Lee Rony signe un poème satirique "Femmes philosophes"

Heide : Hannah Arendt et la crise de la culture (1ère partie : présentation)

 

4e rendez-vous thématique :

Lundi 4 février 2013

Thème : Freud et la psychanalyse

Catherine : points communs et différences entre psychanalyse et philosophie

Denis : Le Malaise dans la culture de Sigmund Freud

Lee Rony  bientôt sur le divan avec cette lettre de son médecin traitant... Excellent ! 

Heide  : le fonctionnement de l'appareil psychique et L'Avenir d'une illusion


  3e rendez-vous thématique :

Lundi 7 janvier 2013

Thème : l'art, la beauté dans l'art

Catherine sur une citation de Platon

Denis sur Kandinsky, Du spirituel dans l'art et dans la peinture en particulier

Lee Rony sur la question du point de vue, les rapports entre la distorsion des perceptions et la beauté artistique.

Heide sur un texte de Soseki Natsume, extrait d'Oreiller d'herbes, 1906


2e rendez-vous thématique :

Lundi 3 décembre 2012

Thème : la sagesse

Catherine : Oh non George ! Un album de Chris Haughton

Denis : ABC d'une sagesse par Svami Prajnanpad

Lee Rony : "Poésie lexicale"

Heide : Mathieu Ricard, Plaidoyer pour le bonheur

 

1er rendez-vous thématique :

Lundi 5 novembre 2012

Thème : le bonheur

Catherine : Le bonheur

Denis : Bruno Fabre, La Pyramide du bonheur

Lee Rony : Le bonheur

Heide : Le bonheur selon Marc-Aurèle

 

Challenge Marguerite Duras

LIRE L'OEUVRE DE MARGUERITE DURAS

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Je vous propose deux logos à insérer dans vos articles :

 

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