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12 novembre 2012 1 12 /11 /novembre /2012 22:12

la leçond'apicultureNyssen     J’ai découvert Hubert Nyssen grâce au rendez-vous mensuel proposé par Denis sur le blog Bonheur de lire pour rendre hommage au fondateur des éditions Actes sud et à cette belle maison d’édition. Et quelle découverte ! Encore un coup de cœur après Purge que j’ai présenté samedi ! Pourtant ce sont deux romans à l’univers et au ton tout à fait différents. Mais que d’émotion aussi en lisant le récit de Jean Mouratov !

Ce roman a tout d’abord été publié chez Gallimard, en 1995 sous le titre L’Italienne au rucher. Je l’ai lu dans la collection Babel.


L'histoire

 

    Quelques temps après le décès de son père, Jean Mouratov trouve, au fond d’une ruche un peu spéciale qu’il a transformée en table de nuit, les carnets de son père recouverts de propolis. Chimiste passionné d’apiculture, celui-ci y a consigné, jour après jour, sa liaison extraconjugale avec la vive et rousse Aurélie. Nicolas Mouratov  avait alors trente ans de plus que sa jeune maîtresse qui voulait apprendre l’apiculture et bien d’autres techniques… Alors que l’apiculteur était fou de son italienne au rucher, Aurélie, elle, a fini par se languir de sa liberté…

 

Mes impressions


    Au début du roman, Jean Mouratov a lu les carnets de son père et s’entretient à leur sujet avec Colette Lemoine, aujourd’hui sa collègue, puisque tous deux enseignent la littérature anglaise à l’université. Jadis ils ont été amants, mais,  hermétiques à la vie de couple, ils ont renoncé au mariage et ont conservé une grande complicité. Jean fait donc le récit de la passion de son père pour Aurélie tout en dialoguant avec Colette et derrière ses commentaires teintés d’un humour caustique parfois, surtout au début du roman, on sent bien l’émoi dans lequel il est plongé suite à sa découverte.

On devine chez lui une sensibilité à fleur de peau et une véritable remise en question identitaire : Jean se met à scruter sa personnalité à travers le nouvel éclairage de la liaison tumultueuse de son père avec sa jeune apprentie. A-t-il les gènes Mouratov en matière de sexualité débridée lui qui a toujours tout fait pour ressembler le moins possible à son père ?

Au début de sa conversation avec Colette, Jean est très critique voire choqué par le comportement de son père qu’il a découvert sous un autre jour dans ses carnets. Mais au fil des pages, grâce aux arguments de Colette, il commence à ressentir de l’empathie pour son père et tout le talent d’écrivain d’Hubert Nyssen éclate quand progressivement, dans le corps même du discours voire à l'intérieur d'une même phrase, s’entremêlent les voix narratives, la voix du père se mêlant à celle du fils, se fondant en elle comme si Jean comprenait petit à petit la psychologie de Nicolas, et finissait par l’intégrer, par la digérer au sens propre comme au figuré. L’écriture devient presque une allégorie de cette assimilation de l’identité du père et de son histoire tumultueuse et torride avec Aurélie.

Finalement, « d’outre-tombe, par le récit d’une passion qui illumina ses dernières années, le père assène au fils une leçon : le bonheur est toujours le bienvenu quels qu’en soient l’heure, la durée ou même le prix. » (Quatrième de couverture)


J’ai adoré ce roman et je vous le conseille vivement ! Je compte bien poursuivre ma découverte de l’œuvre d’Hubert Nyssen.


Bonne lecture !

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12 octobre 2012 5 12 /10 /octobre /2012 18:26

Cris 2Pour ma 2e participation à l’hommage mensuel à Hubert Nyssen organisé par Denis sur Bonheur de lire, je vous recommande un livre émouvant laissé volontairement sur un banc afin qu’il rencontre un autre lecteur et que j'ai eu la chance de trouver. Il s’agit de Cris de Laurent Gaudé. J'en profite pour remercier les personnes qui ont cette générosité d’offrir ainsi à d’autres qu’elles ne connaissent pas un livre qui leur a plu.


La quatrième de couverture évoque à juste titre un texte incantatoire. Des voix s’élèvent du champ de bataille, des tranchées de la Grande Guerre : c’est la voix de Marius, ou celle de Boris, les voix de Ripoll et de Barboni, du lieutenant Rénier affecté à la direction du groupe dans la tranchée de la Tempête où ils doivent procéder à la relève de soldats exsangues qui viennent de perdre du terrain. Le lecteur suit aussi Jules le permissionnaire qui a rejoint l’arrière mais ne pense qu’à ses camarades, le médecin qui écoute les cris des amputés, le gazé réfugié dans un trou d’obus qui essaye à toute force de ne pas dormir et de rester calme alors qu’il perd beaucoup de sang.


Ce sont des cris d’angoisse et d’incompréhension devant la boucherie qui se prépare lorsque les hommes de Rénier vont devoir monter à l’assaut. Ce sont les cris horribles de « l’homme-cochon », rendu fou lui-même, sans doute par la folie des hommes, invisible comme un fantôme et qui hante les bois à la lisière du champ de bataille, cheveux hirsutes, un masque à gaz sur le visage et une baïonnette à la ceinture en poussant des cris sauvages.

Le lecteur est en enfer au même titre que ces frères d’armes si courageux et on vit les événements tragiques à travers leur conscience, à travers leurs yeux effarés, leurs émotions contenues pour ne pas craquer. Le récit avance à travers une succession de monologues intérieurs qui se répondent comme des chœurs tragiques. Les phrases courtes, ciselées s’attachent à rendre la peur terrible, l’attente insoutenable, les minutes atroces, occupées à contenir la peur qui ronge, pour ne pas qu’elle prenne le contrôle des jambes. Et on les voit se résigner à mourir dans la boue tant qu’il est possible de mourir comme un homme.

 

Comment rester insensible à la fraternité, à la « tragique solidarité », à la force admirable de ces Poilus ? - Le terme n’est pas employé car le lecteur est vraiment avec eux, au cœur des événements, sans d’ailleurs que les événements soient chroniqués.

Au cœur d’une guerre abominable où la mort pouvait les faucher à tout moment, ces hommes savent tout ce qui compte et que l’on retrouve dans les propos de Boris :

 

« l’essentiel est de ne pas crever sans personne pour te fermer les yeux. »


Un de ces livres-hommage magnifiques qui entretiennent la mémoire. A recommander à partir du lycée pour aborder cette période sombre de notre histoire à travers la sensibilité d’un auteur contemporain, déjà reconnu dans cette tranche d’âge puisqu’il a reçu le prix Goncourt des lycéens 2002 pour La Mort du roi Tsongor. Par ailleurs, il a été récompensé par les libraires et a obtenu le prix Goncourt 2004 pour Le Soleil des Scorta.

 

Bonne lecture !

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12 août 2012 7 12 /08 /août /2012 14:47

      Laver-les-ombres-babel.jpgLaver les ombres, ce titre ne laisse pas indifférent bien sûr. Une petite note en préface du roman précise qu'en photographie, cela signifie "mettre en lumière un visage pour en faire le portrait". Cette précision donne une idée du sujet de ce récit poignant, écrit par Jeanne Benameur - une auteure contemporaine si talentueuse qu'on ne la présente plus - et publié chez Actes sud en 2008.

Je l'ai lu dans la collection de poche Babel  et comme nous sommes le 12, j'en profite pour participer au rendez-vous mensuel organisé par Denis, sur son blog Bonheur de lire, dans le but de rendre hommage à cette belle maison d'éditions et à son fondateur Hubert Nyssen. Ce mois-ci, Denis consacre son article à la collection Babel justement.

Laver les ombres m'a été offert par un ami très proche et ce fut un vrai plaisir de lecture.

 

     L'histoire


Laver-les-ombres-Acets-sud.jpg     Lea a trente-huit ans. Elle est "chorégraphe par nécessité". Parce qu'il n'existe pas pour elle d'autre alternative pour vivre et refluer la peur - quelle peur ? -, Lea danse. Elle a besoin d'ancrer son corps dans l'espace par le mouvement, pour s'élever, pour que "rien ne creuse plus la terre sous ses pieds" et que l'audace revienne. Lea est solitaire, libre aussi, mais "elle n'a pas plus de liberté que le chien perdu qui cherche un maître". Tourmentée, souvent démunie face à "cette impression de vivre avec des éclats de bombe sous la peau", elle aime Bruno, un peintre, "un homme de l'immobile" qui l'aide à se recentrer, à se retrouver vraiment. Mais la jeune femme sait qu'elle ne laissera pas sa chance à leur histoire parce qu'elle est incapable de poursuivre une relation. Lea pense confusément à sa mère à laquelle elle doit rendre visite sur sa demande. Elle se rend auprès de la vieille dame par un soir de tempête.

 

     Mes impressions

 

     Quelle écriture magnifique ! Les mots s'arriment les uns aux autres comme on cherche un point d'ancrage en pleine tourmente. Leur poésie véhicule parfaitement l'émotion, toujours subtile. Les phrases courtes et incisives, sur le fil du rasoir, semblent montrer parfois la difficulté même de respirer. Mais la parole se libère alors que la tempête fait rage au dehors. La parole tout à la fois vectrice d'amour, de tendresse et de colère. La parole éclairante et rédemptrice vient laver les ombres du passé ouvrant la voie à un bonheur possible. C'est toute la force de ce récit magnifique dont la trame narrative, interrompue par des "Tableaux", nous propose le portrait de deux femmes, aux destins imbriqués par le sang, dans le silence d'un lourd secret familial.

 

Vous l'aurez compris, j'ai adoré ce court roman de 157 pages (dans la collection Babel), prix du livre Poitou-Charentes, comme j'avais aimé Les Demeurées, lu dans l'édition Folio en 2009, roman également primé (Prix Unicef 2001).

Dans les romans de Jeanne Benameur, l'espoir est une force qui ouvre vers tous les possibles. A une condition et pas des moindres !


"Apprendre à trébucher.

Intégrer le faux pas.

En faire sa danse.

Apprendre la marche imparfaite de tous ceux qui ont dans le corps un poids qui se déplace et les entraîne. Sans qu'ils y puissent rien.

Et danser avec ça."

 

Bonne lecture !

 

JeanneBenameurpourleweb.gifJeanne Benameur


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10 juin 2012 7 10 /06 /juin /2012 00:15

FUNAMBULES-couverture.jpg

 

Julia Germillon, Funambules,

Editions Lunatique, 2012

Roman 345 pages

 

J'ai eu le plaisir de recevoir, en provenance directe de Normandie, le premier roman de Julia Germillon, dont le titre est Funambules. Denis du blog Bonheur de lire a beaucoup apprécié cette lecture et, en accord avec l'auteure, le livre a poursuivi son voyage - que j'espère long et riche - vers la Dordogne, en attendant de rejoindre d'autres horizons.

 

Je remercie chaleureusement Julia de sa confiance et je m'engage à lire Funambules très rapidement, puis à rédiger un article pour présenter le roman et donner mon ressenti.

Quant aux lecteurs et lectrices qui souhaitent recevoir ce livre voyageur, il vous suffit de vous inscrire en commentaires !

 

Rendez-vous le 12 juin pour "le mardi sur son 31" : je présenterai plus précisément l'intrigue à partir d'une phrase choisie à la page 31 du roman.

 

A bientôt !


Heide

 

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21 mai 2012 1 21 /05 /mai /2012 17:23

delphine_de_vigan_rien_ne_s_oppose_a_la_nuit_lattes.jpg

RIEN NE S’ OPPOSE A LA NUIT
de Delphine de Vigan
JC Lattès, 450 p., 19 euros

 

    Rien-ne-s-oppose-a-la-nuit.jpgRien ne s'oppose à la nuit est le 6e livre de Delphine de Vigan, écrivaine contemporaine reconnue, souvent primée et que j'aime beaucoup lire. On retrouve dans ce roman de la rentrée littéraire 2011 la veine autobiographique présente dans Jours sans faim (article), un premier roman publié en 2001, sous le pseudonyme de Lou Delvig et dans Les Heures souterraines (article), roman publié en 2009 dans lequel elle raconte le harcèlement moral dont elle fut victime en tant que cadre dans une grande entreprise.

Le titre Rien ne s'oppose à la nuit est extrait du refrain de la chanson "Osez Joséphine" de Bashung, un artiste que j'aime beaucoup également.

 

     L'histoire

 

    "Et puis, comme des dizaines d'auteurs avant moi, j'ai essayé d'écrire ma mère". Cette phrase du roman indique clairement le projet de l'auteure dans un livre qui est aussi, selon François Busnel (émission La Grande librairie du 15 septembre 2011), "l'histoire d'une famille joyeuse et dévastée".

Deux ans après son décès, Delphine de Vigan raconte, bien au-delà de la vie de sa mère, l'histoire de la douleur de cette femme, prénommée Lucile, une femme très belle (voyez la couverture...), mais extrêmement fragile, maniaco-dépressive, traumatisée par un probable inceste et la mort par accident ou par suicide de trois de ses frères. L'auteure interroge la mémoire familiale pour "approcher la douleur de [sa] mère, en explorer les contours, les replis secrets, l'ombre portée."

 

     Mes impressions

 

     "Ma mère est morte, mais je manipule un matériau vivant". Le roman s'ouvre en effet sur la découverte terriblement traumatisante du cadavre de Lucile, âgée de 61 ans, qui s'est suicidée chez elle,  plusieurs jours auparavant. Delphine de Vigan dépeint la scène et analyse avec une acuité extraordinaire l'état de choc dans lequel elle est plongée à ce moment-là. Elle reviendra sur ce moment terrible en clôture du roman. Je vous renvoie à la lecture de l'incipit faite par Marie-Claude Pietragalla lors de la soirée Rentrée littéraire organisée par la Fnac le 31 août 2011 (vidéo You tube en bas de l'article).

Puis, Delphine de Vigan reconstitue l'histoire familiale, fouille dans les archives : photos, bandes sonores, lettres de Lucile, documents divers sont compulsés, analysés. Viennent s'ajouter à ces sources de travail, les témoignages de membres de la famille, les soeurs de Lucile notamment. La question de l'inceste est posée, difficile parce que non prouvée, mais fort probable.

Parallèlement, l'auteure propose une réflexion très fine sur l'acte d'écrire, sa portée et ses limites, notamment dans le récit rétrospectif, dans cette entreprise de reconstitution autobiographique qui pose également la question de la vérité :"l'écriture ne peut rien. Tout au plus permet-elle de poser les questions et d'interroger la mémoire" affirme l'auteure tout en expliquant un peu plus loin : "Sans doute avais-je espéré que, de cette étrange matière, se dégagerait une vérité. Mais la vérité n'existait pas. Je n'avais que des morceaux épars et le fait même de les ordonner constituait déjà une fiction. Quoi que j'écrive, je serais dans la fable." (page 47)

L'intérêt du livre, outre le style toujours exceptionnel, repose aussi sur le glissement du biographique à l'autobiographique, que permet l'existence d'imbrications très fortes entre les destinées des membres de cette famille, dont Delphine de Vigan elle-même. En tant qu'écrivaine, elle se pose alors une autre question fondamentale, celle de la transmission, lourde et subie parfois : hérite-t-on du malheur de nos proches ? Un livre peut-il aider à sortir de cette sorte de spirale infernale qu'est la malédiction familiale ? Et puis, comment rester objective quand on évoque un sujet aussi sensible que la vie de sa propre mère maniaco-dépressive qui plus est ? (La fragilité de Lucile a profondément marqué ses deux filles et est sans doute à l'origine du trouble anorexique décrit et raconté dans Jours sans faim).

Pourquoi écrire sur soi à travers la mémoire familiale et rendre cette histoire publique ? C'est la question que pose Delphine de Vigan dans le discours qu'elle a prononcé lors de la remise du prix Fnac. Dans la Grande librairie (émission du 15 septembre 2011 dont le lien est donné plus haut), elle explique qu'il s'agit pour elle de remonter à l'origine de l'écriture. Dans le roman, elle évoque le jour de la première hospitalisation de Lucile et en fait un moment fondateur : "J'écris à cause du 31 janvier 1980. L'origine de l'écriture se situe là, je le sais de manière confuse, dans ces quelques heures qui ont fait basculer nos vies, dans les jours qui les ont précédées et le temps d'isolement qui a suivi." Ces épisodes de l'enfance, à l'origine d'un traumatisme intense, sont évoqués avec une émotion particulière, très palpable dans l'écriture même. Mais le regard adulte prend de la hauteur, laissant circuler l'amour pour Lucile, et la compréhension de "son mutisme anéanti".


     "J'écris ce livre parce que j'ai la force aujourd'hui de m'arrêter sur ce qui me traverse et parfois m'envahit, parce que je veux savoir ce que je transmets, parce que je veux cesser d'avoir peur qu'il nous arrive quelque chose comme si nous vivions sous l'emprise d'une malédiction, pouvoir profiter de ma chance, de mon énergie, de ma joie, sans penser que quelque chose de terrible va nous anéantir et que la douleur, toujours, nous attendra dans l'ombre."

François Busnel parlait d'un "roman absolument extraordinaire" dans l'introduction de son émission. Vous l'aurez compris, ce livre m'a également profondément touchée. D'ailleurs, il a reçu plusieurs prix dont le prix du roman Fnac, le prix Renaudot des lycéens et le prix France télévisons 2011. A lire d'urgence donc, si ce n'est déjà fait.

 

Bonne lecture !

 


 
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20 avril 2012 5 20 /04 /avril /2012 13:34

       comme une mèreVoici un court roman bouleversant sur lequel, comme moi,  vous avez peut-être lu ici ou là des avis de lecteurs (lectrices...)  enthousiastes.

Karine Reysset aime écrire sur la maternité :  déjà dans l'Inattendue, un premier roman très remarqué lors de sa parution en 2009, l'auteure racontait, dans une sorte de journal de bord, l'attente particulière de la première grossesse, avec ses questionnements et ses découvertes, ses angoisses et ses doutes... Alors,  je n'ai pas hésité une seconde lorsque j'ai reconnu, chez mon libraire, la couverture évocatrice et le titre prometteur de Comme une mère,  roman que j’avais repéré sur la Toile, lors de sa sortie en poche (collection Points).

 

          L'histoire

 

       Il est question des destins croisés de deux femmes à un moment difficile de leur vie : Judith vient de mettre au monde un enfant mort-né et, pour elle, le sort semble s’acharner... Au même moment, dans le même hôpital, la jeune Emilie, âgée de 19 ans, se résigne à accoucher sous X. Tout s'enchaîne alors très vite : folle de chagrin,  Judith enlève la petite fille prénommée Léa...

 

          Mes impressions

 

       Les parcours de Judith et d’Emilie m'ont touchée : Karine Reysset esquisse avec pudeur et finesse le portrait de deux femmes qui doivent faire face à une maternité douloureuse. Emilie est ancrée dans le réel, empêtrée dans les difficultés sociales (le chômage, l'absence de logement) et son courage résigné est vraiment émouvant. Quant à Judith, elle est bouleversante dans sa volonté désespérée d'effacer la perte et de reconstruire coûte que coûte le lien maternel rompu. Son attachement à la petite fille est d'autant plus fort qu'il se construit hors du temps... Le temps des responsabilités, le temps de rendre des comptes, le temps d'accepter et de pouvoir, s'il se peut, faire le deuil du premier enfant, celui qui n'est pas venu... Bien entendu, je ne dévoilerai rien du dénouement ; sachez simplement que l'émotion y est bien présente.

Cependant, si je devais émettre une petite réserve, je dirais que la brièveté du roman donne parfois l'impression que les situations ne sont qu'ébauchées. La psychologie des deux femmes est parfaitement bien cernée, mais la cohérence des événements aurait pu être renforcée par une analyse psychologique plus fouillée. Par moment, je dois reconnaître que je suis restée un tout petit peu sur ma faim…


       Malgré tout, Comme une mère est un roman sensible : l’écriture rend palpable le vide de l’absence et montre à quel point la frontière entre le bonheur et le désespoir est fragile et réversible.


       Un extrait


"  Je voulais leur confier mon gri-gri pour qu'ils le mettent au creux de ton épaule, je n'ai pas la force de te voir une nouvelle fois, mais les portes du bureau sont closes, les équipes, en réunion. Je suis désemparée, incapable de m’arracher encore à ce lieu où tout commence, où tout finit.

   Dans la chambre au bout du couloir, par la porte entrouverte, j’aperçois la jeune fille, celle de la salle de travail. Elle est endormie. Un nouveau-né repose dans un berceau à ses côtés. J’entre sur la pointe des pieds. Je ne peux m’empêcher de les regarder, elles sont belles, chacune à leur manière. Tableau touchant, désarmant, désolant. Le drap découvre le tatouage sur son épaule. C’est encore une enfant. Elle est plutôt jolie avec ses cheveux blond foncé, sa pâleur et ses lèvres boudeuses.Reysset-d.r 

   Le bébé est une vraie poupée, un chef-d’œuvre de la nature. Les lèvres bien roses, ourlées en un baiser imaginaire, les mains ouvertes à la caresse, un teint de porcelaine, un nez retroussé, des cheveux abondants couleur miel. Je passe furtivement la main sur son front, sa peau est si douce. » (page 32)

 

Bonne lecture !

 


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16 avril 2012 1 16 /04 /avril /2012 21:28

      Atiq-Rahimi-Syngue-sabour.jpg Quelques mots sur l'auteur tout d'abord : Atiq Rahimi est né en Afghanistan, à Kaboul, en 1962. Il a fait ses études en France et vit aujourd'hui à Paris. Réalisateur de films documentaires, il a obtenu deux récompenses prestigieuses : le prix "Regard vers l'avenir" (Festival de Cannes), pour l'adaptation de son roman Terre et cendres et, en 2008, le prix Goncourt pour Syngué sabour, Pierre de patience.  Ce récit était dans ma PAL depuis sa sortie en poche (éditions Folio) et le challenge "Une année, des titres" proposé par Sophie m'a permis de découvrir un petit bijou littéraire, presque un chef d'oeuvre !Atiq-Rahimi.jpg

 

      

 

 

       L'histoire

 

       Une femme, "quelque part en Afghanistan ou ailleurs", veille un homme mourant, son mari, frappé d'une balle dans la nuque "dans une bagarre minable avec un type - de son propre camp d'ailleurs [...] Juste pour une insulte." (page 28)

C'est la guerre. On entend les bombes au loin. La femme, effrayée à l'idée de se retrouver seule avec deux petites filles à élever, compte les souffles de l'homme en égrénant son chapelet. Petit à petit, sa langue se délie, libérant du même coup son corps, sa sexualité... et ses secrets ...

 

       Mes impressions

 

       C'est une lecture qui m'a laissée un peu sonnée, et je suis encore sous le choc de la chute vertigineuse du dénouement...

Atiq Rahimi réussit un tour de force : suggérer le poids des heures, lentes, oppressantes qui défilent au rythme des souffles d'un mourant, au rythme d'un chapelet qu'on égrène ... Oui, le temps se compte en souffles pendant que la femme se lamente sur la responsabilité qui lui incombe dans la guérison de son époux : "c'est tellement facile de dire qu'il faut réciter quatre-vingt-dix-neuf fois par jour l'un des quatre-vingt-dix-neuf noms de Dieu ... Et cela pendant quatre-vingt-dix-neuf jours !" (page 23) C'est donc l'oppression des femmes que cette écriture du vide symbolise. Une écriture du vide qui emplit d'émotion l'espace intime du lecteur.

Le roman est, en fait, un long monologue dramatique, où la peur dispute sa place à la démence. La chambre du mourant, devenu lui-même "syngué sabour, la pierre de patience", figure une scène de théâtre avec son lourd rideau décoré d'oiseaux migrateurs et le lecteur devient spectateur, tour à tour attentif aux indications scéniques du narrateur et aux événements qui se passent "en coulisses", ou bien allongé lui-même dans la petite chambre rectangulaire et étouffante, témoin paralysé des allers et retours de la femme, de la répétition des tâches. Si l'auteur devait adapter son film pour le cinéma, il y aurait sans doute quelques gros plans sur de petites bêtes peu sympathiques - mouche, fourmis, araignée, guêpe - intruses oppressantes qui semblent suspendre le temps "dans cette inertie poussiéreuse"(page 46) ...

Ce que je décris là ne dévoile en rien l'intrigue car l'intensité dramatique va considérablement s'accroître, au fil des pages, avec la violence des mots et la libération des actes de la femme. La force du roman tient aussi à la prise de conscience que ces femmes, dont le corps est caché, enveloppé comme pour "voiler" ce qui est jugé "impur", ont aussi du désir et qu'elles peuvent même l'exprimer avec des mots et des gestes très crus.

 

       Un extrait

 

"Cette pierre que tu poses devant toi... devant laquelle tu te lamentes sur tous tes malheurs, toutes tes misères... à qui tu confies tout ce que tu as sur le coeur et que tu n'oses pas révéler aux autres... Tu lui parles, tu lui parles. Et la pierre t'écoute, éponge tous tes mots, tes secrets, jusqu'à ce qu'un beau jour elle éclate. Elle tombe en miettes. Et ce jour-là, tu es délivré de toutes tes souffrances, de toutes tes peines... Comment appelle-t-on cette pierre ? [...]

Elle sursaute, "voilà le nom de cette pierre : syngué sabour, pierre de patience, la pierre magique !, s'accroupit auprès de l'homme. "Oui, toi, tu es ma syngué sabour !" [...]

 

Bonne lecture !

 

une annee des livres Sophie-copie-1

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15 avril 2012 7 15 /04 /avril /2012 20:43

      jours-sans-faim-delphine-vigan-L-CQmJ0Y.jpeg Jours sans faim, publié en 2001 sous le pseudonyme de Lou Delvig, est le premier roman de Delphine de Vigan. Je l'ai lu dans le cadre du challenge ludique de Calypso  "Un mot, des titres" et du défi "Premier roman" proposé par Anne. En faisant ce choix, je savais que je ne serais pas déçue : en effet, dans ce court mais intense récit autobiographique, Delphine de Vigan analyse la difficulté de vivre, les blessures indicibles de l’enfance, « le jeûne comme toute puissance, comme une forteresse » (page 93). Elle évoque avec justesse les journées d’hospitalisation pour attendre « simplement que le temps passe » car « il faut que le temps passe pour […] sortir de là. » (page 101)


       L’histoire


    « Regardez bien, mesdames et messieurs, au douzième étage de cet hôpital bientôt célèbre, s’est échoué hier soir, un squelette de trente-six kilos pour un mètre soixante-quinze. » (page 17)

Laure est anorexique. Lorsqu’elle est prise en charge dans le service de nutrition du Docteur Brunel, le froid « est entré en elle, inimaginable ». Au fur et à mesure de leurs rencontres, la jeune fille si fragile va s’accrocher à son sauveur, ce médecin fabuleux parce que simplement humain, capable de reconnaître son impuissance parfois, en gardant le silence ou en ponctuant son discours d’un « merde convaincu », mais sans jamais lâcher la main, pour que Laure entende et intègre ces paroles essentielles: « vous n’avez pas besoin de mourir pour renaître. »

 

       Mes impressions


    J’aime profondément tous les écrits de Delphine de Vigan parce que cette écrivaine contemporaine majeure a un don incroyable pour saisir, par l’écriture, l’émotion vraie. Elle suggère plus qu'elle ne dépeint les fragilités de ses personnages, ce qui les rend profondément attachants (je pense au docteur Brunel). Elle sait trouver les mots justes pour suggérer une atmosphère, un sentiment pris, empêtré parfois, dans la difficulté de l’instant et elle n’en fait jamais trop, pour laisser au lecteur la liberté de s’approprier l’histoire, son histoire, et d’y trouver éventuellement un écho personnel. C’est d’autant plus vrai que ce premier roman est largement autobiographique et que le sujet qu’elle aborde – l’anorexie, son anorexie – est susceptible de toucher, de près ou de loin, beaucoup de lecteurs. A travers l’expérience de Laure, l’auteure analyse avec beaucoup de finesse et de sensibilité les causes principales et les conséquences prévisibles de cette terrible maladie, mais il en ressort un immense espoir !

Dans Rien ne s’oppose à la nuit, paru à la rentrée 2011, Delphine de Vigan évoque de nouveau cet épisode de sa vie en le reliant plus précisément à l’histoire de sa mère. C’est un livre magnifique, intense et  bouleversant dont je parlerai très bientôt.


       Un extrait


     «  Laure déballe à ses pieds, par petits paquets compacts, cette faim de vivre qui l’a rendue malade, elle le comprend maintenant, cet appétit démesuré qui la débordait, la débraillait, ce gouffre insatiable qui la rendait si vulnérable. Elle était comme une bouche énorme, avide, prête à tout engloutir, elle voulait vivre vite, fort, elle voulait qu’on l’aime à en mourir, elle voulait remplir cette plaie de l’enfance, cette béance en elle jamais comblée.

Parce qu’il faisait d’elle une proie offerte au monde, elle avait muré ce désir dans un corps desséché, elle avait bâillonné ce désir fou de vivre, cette quête absurde, affamée, elle se privait pour contrôler en elle ce trop-plein d’âme, elle vidait son corps de ce désir indécent qui la dévorait, qu’il fallait faire taire. » (103)

 

Vous pourrez découvrir d'autres avis de lecteurs en consultant la page de Calypso. Et si vous ne connaissiez pas Delphine de Vigan, je vous propose de lire le billet que j'avais rédigé, en décembre 2009, sur  Les Heures souterraines, un très beau roman également.

 

Bonne lecture !

 

Un-mot-des-titres              Defi-PR1

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10 avril 2012 2 10 /04 /avril /2012 11:30

      Rosepoche.gif Le roman se déroule au moment des grands travaux haussmanniens qui ont modernisé Paris, entre 1852 et 1870, remplaçant les petites ruelles pittoresques, souvent insalubres, par de larges boulevards dessinés par le préfet Hausmann, selon le modèle des grandes avenues londoniennes.

Fascinée par « les lieux et leur mémoire », Tatiana de Rosnay, auteure des romans Elle s’appelait Sarah et Moka, entre autres best-sellers, a imaginé ce qu’avaient pu ressentir les Parisiens devant ces démolitions méthodiques, ce qu’ils avaient pu vivre alors au quotidien. Elle nous transporte, avec talent, à l’époque de Baudelaire et de Victor Hugo, dans le Paris des relieurs et des chiffonniers, des herboristes et autres petits commerçants aujourd’hui disparus.


       L’histoire


       Le cœur lourd, Rose, « une vieille femme de presque soixante ans » écrit à son époux chéri, mort depuis dix ans. Elle lui raconte comment un an auparavant, elle a reçu un avis de destruction de la rue Childebert où se trouve la demeure familiale. Cette rue est sur les plans de rénovation du préfet Hausmmann et, si l’espoir demeure un temps, grâce à la proximité de l’église Saint-Germain, Rose comprend vite qu’elle devra puiser, dans ses lettres, la force de supporter la destruction programmée de sa maison. En réalité, par l’écriture, elle se prépare à alléger son âme d’un terrible secret …


       Mes impressions


       Rose est un petit roman très sympathique, agréable à lire et sans temps morts : je l’ai lu d’une traite, en une soirée, alors que j’étais en retard pour le rendez-vous programmé avec Souricette. Alors, bien sûr, ce n'est pas de la grande littérature, mais une fois la lecture engagée, on a envie de connaître la fin ! Oui, vraiment, je me suis sentie absorbée par le fil des événements. J'ai aimé le style des lettres de Rose comme j'ai aimé savoir que l'auteure avait  écrit son roman à la main, pour retrouver le rythme régulier de la plume de son héroïne... Pour adapter le tracé des mots au lent défilé des heures. J'ai trouvé que les états d’âme de cette femme forte et intelligente, issue de la bourgeoisie parisienne, rendaient bien l’atmosphère de l’époque. Les retours en arrière sont éclairants quant à la vie quotidienne de ses contemporains. La condition des femmes de ce milieu - l’approche de la maternité notamment - est particulièrement bien évoquée. L’émotion est présente, notamment avec l’épisode du choléra que j’ai trouvé poignant (je n’en dis pas plus pour ne pas dévoiler l’intrigue). Régulièrement, d’autres lettres sont reproduites, mais on ne peut parler, à mon sens, de roman épistolaire car il n’y a pas d’échanges  : Rose tient plutôt une sorte de journal qu’elle adresse à son époux et dans lequel elle glisse d’autres précieuses missives, écrites par des personnages qui gravitent autour d’elle. L’alternance de points de vue permet au lecteur de suivre le cheminement de la narratrice et la maturation de son projet, tout en dévoilant progressivement son passé.

 

Tatiana de Rosnay a su, une fois de plus, entraîner intelligemment le lecteur vers la révélation finale et la découverte du destin de l’héroïne. La construction soignée entremêle habilement l’Histoire, collective, de la capitale et une histoire individuelle, fictive ... pour notre plus grand plaisir !


 Pour lire l'avis de Souricette, sur ses Quelques bouts de pages, cliquez ici.


Et d'autres avis encore grâce au challenge Paris organisé par Sharon. camille-pissarro-the-louvre-and-the-seine-from-the-pont.jpg

Bonne lecture !

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6 avril 2012 5 06 /04 /avril /2012 21:50

       morgan-sportes.jpg    Morgan Sportès, vous savez,  c'est l'auteur de L'Appat, roman primé et adapté au cinéma par Bertrand Tavernier. Cet auteur donc a du génie pour disséquer les faits de société les plus sordides, ceux-là même qui questionnent la perte du sens de l'humain.

 

            Le sujet

 

Les événements dont il est question, nous les connaissons tous ... Comment oublier l'affaire du gang des Barbares et surtout le jeune Ilan Halimi, dont les journaux avaient publié le visage souriant et plein de vie alors qu'il venait d'être retrouvé, "se traînant, plaie vivante, incapable d'articuler un mot, sinon des gémissements, sur le bord  de la voie du RER C, non loin de la station Sainte-Geneviève-des-Bois" ? Chacun se souvient sans doute de la marche blanche qui avait suivi la découverte des faits, de l'effarement collectif devant l'horreur des sévices atroces subis, durant trois semaines, par ce jeune homme de 24 ans, enlevé par une bande de Bagneux parce qu'il était juif et donc, d'après leur chef, forcément riche ... De nombreuses personnes, de toutes confessions,  avaient manifesté pour rejeter  fermement toute violence gratuite et la haine raciste qui gangrène notre société. Mais il fallait surtout tenter de comprendre comment d'autres jeunes gens du même âge avaient pu perdre à ce point leur discernement qu'il leur était devenu impossible de dire NON à ce crime odieux.

 

L'auteur présente son projet dans une sorte de préface, très éclairante quant à sa démarche :

"En 2006, un citoyen français musulman d'origine ivoirienne a kidnappé et assassiné, dans des conditions particulièrement atroces, un citoyen français de confession juive. J'appelle le premier Yacef, le second Elie. L'un a 25 ans, l'autre 23. J'ai réélaboré les faits, à travers mon imaginaire, pour en nourrir une création littéraire, une fiction. Seule leur origine m'intéressait, leur signification implicite : ce qu'ils nous disent sur l'évolution de nos sociétés. Au demeurant, qu'est-ce qu'un "fait" ? Les médias, sur cette affaire, ont produit nombre de variations romanesques : le gang des Barbares. Différemment sans doute, mon livre appartient au genre du roman."

 

            Mes impressions

 

 La quatrième de couverture donne  le ton :

"Vous qui entrez ici, laissez toute espérance. Ce livre est une autopsie : celle de nos sociétés saisies par la barbarie."

Effectivement, Morgan Sportès nous plonge au coeur d'un enfer... Tout, tout de suite est un roman "coup de poing" :  l'exposition mécanique et froide des faits choque profondément et suscite la réflexion. En fait, l'émotion jaillit de la distanciation née d'une écriture volontairement objective. On a l'impression de lire une collection de rapports de police, ordonnés suivant l'enchaînement ineluctable des faits, dans un style parfois chaotique, mais selon une finalité précise : montrer que'Elie, victime de la bêtise et de "l'indigence intellectuelle et morale", était condamné d'avance. L'analyse du parcours criminel de Yacef commence donc quelques semaines avant l'enlèvement.

Chaque chapitre est introduit par une citation qui en éclaire le sens, toujours dans l'idée d'une réflexion  - d'abord individuelle, puis collective - à mener.  

 

Sur un sujet profondément tragique, difficile à traiter car encore très récent, Morgan Sportès a su éviter l'écueil du pathos, ouvrant ainsi une voie plus large à l'émotion. Outre le devoir de mémoire, l'intérêt du livre est de porter un regard sur notre société de consommation où le "tout, tout de suite" est trop souvent érigé en modèle.

 

           Un extrait 

 

"Elie, sur les portraits mortuaires qu'a pris de lui l'identité judiciaire, semble avoir trente ans de plus. [...] C'est le visage d'un adulte. Mais pas de n'importe quel adulte : d'un être qui, en quelques jours, a pu faire le tour de ce que d'autres mettent une vie à cerner : l'horreur humaine. Les ans ne l'ont pas marqué, mais la bassesse d'autrui. Il a passé trois semaines à l'école du mal. Ses yeux clos nous regardent. Ils nous voient sans doute mieux que grands ouverts. Ils nous radiographient." (pages 203-204)

 


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Pour en savoir plus sur le rendez-vous hebdomadaire et la lecture thématique mensuelle, c'est ICI.
La communauté "Les Lundis philo"est créée, n'hésitez pas à vous y inscrire !

 

10e rendez-vous thématique :

Lundi 12 août 2013 (date décalée)

Thème : le temps

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9e rendez-vous thématique :

Lundi 1er juillet 2013

Thème : le philosophe Albert Camus 

Coccinelle (alias Catherine) : Albert Camus

Denis : L'Ordre libertaire. La Vie philosophique d'Albert Camus de Michel Onfray

Lee Rony : L'Ordre libertaire. La Vie philosophique d'Albert Camus de Michel Onfray

Heide : L'Ordre libertaire. La Vie philosophique d'Albert Camus de Michel Onfray

 

8e rendez-vous thématique :

Lundi 3 juin 2013

Thème : Au bout du monde 

Deux approches : le voyage

et/ou

Philosophes/Philosophie du bout du monde (Asie, Moyen-Orient, Amérique latine, Australie...)

Anis : Les femmes, la philosophie et le voyage

Catherine : Au bout du monde avec l'idée de Dieu dans la philosophie religieuse de la Chine (Léon de Rosny)

Denis : Montesquieu, Voyages, Arléa

Lee Rony : Au bout du monde

Heide : Montaigne et le voyage

 

7e rendez-vous thématique :

Lundi 6 mai 2013

Thème : Littérature et philosophie

(Lecture commune récréative : Martin et Hannah de Catherine Clément)

Catherine lance deux débats passionnants pour dépasser le clivage entre littérature et philosophie.

Denis sur  Le Monde de Sophie de Jostein Gaarder. A consulter aussi Hannah Arendt et Martin Heidegger de Elzbieta Ettinger (essai) : ici.

Lee Rony

Sophie sur Voltaire

Heide sur Martin et Hannah de Catherine Clément

 

6e rendez-vous thématique :

Lundi 1er avril 2013

Thème : La philosophie et le rire 

Catherine : Qui a écrit "Le rire est le propre de l'homme ?"

Denis  : autour d'une citation sur le rire philosophique. Candide de Voltaire (en attendant Bergson)

              Le Rire de Bergson

Lee Rony : Historique de la notion, façon Lee Rony.

Heide : Bergson, Le Rire, Essai sur la signification du comique

 

5e rendez-vous thématique :

Lundi 4 mars 2013

Thème : Femmes philosophes

Catherine : Cléobouline, l'une des premières femmes philosophes (Grèce antique)

Denis : Simone Weil, femme philosophe (1ère partie : sa vie et son oeuvre)

2e partie : La Pesanteur et la grâce (ICI)

Lee Rony signe un poème satirique "Femmes philosophes"

Heide : Hannah Arendt et la crise de la culture (1ère partie : présentation)

 

4e rendez-vous thématique :

Lundi 4 février 2013

Thème : Freud et la psychanalyse

Catherine : points communs et différences entre psychanalyse et philosophie

Denis : Le Malaise dans la culture de Sigmund Freud

Lee Rony  bientôt sur le divan avec cette lettre de son médecin traitant... Excellent ! 

Heide  : le fonctionnement de l'appareil psychique et L'Avenir d'une illusion


  3e rendez-vous thématique :

Lundi 7 janvier 2013

Thème : l'art, la beauté dans l'art

Catherine sur une citation de Platon

Denis sur Kandinsky, Du spirituel dans l'art et dans la peinture en particulier

Lee Rony sur la question du point de vue, les rapports entre la distorsion des perceptions et la beauté artistique.

Heide sur un texte de Soseki Natsume, extrait d'Oreiller d'herbes, 1906


2e rendez-vous thématique :

Lundi 3 décembre 2012

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Catherine : Oh non George ! Un album de Chris Haughton

Denis : ABC d'une sagesse par Svami Prajnanpad

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1er rendez-vous thématique :

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