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1 juin 2013 6 01 /06 /juin /2013 18:41

Edgar-poe-Nouvelles-histoires-extraordinaires.jpg

 

Le Masque de la Mort Rouge est une nouvelle fantastique d’inspiration gothique, écrite par l’auteur américain Edgar Allan Poe (1809 – 1849). Elle fait partie du recueil, publié en 1865, des Nouvelles Histoires extraordinaires, traduites en français par Charles Baudelaire. Mais dès 1842, la nouvelle avait été publiée dans une revue, le Graham's Lady's and Gentleman's Magazine.


« La Mort Rouge avait pendant longtemps dépeuplé la contrée. Jamais peste ne fut si fatale, si horrible. Son avatar, c’était le sang, la rougeur et la hideur du sang. C’étaient des douleurs aigues, un vertige soudain, et puis un suintement abondant par les pores, et la dissolution de l’être. Des taches pourpres sur le corps, et spécialement sur le visage de la victime, la mettaient au ban de l’humanité, et lui fermaient tout secours et toute sympathie. L’invasion, le résultat de la maladie, tout cela était l’affaire d’une demi-heure. » (Incipit)


L’incipit donne une idée de l’atmosphère de cette nouvelle redoutablement efficace. La fulgurance du fléau explique le repli du prince Prospero accompagné d’« un millier d’amis vigoureux et allègres de cœur […] dans une de ses abbayes fortifiées. » Dans cette « retraite profonde », Prospero et sa cour se pensent à l’abri. Au bout de cinq ou six mois, ils se livrent à une mascarade, un bal les réunissant déguisés et masqués dans sept somptueuses salles de l’abbaye. Cependant,  la septième, « la chambre noire, la lumière du brasier qui ruisselait sur les tentures noires à travers les carreaux sanglants était épouvantablement sinistre, et donnait aux physionomies des imprudents qui y entraient un aspect tellement étrange, que bien peu de danseurs se sentaient le courage de mettre les pieds dans son enceinte magique. » Mauvais présage que cette « couleur intense de sang », de même que cette « gigantesque horloge d’ébène », dont le « tic-tac sourd, lourd, monotone » laisse penser que la Mort Rouge et les Ténèbres qui l’accompagnent ne sont peut-être pas si loin de cette « joyeuse et magnifique orgie »


J'apprécie la lecture de cette nouvelle dont les descriptions donnent à voir avec précision l’organisation des lieux, les salles en enfilade, les attitudes des personnages. Leur anxiété est parfaitement perceptible lorsque sonne l’horloge d’ébène. Alors, « les rêves sont glacés, paralysés dans leurs postures. » Plus tard, leur effroi sera mortellement visible derrière les masques.

Dès le début de la nouvelle, l’harmonie apparente des lieux cache quelques détails, qui distillent progressivement l’angoisse et font pressentir le danger, jusqu’au dénouement apocalyptique. La symbolique de l’horloge nous invite à réfléchir au temps qui passe, à ce que nous en faisons et à l’inéluctable de notre condition, en espérant toutefois que notre fin sera plus paisible que celle imaginée par Edgar Allan Poe…Poe.jpg

Cet article s’inscrit dans plusieurs challenges : le Challenge ludique de Calypso, « Un mot, des titres » pour lequel il était convenu de lire une œuvre dont le titre contiendrait le mot « Mort » ; le Challenge « Un classique par mois » chez Stephie.


Belle lecture !


Heide


 

Un-mot-des-titresClassique-final-3

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16 mars 2013 6 16 /03 /mars /2013 21:46

Zweig_Lettred-uneinconnue.jpgStefan Zweig, Lettre d’une inconnue, Audiolib, décembre 2009

Lu par Léa Drucker

Préface écrite et lue par Elsa Zylberstein

Traduit de l’allemand par Alzir Hella et Olivier Bournac

et révisé par Françoise Toraille.

2 CD audio, durée 1h40

 

Mourir d’amour… C’est le sujet de cette fabuleuse nouvelle enchâssée de Stefan Zweig, magnifiquement éclairée par la voix de Léa Drucker chez Audiolib. La lecture de la nouvelle est précédée d’une préface, écrite et lue pas Elsa Zylberstein, depuis toujours « fascinée par la force de ce texte, par sa beauté désespérée, par sa profondeur et sa maturité ». Deux femmes pour porter la vie, certes fictive, d’une autre femme, née de la plume sensible d’un homme dont l’acuité est remarquable.  Il y a une part d’universalité dans le destin tragique, mais totalement assumé de cette amoureuse sublime, éternelle anonyme dans le cœur de son bien-aimé, qui ne l’aura jamais reconnue et auquel elle a choisi de ne jamais avouer son secret.

 

Un romancier à la mode, de retour à Vienne après une excursion de trois jours, prend connaissance de son courrier et découvre une lettre, qu’il avait d’abord mise de côté à cause de son épaisseur, « deux douzaines de pages rédigées à la hâte d’une écriture agitée de femme » portant comme épitaphe « A toi qui ne m’as jamais connue ». Avant de mourir, cette femme lui écrit, à lui son bien-aimé, une lettre-testament, long récit rétrospectif de la vie qu’elle a menée dans son ombre, depuis l’âge de treize ans jusqu’à la mort tragique de son enfant, survenue la veille. Dans « cette chronique vibrante d’un amour fou », elle lui ouvre son cœur pour la première et la dernière fois car elle n’a plus rien à perdre, elle qui a déjà tout perdu.


Je ne veux pas en dire trop sur les révélations écrites dans cette lettre, mais quelle émotion ! Quelle profondeur d’âme et de sentiment ! A plusieurs reprises, les larmes n'étaient pas loin tant la solitude de cette femme était palpable derrière sa détermination incroyable à attendre que son bien-aimé la reconnaisse et qu’il l’aime enfin : « j’ai attendu  devant ta vie qui m’était fermée ». Cet homme, « son rêve éternel », « son univers », c’était leur voisin lorsqu’elle avait treize ans. Dès son installation, la petite fille sensible et timide n’a plus vécu que pour ce monsieur élégant et cultivé qu’elle croisait dans le couloir, parfois au bras d’une jolie femme. Puis, avec le départ pour Innsbruck, commença une période de solitude quasi monacale et de tourments qu’elle s’imposa entre 16 et 18 ans, ressassant les menus souvenirs du passé, lisant tous ses livres : « c’est en toi seul que j’ai vécu alors », « chaque mot de toi m’était un évangile et une prière ». Avec la transformation du corps, sa passion absolue se fit « plus ardente, plus concrète, plus féminine ». De retour à Vienne, chez un parent, « employée d’une grande maison de confection », elle éprouve pour la première fois la douleur physique de la jalousie avant de reconnaître enfin le désir dans les yeux de cet homme amoureux des femmes.

Dans cette relation, le désir masculin instrumentalise la femme : l’amour physique n’impliquera jamais la moindre reconnaissance de « l’amante invisible », même à travers les symboles qu’elle laisse discrètement derrière elle. L’écrivain n’en saisira toute la portée que devant le vase bleu, « vide pour la première fois au jour de son anniversaire », effrayé peut-être, soudain, devant l’image de la future vacuité de son existence... Dans l’ensemble de la nouvelle, les gros plans sur les sentiments, les émotions se font à travers le souvenir des objets...


C’est magnifique que ce soit un homme qui nous délivre, à travers la voix de son héroïne, une réflexion si sensible sur la manière dont la gente masculine considère les femmes, convoitées, examinées comme objet d’un désir à assouvir. Stefan Zweig s’est-il mis en scène ? A-t-il fait son examen de conscience en écrivant cette nouvelle ? Et d’ailleurs, un siècle plus tard, les choses ont-elles vraiment changé ? On peut légitimement se le demander.

La jeune femme est parfaitement lucide sur sa place dans la vie de cet écrivain qu’elle aime par-dessus tout, elle sait la part de jeu qui s’exerce dans ses relations avec ses nombreuses maîtresses. On sent bien son amertume dans la voix de Léa Drucker. Elle se mêle à la douleur de la perte de l’enfant « qui était tout pour elle », à la lassitude de qui n’attend plus rien de la vie. Mais aucune rancœur n’est jamais venue habiter le cœur de cette "inconnue", pour laquelle pourtant le réveil fut plusieurs fois brutal et douloureux, avec son cortège de désillusions, de déceptions sans cesse renouvelées.

Autre passage remarquable, celui où Stefan Zweig porte un regard critique sur la condition des femmes dans les maternités de son époque : ces mères venues accoucher seules deviennent des « objets à palper », avilies par la concupiscence des hommes alors qu’elles sont déjà meurtries dans leur chair.


Vous l’aurez compris, ce texte est un immense coup de cœur et j’ai trouvé que le livre audio était un support intéressant dans la mesure où il permet de théâtraliser l’analyse du sentiment amoureux dans laquelle Stefan Zweig excelle. Cette « déclaration fanatique, fiévreuse, pleine de tendresse et de folie » (Quatrième de couverture) s’incarne dans le jeu de la voix grave et profonde, parfaitement maîtrisée, de Léa Drucker.

 

Biographies (Source : audiolib)


Stefan Zweig est né à Vienne en 1881. "Il s'est essayé dans les genres littéraires les plus divers, mais ce sont ses nouvelles qui l'ont rendu célèbre dans le monde entier. Profondément marqué par la montée et les victoires du nazisme, Stefan Zweig a émigré au Brésil. Il s'est suicidé en même temps que sa seconde femme, à Pétropolis, en février 1942."zweig09.jpg

 

Léa Drucker a reçu une formation théâtrale classique. Nominée deux fois au Molière de la révélation théâtrale féminine, elle poursuit depuis un brillant parcours au théâtre, à la télévision et au cinéma.317988-lea-drucker-lit-lettre-d-une-inconnue-156x133-2.jpgJ'inscris ce billet dans le cadre des challenges Ecoutons un livre de Val et Un classique par mois de Stephie.

 

Bonne écoute !

 

Heide

 

Ecoutonsunlivre Classique-final-3


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5 janvier 2010 2 05 /01 /janvier /2010 15:40

 http://www.slavika.com/catalog/images/2742704701_dames.jpg        L'histoire


       Que de belles pages recèle la littérature russe ! Dans ce petit récit étonnant, écrit en 1927, Nina Berberova raconte, dans un style brillant, la mort subite et l’enterrement de Barbara Ivanovna   arrivée, la veille au soir, avec sa fille Marguerite, dans la pension du Dr Byrdine.  Les deux « dames » ont fui Saint Petersbourg, agitée par des troubles révolutionnaires. Vu les tensions politiques, une sépulture provisoire et exceptionnelle – je n’en dirai pas plus pour préserver le plaisir de la lecture - est choisie jusqu’à ce que Marguerite puisse faire transporter la dépouille de sa mère près de la demeure familiale…  Quelques années plus tard, Marguerite revient sur la tombe de sa mère mais la situation n’est pas celle qu’elle avait imaginée …

 

 

       Mes impressions


       Ce court récit, réaliste et cruel, a toutes les caractéristiques d’une nouvelle : concision, unité de temps et de lieu, nombre de personnages réduit, recherche de l’insolite et chute surprenante. Les dames de Saint-Petersbourg sont « croquées » avec humour, même dans la mort ou le deuil. En effet, on a tour à tour envie de sourire ou de s’attrister en suivant les réactions de Marguerite. Et le style enlevé de Nina Berberova nous met définitivement à l’abri de l’ennui !

       Je lirai prochainement La Souveraine, un petit roman du même auteur dans lequel j’espère retrouver l’humour noir que j’ai apprécié ici !

 


       Florilège


       "Souvenir, souvenir éternel, mais qui va se souvenir ? Je ne comprends rien. Il n'y a que moi qui puisse me rappeler, et personne d'autre. Mais est-ce que je suis éternelle, moi ? Tout n'est que mensonge ... Maman n'est plus mà ! Et quand elle était là, on n'en avait que faire, elle était gênante même (...)" (p. 60)


       "Les oiseaux fuyaient la chaleur dans les arbres, mais d'énormes mouches bleu sombre tournoyaient avec un bourdonnement épais autour du visage de la morte. "Pourvu qu'elles ne se posent pas, pourvu qu'elles ne se posent pas !" pensait la petite Véra, lorsqu'elle vit soudain quelque chose s'écouler du milieu du cercueil, entre les deux tabourets, sur le sol décoré de la terrasse.

- ... les offenses volontaires ou involontaires ! ... déclamait le prêtre." (pp. 58-59)

 


Anneso propose un article élogieux  sur Roquenval de Nina Berberova. Je ne connaissais pas ce titre, mais je me laisserais bien tenter !


Bonne lecture !

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A lire absolument ! Efflorescences IsmaëlBilly

  Toutes les critiques parues sur Efflorescences d'Ismaël Billy

sont recensées sur la page web de l'écrivain. (ICI)

 

 
 


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Mon rendez-vous philo

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Pour en savoir plus sur le rendez-vous hebdomadaire et la lecture thématique mensuelle, c'est ICI.
La communauté "Les Lundis philo"est créée, n'hésitez pas à vous y inscrire !

 

10e rendez-vous thématique :

Lundi 12 août 2013 (date décalée)

Thème : le temps

Anis ?

Coccinelle

Denis

Lee Rony

Sophie ?

Heide

 

9e rendez-vous thématique :

Lundi 1er juillet 2013

Thème : le philosophe Albert Camus 

Coccinelle (alias Catherine) : Albert Camus

Denis : L'Ordre libertaire. La Vie philosophique d'Albert Camus de Michel Onfray

Lee Rony : L'Ordre libertaire. La Vie philosophique d'Albert Camus de Michel Onfray

Heide : L'Ordre libertaire. La Vie philosophique d'Albert Camus de Michel Onfray

 

8e rendez-vous thématique :

Lundi 3 juin 2013

Thème : Au bout du monde 

Deux approches : le voyage

et/ou

Philosophes/Philosophie du bout du monde (Asie, Moyen-Orient, Amérique latine, Australie...)

Anis : Les femmes, la philosophie et le voyage

Catherine : Au bout du monde avec l'idée de Dieu dans la philosophie religieuse de la Chine (Léon de Rosny)

Denis : Montesquieu, Voyages, Arléa

Lee Rony : Au bout du monde

Heide : Montaigne et le voyage

 

7e rendez-vous thématique :

Lundi 6 mai 2013

Thème : Littérature et philosophie

(Lecture commune récréative : Martin et Hannah de Catherine Clément)

Catherine lance deux débats passionnants pour dépasser le clivage entre littérature et philosophie.

Denis sur  Le Monde de Sophie de Jostein Gaarder. A consulter aussi Hannah Arendt et Martin Heidegger de Elzbieta Ettinger (essai) : ici.

Lee Rony

Sophie sur Voltaire

Heide sur Martin et Hannah de Catherine Clément

 

6e rendez-vous thématique :

Lundi 1er avril 2013

Thème : La philosophie et le rire 

Catherine : Qui a écrit "Le rire est le propre de l'homme ?"

Denis  : autour d'une citation sur le rire philosophique. Candide de Voltaire (en attendant Bergson)

              Le Rire de Bergson

Lee Rony : Historique de la notion, façon Lee Rony.

Heide : Bergson, Le Rire, Essai sur la signification du comique

 

5e rendez-vous thématique :

Lundi 4 mars 2013

Thème : Femmes philosophes

Catherine : Cléobouline, l'une des premières femmes philosophes (Grèce antique)

Denis : Simone Weil, femme philosophe (1ère partie : sa vie et son oeuvre)

2e partie : La Pesanteur et la grâce (ICI)

Lee Rony signe un poème satirique "Femmes philosophes"

Heide : Hannah Arendt et la crise de la culture (1ère partie : présentation)

 

4e rendez-vous thématique :

Lundi 4 février 2013

Thème : Freud et la psychanalyse

Catherine : points communs et différences entre psychanalyse et philosophie

Denis : Le Malaise dans la culture de Sigmund Freud

Lee Rony  bientôt sur le divan avec cette lettre de son médecin traitant... Excellent ! 

Heide  : le fonctionnement de l'appareil psychique et L'Avenir d'une illusion


  3e rendez-vous thématique :

Lundi 7 janvier 2013

Thème : l'art, la beauté dans l'art

Catherine sur une citation de Platon

Denis sur Kandinsky, Du spirituel dans l'art et dans la peinture en particulier

Lee Rony sur la question du point de vue, les rapports entre la distorsion des perceptions et la beauté artistique.

Heide sur un texte de Soseki Natsume, extrait d'Oreiller d'herbes, 1906


2e rendez-vous thématique :

Lundi 3 décembre 2012

Thème : la sagesse

Catherine : Oh non George ! Un album de Chris Haughton

Denis : ABC d'une sagesse par Svami Prajnanpad

Lee Rony : "Poésie lexicale"

Heide : Mathieu Ricard, Plaidoyer pour le bonheur

 

1er rendez-vous thématique :

Lundi 5 novembre 2012

Thème : le bonheur

Catherine : Le bonheur

Denis : Bruno Fabre, La Pyramide du bonheur

Lee Rony : Le bonheur

Heide : Le bonheur selon Marc-Aurèle

 

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