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3 mai 2013 5 03 /05 /mai /2013 22:12

Marguerite Duras rencontres

 

Les 30-31 mai, 1er et 2 juin, les très attendues Rencontres Marguerite Duras auront lieu en Lot-et-Garonne, pour la seizième année consécutive.

Cette année, le thème retenu est :


Autour d'un effort de mémoire : l'engagement d'après-guerre.


RobertAntelme.jpgIl y sera beaucoup question de Robert Antelme, poète et résistant français, marié à Marguerite Duras de 1939 à 1946.

Le 1er juin 1944, Robert est arrêté et déporté dans les camps de Buchenwald et de Dachau. Après la guerre, en 1947, il publie L'Espèce humaine, un livre référence sur les camps de concentration.

Marguerite Duras a elle-même écrit sur la période de l'Occupation : La Douleur (1985) est un livre poignant sur le sujet. Je ne l'ai pas encore lu, mais je le ferai si possible avant ces Rencontres ou juste après, comme j'ai programmé L'Espèce humaine de Robert Antelme et Jan Karski de Yannick Haenel (Gallimard, 2009), un auteur qui devait intervenir lors de cette 16e édition.

 

Le programme est très enthousiasmant (Source : Ass. MD)

 

Jeudi 30 mai (20h30), à Marmande : projection de Détruire dit-elle, un film de Marguerite Duras, écrit et réalisé en 1969 (à partir de son roman).

Cette projection sera suivie d'une rencontre avec Joëlle Pagès-Pindon, auteure de Marguerite Duras. L'écriture illimitée.

 

Vendredi 31 mai, au château de Duras (47120)

Lecture par Gérard Desarthe de L'Espèce humaine de Robert Antelme (La Cité Universelle, 1947 - Gallimard, 1957)

Autour d'un effort de mémoire sur une lettre de Robert Antelme, de Dionys Mascolo (Maurice Nadeau, 1987)

 

Samedi 1er juin, à Duras

Interventions de spécialistes de l'oeuvre de MD : seront présents pour ces conférences, Jean-Pierre Saez (Université de Grenoble) ; Jean-Marc Turine (Dionys Mascolo, Monique Antelme) ; Edgar Morin, qui a travaillé avec Marguerite Duras ; Lucie Bertrand Luthereau (sur Robert Antelme. Professeure à Sciences-Po Aix) ; Joëlle Pagès-Pindon (Le Lieu juif des livres de Marguerite Duras. Professeure à Janson de Sailly, Paris. Ecrivaine spécialiste de Marguerite Duras).

 

Projection du film Jaune Soleil, écrit et réalisé par MD, en 1971

Le film sera introduit par jean Cléder, Maître de conférences à l'université de Rennes 2, auteur de Marguerite Duras. Le cinéma, aux éditions Minard.

 

Dimanche 2 juin, à Duras

Librairie et rencontres  : journée de rencontres avec les invités autour de livres, CD, DVD consacrés à Marguerite Duras.

 

Pour finir, il faut souligner le travail remarquable de cette association qui existe depuis 1997 et dont le but est "de faire connaître les liens de Marguerite Duras avec le Lot-et-Garonne, de poursuivre les recherches sur la vie de l'auteure dans la région pour les mettre à disposition de tout public. Elle s'applique aussi à approfondir et transmettre l'oeuvre (roman, théâtre, cinéma) et espère pouvoir partager l'espace infini de la langue, de la parole de l'auteur." (Source : Association Marguerite Duras, présentation : à lire ICI)

 

Si vous souhaite adhérer à l'Association ou pour tout renseignement, voici le lien : contact.

Il faut se rappeler que le Lot-et-Garonne est une source d'inspiration puissante pour Marguerite Duras, notamment dans ses deux premiers romans Les Impudents (1943) et La Vie tranquille (1944). C'est la terre d'origine de son père.

 

Je rédigerai un billet pour vous raconter ces journées qui s'annoncent passionnantes.

En attendant je vous souhaite de belles lectures autour de Marguerite Duras bien sûr !

 

Heide

5888 chateau-duras-photo2

Château de Duras (47120)

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3 mars 2013 7 03 /03 /mars /2013 23:30

Duras_pleiade1.jpgMarguerite Duras, Oeuvres complètes,

sous la direction de Gilles Philippe, Paris, Gallimard,

Bibliothèque de la Pléiade, automne 2011

 

        En 1943, lorsque Marguerite Duras écrit La Vie tranquille, elle est entrée en résistance contre l’occupant allemand, en tant qu’agent de liaison (voir l’excellente biographie de Laure Adler, page 262). Elle est alors mariée à Robert Antelme et elle entretient une liaison avec Dionys Mascolo, qui deviendra plus tard le père de son fils unique, Jean. Comme souvent dans ses premiers romans, la réalité rejoint la fiction : dans La Vie tranquille, on retrouve Dionys sous les traits de Tiène dont la narratrice est très amoureuse. On assiste également à des conflits familiaux, ouverts ou larvés, mais toujours graves. Apparaissent également  la relation fusionnelle avec le petit frère, la mère un peu absente dans sa relation aux autres, plus tendre cependant que dans Les Impudents : était-ce la mère idéalisée, celle dont rêvait Marguerite ? C’est une hypothèse plausible, d’autant qu’elle lui a dédié son roman. Cependant, Marie Donnadieu ignorera toujours cette marque d’amour.


       L’histoire a pour cadre le Périgord, non loin de Périgueux. Aux Bugues vit une famille d’exploitants agricoles, les Veyrenattes : le père et la mère, leurs enfants Francine dit Françion (la narratrice) et Nicolas, marié à Clémence, avec laquelle il a eu un petit garçon, âgé de onze mois et prénommé Noël. Jérôme, l’oncle maternel, qui vit sous le même toit, empoisonne la vie des Veyrenattes, dont la liberté est considérablement restreinte à cause de ses agissements égoïstes et odieux. Enfin, il y a Tiène, un énigmatique ami de Nicolas, installé aux Bugues depuis peu sans que l’on sache vraiment pourquoi il est arrivé là. C’est un très beau jeune homme dont Françion va tomber amoureuse.

Le roman, construit en trois parties, débute in medias res, juste après une bagarre extrêmement violente entre Nicolas et l’oncle Jérôme. Nous apprendrons plus tard que Françion a révélé à son frère Nicolas la liaison entre sa femme Clémence et l’oncle Jérôme. Celui-ci agonisera pendant une dizaine de jours, dans l’indifférence quasi générale, avant de succomber à ses blessures comme chacun semble le souhaiter. Françion, quant à elle, semble totalement inconsciente de sa responsabilité dans cette sombre histoire.  Sans aucun remords, elle reste totalement insensible lorsque Tiène essaie de susciter chez elle cette prise de conscience.

Ce n’est que dans la deuxième partie du roman, dix-sept jours après un second drame familial épouvantable sur lequel s’achève la première partie, que Françion sera confrontée, à travers ce que j’appellerais « l’épreuve du miroir », à la question cruciale de son identité, de son vrai Moi et du rapport de ce Moi avec le monde qui l’entoure.


        J’ai beaucoup aimé ce roman, que j’ai trouvé plus profond que Les Impudents, plus abouti donc, malgré la critique assez négative qu’en fit Raymond Queneau au moment de sa parution. La voix de Marguerite Duras, celle de L’Amant, commence à raisonner au détour d’une courte phrase ou dans l’emphase de l’expression du je, dans l’expressivité d’une conscience individuelle,  celle de la narratrice, et ce même si la voix de MD ne vibre pas encore de toute sa puissance poétique. Marguerite semble parler de celui qu’elle aime à travers Françion :

« De profil il était si beau que ses traits semblaient s’arracher de vous dans la douleur » (192)

Et cette phrase qui m’a fait tant penser à L’Amant déjà, de façon sans doute très subjective :  

« Si j’avais cette petite certitude [plaire à Tiène], il me semble que je pourrais mieux connaître Tiène, l’inventer à partir de mon visage. » (194)


Et puis, le roman contient de si belles descriptions, où, comme dans Les Impudents, la narratrice fait corps avec la nature, dans l’effacement même du corps cette fois-ci. Derrière la poésie des mots, la voix de MD, là encore, s’ébauche :

« Août fleurit après tous les arbres, une fois que tous ont leurs fleurs, en une nuit. Comment se tenir au faîte de ce mois, connaître durant une seconde ce vertige d’août avant septembre ? Bois, plaines, mûres, falaises chauffées, se tenaient immobiles dans une stupeur surnaturelle au sein de laquelle s’élaboraient le septembre et l’octobre. L’odeur des fossés des Bugues était celle d’une pourriture, celle d’août qui, en elle, porte toutes les odeurs des mois.

Je n’étais personne, je n’avais ni nom ni visage. En traversant l’août, j’étais : rien. Mes pas ne faisaient aucun bruit, rien n’entendait que j’étais là, je ne dérangeais rien. Au bas des ravines coassaient les grenouilles vivantes, instruites des choses d’août, des choses de mort. » (190-191)


A partir de la deuxième partie du roman,  l’écriture est magnifique. Le style montre à quel point Françou est perturbée par le nouveau drame qu’elle vient de connaître : la construction des phrases symbolise le morcellement de l’image du corps ressenti par la jeune femme, qui semble découvrir son âge, son identité profonde à travers la perception fragmentée de toute sa personne. Cela correspond à un moment d’une grande poésie, d’autant que Françion a rejoint l’Océan, qu’elle découvre pour la première fois, sur les conseils de Tiène, qui lui a donné l’argent pour prendre le train.

"Autour de moi c'était une fantasmagorie silencieuse qui s'était déchaînée. Avec une rapidité folle, - je n'osais pas regarder, mais je les devinais - une foule de formes devaient apparaître, s'essayer à moi, disparaître aussitôt, comme anéanties de ne pas m'aller. Il fallait que j'arrive à me saisir d'une, pas n'importe laquelle, une seule, de celle dont j'avais l'habitude à ce point que c'était ses bras qui m'avaient jusque-là servi à manger, ses jambes, à marcher, le bas de sa face, à sourire. Mais celle-ci aussi était mêlée aux autres. Elle disparaissait, réapparaissait, se jouait de moi. Moi cependant, j'existais toujours quelque part." (219)


Il y aurait tant à dire encore sur la quête d’identité de la narratrice, mais aussi sur cette famille « qui [rêve] de bonheur et qu’un vrai bonheur accablerait plus que tout. » (177), sur la fuite de Clémence sans son petit garçon, sur le retour de Luce et sa relation avec Nicolas, avec Tiène sous le regard de Françion…  Mais il vaut mieux lire, lire et relire car, si ses personnages sont confrontés à l’ennui, pour ma part, je ne me lasserai jamais de lire Duras !

 

Je vous invite à lire l'avis de Denis sur Bonheur de lire.

 

Missycornish nous rejoint sur ce challenge. Bienvenue ! J'éditerai pour mettre ses liens dès demain.


Dernière remarque : La Vie tranquille existe aussi dans la collection Folio, alors n'hésitez pas !Duras_LaVietranquille_Folio.jpg

Belle lecture ! 


Heide

 

duras sourire

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30 janvier 2013 3 30 /01 /janvier /2013 22:57

Les-impudentsMD-copie-1.jpgMarguerite Duras, Les Impudents, 1943

Folio, 246 pages

 

Marguerite Duras est entrée en littérature en 1943 avec Les Impudents. Les thèmes durassiens sont déjà bien présents dans ce premier roman : les souffrances générées par des relations familiales extrêmement violentes que cristallisent les angoisses maternelles,  son amour quasi-exclusif pour le fils aîné « si pourri qu’il en est aussi léger qu’une branche de bois mort » (p. 220). Nous avons là, en substances, l’enfance et l’adolescence douloureuses de Marguerite Duras, qui n’aura jamais pu « trouver sa place dans la constellation maternelle » (Laure Adler, Marguerite Duras, p. 27).

 

    L’histoire

 

Maud Grant, jeune fille secrète et tourmentée, très observatrice également, vit auprès de sa mère Mme Grant-Taneran, de son frère Jacques Grant et de son demi-frère Henri Taneran, sous le même toit que son beau-père M. Taneran, dont il sera très peu question dans l’histoire.

Au début du roman, Jacques vient de perdre son épouse Muriel et, à 40 ans, il est accablé de dettes. L’accumulation des traites Tavarès pousse la famille à fuir, pour échapper à l’obligation de les payer. Jacques, Henri, Maud et leur mère  rejoignent la propriété d’Uderan, qui se trouve « dans le sud-ouest du Lot, dans la partie âpre et dépeuplée du Haut-Quercy, aux confins de la Dordogne et du Lot-et-Garonne. » (p. 45)  Mais la demeure est inhabitable : ils logeront donc chez les Pécresse dont le fils Jean convoitera Maud alors qu’elle entretient une liaison secrète avec un dénommé Georges Durieux. L’histoire tourne autour du quotidien de la famille de Maud et des habitants du village, témoins des relations tumultueuses entre ces êtres liés par le sang, mais que tout désunit. Maud parviendra-t-elle à se libérer de l’emprise de sa mère, si injuste envers elle, de  Jacques de plus en plus violent et que Mme Taneran défend systématiquement tant son amour pour lui est exclusif ? Et par quel compromis pourra-t-elle échapper à leur impudence, à leur cynisme ?

 

    Quelques impressions personnelles

 

Les Impudents  est dédié à Jacques D., le demi-frère que Marguerite Duras n’a pas connu et qui est né du premier mariage de son père, Henri Donnadieu.

Mais un autre Jacques domine l’intrigue du roman : Jacques Grant en est le personnage négatif central, outre Mme Grant-Taneran, la mère, autour de laquelle tous gravitent.

 

Maud est le personnage le plus attachant, le plus complexe aussi. Si elle souhaite qu’une chose arrive, elle n’éprouve aucun bonheur dans sa réalisation. Marguerite Duras a sans doute mis beaucoup d’elle-même dans le tempérament de Maud. Solitaire, exaltée, elle est la seule à dormir au domaine d’Uderan : pour rejoindre la demeure familiale, elle passe des heures à marcher dans la campagne, qui symbolise sans doute la transgression, l’infidélité au clan. Alors, elle se ressource au cœur de cette nature accueillante et bienveillante, avec laquelle elle se sent en harmonie et qui lui permet de laver sa culpabilité. Les errances de Maud sont, pour le lecteur, de purs délices car elles donnent lieu à de superbes passages où la psychologie du personnage semble se déployer dans la description de la campagne environnante.

On retrouve aussi la complexité du personnage de Maud dans sa liaison avec Georges, qu’elle désire et dont elle pense être amoureuse, mais qu’elle cesse d’aimer très vite, dés que la relation est acquise. Cependant, Georges lui permet de libérer ses sentiments et dés lors, elle ne s’interdit plus d’éprouver du mépris pour Jacques ni de la pitié pour sa mère. Pourtant, le couple qu’elle formera avec Georges montre, qu’au-delà des conventions sociales qui maintiennent bien des couples, « il n’y a pas d’amour heureux » chez Marguerite Duras.

 

Extrait


    « Une lueur falote de lanterne tempête apparut à la hauteur du sentier qui reliait Uderan à la propriété des Pecresse. Si on la recherchait, elle aurait dix fois le temps de s’enfuir. L’idée que l’on s’inquiétait d’elle, l’émut un peu. Des larmes lui vinrent, qui traçaient sur ses joues de frais sillons. Ils n’étaient pas heureux eux non plus, là-bas. Personne ne l’avait jamais été chez elle. Ils vivaient dans le désordre et leurs passions donnaient aux événements les plus ordinaires un tour à part, tragique, et qui vous enlevait toujours davantage l’espoir de posséder jamais le bonheur.

Mais lorsqu’on vous avait trop fait souffrir, ensuite on vous recherchait et on vous ramenait de gré ou de force. Seul cet ultime remords prouvait qu’on tenait à vous d’une certaine façon et que, sans vous, quelqu’un eût manqué à la maison. Ces pensées la touchèrent d’abord, mais elle ne tarda pas à résister à son émotion.

Non, elle ne reviendrait pas. C’était bien inutile maintenant qu’elle avait parfaitement compris comment leur attachement se manifestait. Jacques prenait plaisir à vous humilier, puis il s’efforçait de vous rassurer lui-même, afin de ne pas perdre complètement ses victimes. Non, au grand jamais, elle ne reviendrait.  

Mais n’avait-on pas appelé ? Le fantôme de sa mère la frôla, si tendre dans son souvenir, bon comme l’été qui reviendra et auquel on pense alors qu’on est encore en hiver. Elle ne bougea pas, mais ne put empêcher ses larmes de couler. »(pp.182-183)

 

Je vous invite à lire l’article très intéressant et fouillé que Denis de  Bonheur de lire a publié le 30 décembre 2012, dans les temps ! Quant à moi, je démarre mon challenge avec un mois de retard et je vous donne rendez-vous le jeudi 28 février pour La Vie tranquille, le 2e roman de MD, dans l’ordre chronologique. N’hésitez pas à nous rejoindre pour cette lecture commune si vous le souhaitez et je vous rappelle l’existence de la communauté Marguerite Duras.

 

Je rattache également mon billet au challenge « Premier roman » chez Anne et au challenge « Un classique par mois » chez Stephie (cliquez sur les logos).

 

Belle lecture !

 

Heide

 

duras sourire    Classique-final-3 Defi-PR1

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4 décembre 2012 2 04 /12 /décembre /2012 22:27

mdjeune.jpg Je vous propose de me suivre  dans le défi que je me suis fixé : lire ou relire toute l'oeuvre de Marguerite Duras, dans l'ordre chronologique. Personnellement, je ne me donne pas de date butoir : j'essaierai de commencer un nouveau livre au début de chaque mois et de rédiger mon article pour le 30. Ce challenge est donc illimité dans le temps. Par contre, aucune obligation pour les participants de tout lire ni de lire dans l'ordre chronologique : chacun se fixe son propre objectif et son propre rythme, selon ses envies. 

Le but est le plaisir de la lecture et l'échange autour de son oeuvre. J'espère que vous m'aiderez ainsi à dynamiser la Communauté MD car c'est le calme plat ! Pensez à laisser vos liens en commentaire : je rédigerai un billet récapitulatif régulièrement et en tous cas, toutes les fins de mois.


Si vous pensez qu'il faudrait mettre en place des catégories, dites-le moi. Mais je ne souhaite pas que ce défi soit trop contraignant car il existe déjà tant de challenges de ce type sur la blogosphère ! J'aimerais que ce soit surtout l'occasion de (re)découvrir la richesse de son oeuvre et des titres moins connus que L'Amant.

On peut aussi regarder ses films et lire des critiques autour de son oeuvre.

 

J'ai pensé à deux logos à insérer dans vos articles :


duras_sourire.jpg

 

duras_imec_1.jpg

 

Souhaitons-nous de belles lectures à venir !

 

Heide

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2 septembre 2012 7 02 /09 /septembre /2012 15:44

      HSLeMondeDuras.jpgDébut août, Le Monde a sorti un très beau hors-série de 122 pages "Une vie une oeuvre" consacré à Marguerite Duras. La citation choisie en ouverture montre clairement le projet des rédacteurs et concepteurs : inciter à oser lire ou relire MD. Et le verbe" oser" est choisi à dessein car l'écrivaine a été tellement souvent décriée, caricaturée voire injuriée, avec mauvaise foi  tout de même, que son oeuvre a fréquemment été abordée avec la même défiance. Et MD en était parfaitement consciente, elle qui a donc écrit :

 

" Lisez le livre. Dans tous les cas même dans celui d'une détestation de principe, lisez-le. Nous n'avons plus rien à perdre ni moi de vous, ni vous de moi. Lisez tout."

Marguerite Duras, extrait de sa lettre à la presse,

à l'occasion de la parution des Yeux bleus cheveux noirs, Minuit, 1986

(citée dans le hors-série)

 

Il est vrai qu'elle usait aussi parfois de son image atypique, ce qui explique en partie également que la femme publique ait pu faire de l'ombre à l'écrivaine sensible et modeste, profondément sincère, qui écrivait pour vivre.

Aujourd'hui, elle est "l'auteur de la seconde moitié du XXe siècle le plus traduit (en 35 langues), le plus lu, le plus commenté". Il était bien normal de rendre hommage à cette postérité remarquable. Et puis MD est reconnue dans les biographies les plus récentes pour avoir su porter - avec Nathalie Sarraute, sa contemporaine - un regard particulièrement innovant sur l'écriture.  Mais surtout, elle a su cerner avec une acuité brillante le rapport de la littérature à l'histoire du XXe siècle.

 

Dans ce hors-série passionnant de bout en bout, vous trouverez donc :

  • Un portrait touchant de MD par Laure Adler, journaliste qui a connu la romancière et lui a consacré une biographie, publiée en 1998 (Folio n°3417)
  • Une chronologie illustrée de photos d'époque de MD et de sa famille.
  • Des extraits de son oeuvre, choisis souvent parmi les titres les moins connus.
  • Un entretien de MD avec Dominique Noguez
  • Un portfolio sur sa carrière de scénariste et de metteur en scène.
  • Des débats menés par différents auteurs, professeurs d'université, journalistes, philosophes, sociologues.
  • Des hommages de personnalités qui l'ont bien connue : Raymond Queneau, Jacques Lacan, Claude Roy, Yann Andréa, son dernier compagnon, Jeanne Moreau ...

 

Pour finir, en fin d'ouvrage, le lecteur trouvera un lexique dont le projet louable est "de former un barrage contre les idées reçues" juste avant les références bibliographiques bien utiles.

 

Bonne lecture !

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26 avril 2012 4 26 /04 /avril /2012 00:30

       vircondelet.gifCette semaine, un soir, j'ai eu plaisir à me replonger dans un ouvrage critique très court mais passionnant sur le style de Marguerite Duras : Marguerite Duras ou l'émergence du chant est, en fait, le texte d'une conférence donnée par Alain Vircondelet, en janvier 1993, aux "Midis de la Poésie", à Bruxelles. Maître de conférences et écrivain lui-même, ami de Marguerite Duras dés 1968, Alain Vircondelet est reconnu comme l'un des meilleurs spécialistes de son oeuvre. Il est d'ailleurs aujourd'hui l'un des présidents d'honneur de l'Association Marguerite Duras.

 

       Son discours est un vibrant hommage à la beauté poétique, quasi mystique, de l'écriture de Marguerite Duras, en particulier dans les écrits de la maturité, bien après Un Barrage contre le Pacifique dont la facture est proche du roman américain. Alain Vircondelet explique, avec chaleur et simplicité, ce qui constitue l'essence même du travail d'écrivain pour Marguerite Duras, le sens profond de sa quête, qui fut d'ailleurs souvent oublié, gommé par la virulence de ses prises de position. Le sujet du livre pour Marguerite Duras, ce n'est pas l'analyse psychologique, mais l'écriture, la recherche d'une "syntaxe musicale" (MD), qui permet d'approcher "l'épaisseur des choses", "l'indicible des choses et des êtres".

 

       Cette "parole qui est celle de la poésie, qui ne mène à rien d'autre qu'à elle-même", c'est ce que j'aime par dessus tout dans son oeuvre. Cette sorte de ressassement du langage, des mots reformulés "jusqu'à l'épuisement du sens", Alain Vircondelet en parle avec passion. Alors, son discours vaut d'être lu pour lui-même d'abord et parce qu'il constitue une excellente introduction au chant, à la voix si particulière de l'écrivaine.

 

Voici ce qu'on peut lire sur la quatrième de couverture :

"Il m'est apparu qu'elle était semblable à Marcel Proust comme à ces conteurs d'Extrême-Orient, d'Afrique noire ou du Maghreb qui parlent en légendes et en fables, cherchant à se relier aux forces sacrées, premières, telluriques, rejoignant ainsi l'obscure route des Mythes. Je savais qu'à force de se dépouiller de toute parole politique, libre en un mot, elle avait retrouvé la simplicité du premier verbe, la naïveté des premiers jours, la splendeur du premier chant. Qu'elle avait ainsi rejoint le lieu immémorial des poètes".

 

Pour finir un extrait de l'Amant de la Chine du Nord, cité dans l'ouvrage entre autres magnifiques passages :


C'est un livre.

C'est un film.

C'est la nuit.

 

La voix qui parle ici est celle, écrite, du livre.

Voix aveugle. Sans visage.

Très jeune.

Silencieuse.

 

C'est une rue étroite. Eclairée par des becs de gaz.

Cailloutée, on dirait. Ancienne.

Bordée d'arbres géants.

Ancienne.

De chaque côté de cette rue il y a des villas blanches à terrasses.

Entourée de grilles et de parcs.

C'est un poste de brousse au sud de l'Indochine française.

C'est en 1930.

C'est le quartier français.

C'est une rue du quartier français.

L'odeur de la nuit est celle du jasmin.

Mêlée à celle, fade et douce, du fleuve.

 

Devant nous, quelqu'un marche. Ce n'est pas celle qui parle. C'est une très jeune fille, ou une enfant peut-être. Ça a l'air de ça. Sa démarche est souple. Elle est pieds nus. Mince. Peut-être maigre. Les jambes... Oui... c'est ça... Une enfant. Déjà grande.

Elle marche dans la direction du fleuve.

 

Au bout de la rue, cette lumière jaune des lampes tempête, cette joie, ces appels, ces chants, ces rires, c'est en effet le fleuve. Le Mékong.

C'est un village de jonques.

C'est le commencement du delta.

De la fin du fleuve.

 

Malheureusement, il semble que cet ouvrage de Vircondelet ne soit plus édité (à moins de le trouver d'occasion, ce qui fut mon cas.)

Références complètes : Alain Vircondelet, Marguerite Duras et l'Emergence du chant, Conférences des "Midis de la Poésie", collection "Paroles d'Aube", La Renaissance du livre, septembre 2000.

 

Bonne lecture des oeuvres de Marguerite Duras !

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23 avril 2012 1 23 /04 /avril /2012 12:09

margaretduras       Si comme moi vous aimez Marguerite Duras, je vous invite, avec un immense plaisir, à rejoindre la communauté "Autour de Marguerite Duras" que je viens de créer sur overblog.

 

Le but est d'échanger autour de cette écrivaine majeure du XXe siècle, de recenser toutes les ressources qui paraissent autour de son oeuvre et de sa vie, de partager les textes et citations que nous aimons ainsi que nos impressions de lecture.

duras adler

Pour ma part, je compte approfondir mes lectures et me procurer quelques DVD des films qu'elle a réalisés. Je vous recommande la biographie de Laure Adler (Folio n° 3417) qui est passionnante !


Je remercie chaleureusement Denis de m'avoir suggéré l'idée et j'en profite pour signaler la communauté "Autour d'Albert Camus" qu'il anime avec Fabienne. Leur blog  Au bonheur de lire vaut vraiment le détour et contient de nombreux articles sur l'écrivain.

 

Je remercie tous ceux qui voudront bien diffuser l'information sur leur blog afin de contribuer à faire connaître cette communauté.

 

Au plaisir de vous compter bientôt parmi les membres du groupe !

 

Amitiés ! 

 

Heide

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23 avril 2012 1 23 /04 /avril /2012 00:50

      Marguerite-Duras-rencontres.jpg Lorsqu'on évoque l'oeuvre de Marguerite Duras, les réactions ne sont jamais mitigées : son style, sa voix, les thèmes qu'elle aborde et son personnage même laissent rarement indifférents.  Marguerite Duras a profondément marqué la littérature du XXe siècle et de nombreux lecteurs dont je fais partie.

 

     Un peu d'histoire ...

 

     Marguerite Donnadieu est née en Indochine, près de Saïgon, le 4 avril 1914. Elle ne prendra le nom de Marguerite Duras qu'en 1943, à l'occasion de la parution de son premier roman Les Impudents. C'est une façon pour elle de rendre hommage à son père, originaire de Villeneuve-sur-Lot. La bibliographie exhaustive de son oeuvre, impressionnante en terme de diversité et de volume, se trouve à la fin de La Pluie d'été (1990).

En 1997, un groupe de passionnés, des habitants de Duras et des spécialistes de l'oeuvre, s'associent autour de ce "lieu de mémoire" dans le but de "faire connaître les liens de Marguerite Duras avec le Lot-et-Garonne, de poursuivre les recherches sur la vie de l'auteure dans la région pour les mettre à disposition de tout public. Elle s'applique aussi à approfondir et transmettre l'œuvre (roman, théâtre, cinéma) et espère pouvoir partager l'espace infini de la langue de la parole de l'auteur." (Source : site de l'Association Marguerite Duras)


5888_chateau-duras-photo2.jpgChâteau de Duras


   Les Rencontres de Duras et le site de l'Association

 

  Comme chaque année depuis 15 ans, les 17, 18, 19 et 20 mai 2012 se tiendront les Rencontres de Duras, au château de Duras, en Lot-et-Garonne.  Le programme complet de ces quatre jours durassiens est disponible sur le site de l'Association : on pourra assister à des représentations théâtrales, des projections de films, des lectures, des conférences d'universitaires spécialistes de l'oeuvre et des interventions d'auteurs...


Cette année, les thèmes à l'honneur sont : Monique-Dorsel-rencontres-Duras.jpg

  • Marguerite Duras et les images
  • Regarder, être regardée
  • Ecrire le vietnam contemporain

 

 

 

REGARDEZ, DIT-ELLE Monique Dorsel. 

Textes extraits de Les Yeux verts et L'Homme atlantique.

Mise en espace de Charles Gonzales (Assoc. MD.org)

 

   En dehors de ces journées, vous pouvez consulter le site de l'Association, une véritable mine pour suivre les actualités durassiennes, lire des conférences, trouver des photos et des films (effectivement Denis, certains sont disponibles en DVD : voici le lien).

   Je ferai un compte-rendu de ces Rencontres auxquelles j'aurai la chance de me rendre puisque j'habite tout près...

 

   A bientôt !

 


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A lire absolument ! Efflorescences IsmaëlBilly

  Toutes les critiques parues sur Efflorescences d'Ismaël Billy

sont recensées sur la page web de l'écrivain. (ICI)

 

 
 


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10e rendez-vous thématique :

Lundi 12 août 2013 (date décalée)

Thème : le temps

Anis ?

Coccinelle

Denis

Lee Rony

Sophie ?

Heide

 

9e rendez-vous thématique :

Lundi 1er juillet 2013

Thème : le philosophe Albert Camus 

Coccinelle (alias Catherine) : Albert Camus

Denis : L'Ordre libertaire. La Vie philosophique d'Albert Camus de Michel Onfray

Lee Rony : L'Ordre libertaire. La Vie philosophique d'Albert Camus de Michel Onfray

Heide : L'Ordre libertaire. La Vie philosophique d'Albert Camus de Michel Onfray

 

8e rendez-vous thématique :

Lundi 3 juin 2013

Thème : Au bout du monde 

Deux approches : le voyage

et/ou

Philosophes/Philosophie du bout du monde (Asie, Moyen-Orient, Amérique latine, Australie...)

Anis : Les femmes, la philosophie et le voyage

Catherine : Au bout du monde avec l'idée de Dieu dans la philosophie religieuse de la Chine (Léon de Rosny)

Denis : Montesquieu, Voyages, Arléa

Lee Rony : Au bout du monde

Heide : Montaigne et le voyage

 

7e rendez-vous thématique :

Lundi 6 mai 2013

Thème : Littérature et philosophie

(Lecture commune récréative : Martin et Hannah de Catherine Clément)

Catherine lance deux débats passionnants pour dépasser le clivage entre littérature et philosophie.

Denis sur  Le Monde de Sophie de Jostein Gaarder. A consulter aussi Hannah Arendt et Martin Heidegger de Elzbieta Ettinger (essai) : ici.

Lee Rony

Sophie sur Voltaire

Heide sur Martin et Hannah de Catherine Clément

 

6e rendez-vous thématique :

Lundi 1er avril 2013

Thème : La philosophie et le rire 

Catherine : Qui a écrit "Le rire est le propre de l'homme ?"

Denis  : autour d'une citation sur le rire philosophique. Candide de Voltaire (en attendant Bergson)

              Le Rire de Bergson

Lee Rony : Historique de la notion, façon Lee Rony.

Heide : Bergson, Le Rire, Essai sur la signification du comique

 

5e rendez-vous thématique :

Lundi 4 mars 2013

Thème : Femmes philosophes

Catherine : Cléobouline, l'une des premières femmes philosophes (Grèce antique)

Denis : Simone Weil, femme philosophe (1ère partie : sa vie et son oeuvre)

2e partie : La Pesanteur et la grâce (ICI)

Lee Rony signe un poème satirique "Femmes philosophes"

Heide : Hannah Arendt et la crise de la culture (1ère partie : présentation)

 

4e rendez-vous thématique :

Lundi 4 février 2013

Thème : Freud et la psychanalyse

Catherine : points communs et différences entre psychanalyse et philosophie

Denis : Le Malaise dans la culture de Sigmund Freud

Lee Rony  bientôt sur le divan avec cette lettre de son médecin traitant... Excellent ! 

Heide  : le fonctionnement de l'appareil psychique et L'Avenir d'une illusion


  3e rendez-vous thématique :

Lundi 7 janvier 2013

Thème : l'art, la beauté dans l'art

Catherine sur une citation de Platon

Denis sur Kandinsky, Du spirituel dans l'art et dans la peinture en particulier

Lee Rony sur la question du point de vue, les rapports entre la distorsion des perceptions et la beauté artistique.

Heide sur un texte de Soseki Natsume, extrait d'Oreiller d'herbes, 1906


2e rendez-vous thématique :

Lundi 3 décembre 2012

Thème : la sagesse

Catherine : Oh non George ! Un album de Chris Haughton

Denis : ABC d'une sagesse par Svami Prajnanpad

Lee Rony : "Poésie lexicale"

Heide : Mathieu Ricard, Plaidoyer pour le bonheur

 

1er rendez-vous thématique :

Lundi 5 novembre 2012

Thème : le bonheur

Catherine : Le bonheur

Denis : Bruno Fabre, La Pyramide du bonheur

Lee Rony : Le bonheur

Heide : Le bonheur selon Marc-Aurèle

 

Challenge Marguerite Duras

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