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2 septembre 2012 7 02 /09 /septembre /2012 08:47

Portrait de G. de Nerval par Nadar

Le Relais1-Gerard-de-Nerval.jpg

 

En voyage, on s'arrête, on descend de voiture

Puis entre deux maisons on passe à l'aventure,

Des chevaux, de la route et des fouets étourdi,

L'oeil fatigué de voir et le corps engourdi.

 

Et voici tout à coup, silencieuse et verte,

Une vallée humide et de lilas couverte,

Un ruisseau qui murmure entre les peupliers,

Et la route et le bruit sont bien vite oubliés !

 

On se couche dans l'herbe et l'on s'écoute vivre,

De l'odeur du foin vert à loisir on s'enivre,

Et sans penser à rien on regarde les cieux...

Hélas ! Une voix crie : "En voiture, messieurs !"

 

Gérard de Nerval, Odelettes, "Le Relais", 1853

 

1873jardin monet argenteuilJardin de Monet à Argenteuil (les Dahlias),

Huile sur toile, 1873

Collection privée

 

Bon dimanche !

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12 août 2012 7 12 /08 /août /2012 17:06

drouet-hugo.jpg

 

      Pour ce dimanche poétique, j'ai choisi un poème que Victor Hugo écrivit à Juliette Drouet, jeune actrice avec laquelle il connut un bonheur complet pendant 50 ans. Leur liaison, commencée en février 1833, quelques jours après la première représentation de Lucrèce Borgia, s'acheva à la mort de "Mademoiselle Juliette", en 1883. Elle avait 77 ans. Victor Hugo, âgé de 81 ans au moment de la disparition de sa bien-aimée, mourut deux ans plus tard.

 

Mon bras pressait ta taille frêle

 

Mon bras pressait ta taille frêle

Et souple comme le roseau ;

Ton sein palpitait comme l'aile

      D'un jeune oiseau

 

Longtemps muets, nous contemplâmes

Le ciel où s'éteignait le jour.

Que se passait-il dans nos âmes ?

      Amour ! Amour !

 

Comme un ange qui se dévoile,

Tu me regardais, dans ma nuit,

Avec ton beau regard d'étoile,

      Qui m'éblouit.

 

Forêt de Fontainebleau, juillet 18...

 

Victor Hugo, "Mon bras pressait ta taille frêle", X,

L'Âme en fleur, Les Contemplations,1856

 

A bientôt !

Heide

 

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22 juillet 2012 7 22 /07 /juillet /2012 10:57

387px-Paul_Valery.jpg

    Paul Valéry (1871-1945), grand admirateur de V. Hugo et de Baudelaire, découvre ensuite Verlaine et surtout Mallarmé à qui il envoie ses premiers poèmes. Par la suite, il deviendra son disciple le plus proche.

Poète, aussi bien que penseur et mathématicien (un tableau noir couvert de calculs et un squelette sont les seuls éléments de décoration de sa chambre), Paul Valéry consacre aussi beaucoup de temps à ses Cahiers : il y note ses réflexions alors qu'il est secrétaire d'un administrateur de l'agence Havas. En 1920, il publie des poèmes très appréciés et dont le succès sera confirmé par la parution de Cimetière marin et de Charmes. Il entre à l'Académie française en 1925 et il est nommé professeur de poétique au Collège de France, en 1937.

 

Paul Valéry recherche la perfection dans son travail de poète. Il aborde l'écriture poétique avec un esprit très cartésien, privilégiant le travail de la forme à l'inspiration, qui seule ne peut suffir. Un poème n'est donc jamais achevé en soi et lorsqu'il est publié, il est comme "abandonné" simplement à la curiosité du lecteur.

Son ambition est aussi celle de son maître Mallarmé, tous deux cherchant à atteindre à la "poésie pure" avec, pour Valéry, une oeuvre "où rien de ce qui est la prose n'apparaitraît plus."

 

    Ainsi, la première version de "La Belle au bois dormant" paraît dans la revue La Conque en 1891. Paul Valéry considère ce texte comme un brouillon et en produira une réécriture définitive au moment de la constitution du recueil Album de vers anciens, en 1920. Pour ma part, paradoxalement, je plébiscite cette première version, dont j'aime la fraîcheur un peu naîve. Comme j'aimerais écrire de semblables brouillons !

 

Voici donc le premier poème et sa réécriture, lus par Gilles-Claude Theriault, que je remercie infiniment. Quelle belle voix ! (Edit du 9 octobre 2013).

 

 


 

La Belle au bois dormant

(première version)

 

La Princesse, dans un palais de roses pures

Sous les murmures et les feuilles, toujours dort.

Elle dit en rêvant des paroles obscures

Et les oiseaux perdus mordent ses bagues d'or.

 

Elle n'écoute ni les gouttes dans leurs chutes

Tinter, au fond des fleurs lointaines, lentement

Ni s'enfuir la douceur pastorale des flûtes

Dont la rumeur antique emplit le bois dormant.

 

... Ô belle ! suis en paix ta nonchalante idylle

Elle est si tendre l'ombre à ton sommeil tranquille

Qui baigne de parfums tes yeux ensevelis :

 

Et songe, bienheureuse, en tes paupières closes

Princesse pâle dont les rêves sont jolis

A l'éternel dormir sous les gestes des Roses !

 

Paul Valéry, "La Belle au bois dormant", La Conque, novembre 1891

 

page9-160px-Valéry - Album de vers anciens, 1920.djvu

 

Au bois dormant

(Réécriture définitive)

 

La princesse, dans un palais de rose pure,

Sous les murmures, sous la mobile ombre dort,

Et le corail ébauche une parole obscure

Quand les oiseaux perdus mordent ses bagues d'or.

 

Elle n'écoute ni les gouttes, dans leurs chutes,

Tinter d'un siècle vide au lointain le trésor,

Ni, sur la forêt vague, un vent fondu de flûtes

Déchirer la rumeur d'une phrase de cor.

 

Laisse, longue, l'écho rendormir la diane,

Ô toujours plus égale à la molle liane

Qui se balance et bat tes yeux ensevelis.

 

Si proche de ta joue et si lente la rose

Ne va pas dissiper ce délice de plis

Secrètement sensible au rayon qui s'y pose.

 

Paul Valéry, "Au bois dormant", Album de vers anciens, 1920

 

La_Belle_au_Bois_Dormant_-_Sixth_of_six_engravings_by_Gusta.jpg

Gustave Doré, La Belle au bois dormant, illustration de 1867

 

Bon dimanche !

Heide

 
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20 mai 2012 7 20 /05 /mai /2012 13:16

C.-Baudelaire.jpgCharles Baudelaire (1821-1867)

L'invitation au voyage

Mon enfant, ma soeur,
Songe à la douceur
D'aller là-bas vivre ensemble !
Aimer à loisir,
Aimer et mourir
Au pays qui te ressemble !
Les soleils mouillés
De ces ciels brouillés
Pour mon esprit ont les charmes
Si mystérieux
De tes traîtres yeux,
Brillant à travers leurs larmes.

Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.

Des meubles luisants,
Polis par les ans,
Décoreraient notre chambre ;
Les plus rares fleurs
Mêlant leurs odeurs
Aux vagues senteurs de l'ambre,
Les riches plafonds,
Les miroirs profonds,
La splendeur orientale,
Tout y parlerait
À l'âme en secret
Sa douce langue natale.

Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.

Vois sur ces canauxles fleurs du mal
Dormir ces vaisseaux
Dont l'humeur est vagabonde ;
C'est pour assouvir
Ton moindre désir
Qu'ils viennent du bout du monde.
- Les soleils couchants
Revêtent les champs,
Les canaux, la ville entière,
D'hyacinthe et d'or ;
Le monde s'endort
Dans une chaude lumière.

Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.

 

Baudelaire, Les Fleurs du mal, Spleen et idéal, LIII, 1857

 

 


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13 mai 2012 7 13 /05 /mai /2012 07:45

tentation-du-bonheur.jpg

 

     Aujourd'hui, pour ce dimanche poétique, une superbe chanson d'Hubert-Félix Thiéfaine, extraite de l'album La Tentation du bonheur, 1996. Elle a été enregistrée le 2 mai 1996, à l'occasion du 3e anniversaire de son fils Lucas. Tout en bas de l'article, une vidéo de You tube, pour l'écouter.

Sur le livret, se trouve le glossaire de Tita dong-dong song : ce sont les mots utilisés par le bébé "lors de ses débuts avec la langue parlée." Voici ce glossaire tel qu'il est écrit :

"tita = lucas - dong-dong = bébé (exemple : dong-dong cheval = poulain). Par extension,  dong-dong devient "moi, je" (exemple : y s'en fout dong-dong ! = j'en ai rien à cirer) - dadu = hugo, le grand frère de tita dong-dong (voir "septembre rose" - septembre rose : chanson sur la naissance de hugo (voir album "eros über alles", 1988) - vouvou = le chien - tata = le gateau / le pain - vouvou tata = le chien du boulanger (vouvou tata shop = la boulangerie)."

 

Tita dong-dong song

 

Le paradis est trouble
Et l'enfer est malade
Mais le bonheur est double
Au bout de ma ballade
T'es tombé dans mes bras
Par un après-midi
De printemps forsythia
Aux paillettes en folie

Achtung vouvou tata
Tita dong-dong song for me
Achtung vouvou tata
Lucas look at me

T'as mis les coeurs à nu
Dans mon septembre rose
Heureusement que Dadu
Craint pas les ecchymoses
Il t'a mis dans son coeur
De grand frère sioux guerrier
Et t'auras jamais peur
Si tu suis son sentier

Achtung vouvou tata
Tita dong-dong song for me
Achtung vouvou tata
Lucas look at me

Les photos se dispersent
Au rythme des marées
Et sous les feux adverses
On s'arrache la pitié
Moi j'écoute ton sommeil
Et j'étudie tes rêves
Et je n'suis plus pareil
Quand le soleil se lève

Achtung vouvou tata
Tita dong-dong song for me
Achtung vouvou tata
Lucas look at me

 

                                                Paroles et musique : H.-F. Thiéfaine

 

" Le bonheur ça n'est pas grand chose... c'est du chagrin qui se repose." Léo Ferré

 

 

 

 

Bon dimanche !

Heide


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6 mai 2012 7 06 /05 /mai /2012 08:00

    Buste de Marie de franceMarie de France est la première écrivaine de langue française. Elle a participé à la naissance de "la matière de Bretagne". Sa production littéraire - trois oeuvres datées de la fin du XIIe siècle (Les Lais, Les Fables et le Purgatoire Saint Patrice) - "s'enracine dans le milieu culturel brillant de la cour d'Henri II Plantagenêt." (Source : Les plus beaux manuscrits des poètes français, Robert Laffont)


Jean de Liège, Buste de Marie de France, 1381LaisMarie de France

 

Le mot 'lai" d'origine celtique signifie d'abord  "chant". Le Lai du chèvrefeuille se rattache directement à la légende arthurienne. Il est sans doute le plus célèbre parce qu'il est lié au mythe littéraire de Tristan et Iseult et parce qu'il évoque l'amour éternel, à travers l'allégorie du chèvrefeuille et du coudrier inextricablement enlacés. Cela nous parle, bien sûr, aujourd'hui encore, même si le passage qui raconte une brève rencontre des amants dans la forêt intervient juste avant leur union définitive dans la mort.

 

 

Manuscrit, BNF

Le lai du chèvrefeuilleLai-chevrefeuille-manuscrit.jpg

...

Tristan coupa une branche de coudrier

par le milieu et l'équarrit.

Quand il a préparé le bâton,

avec son couteau il écrit son nom.

Si la reine le remarque,

car souvent elle guettait un signe,

elle saura bien que le bâton

vient de son ami, quand elle le verra :

il lui était déjà arrivé

de l'apercevoir ainsi.

Voici le contenu du message

inscrit sur le bâton dont j'ai parlé :

longtemps Tristan était resté à cet endroit,

y avait demeuré et avait attendu

pour guetter et pour trouver

un moyen de la voir,

car il ne pouvait vivre sans elle.

Il en était de tous deux

comme du chèvrefeuille

qui autour du coudrier s'accroche.

Quand il l'enlace et le saisit,

et qu'il s'est mis tout autour du tronc,

ils peuvent bien vivre ensemble ;

mais si quelqu'un s'avise ensuite de les séparer,

le coudrier meurt rapidement

et le chèvrefeuille pareillement.

"Ma belle amie, ainsi en est-il de nous :

ni vous sans moi ni moi sans vous."

...

Lai du chèvrefeuille,

conservé dans un manuscrit de la fin du XIIIe siècle

contenant tous les lais de Marie de France,

Bibliothèque nationale.

 

300px-Leighton-Tristan_and_Isolde-1902.jpg Edmund Blair Leighton (1853-1922), Tristan et Iseut, 1902

Mouvement préraphaélique (apparu en 1848 au Royaume Uni)

 

tristan-et-iseult-livre-de-poche-1303155144Pour finir, un petit lien vers la Bibliothèque nationale de France dont l'exposition consacrée à la "La Légende du roi Arthur" est passionnante. BNF

 

Bonnes lectures et bon dimanche !


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29 avril 2012 7 29 /04 /avril /2012 06:00

cae-19-mulnier-abbema-l.jpg

 

 

190px-Bernhardt-_Sarah_-1844-1923-_-_1875_-_ritratta_da_Ab.jpeg

Louise Abbéma est une artiste-peintre étampoise, née en 1853.

 

Son premier succès fut son Portrait de Sarah Bernhardt (ci-contre, à droite)

 

(source : corpusétampois.com)

 

Ce matin, un joli sonnet pour éventail, "Nuit japonaise", publié en 1894, à une époque où le Japon était très à la mode.

Envie de soleil et de retrouver les senteurs florales printannières...

 

cae-19-abbema048.jpg

Cliché Anne Ferrette 2003 © Musée de la Bénédictine, Fécamp

 

Nuit japonaise, Eventail

 

Un rayon délicat vient caresser la terre,

Le fin croissant du soir dans le ciel violet

Baigne de la pâleur de son tremblant reflet

Les îles de Yado et la mer qui s'éclaire.

 

Un parfum très subtil monte avec volupté

Des palissants iris et des pivoines roses.

Quel mystère charmant enveloppe les choses

En l'exquise douceur des belles nuits d'été !

 

Tout frissonne et se tait ; sous les brises très molles

Les pavots endormeurs effeuillent leurs corolles

Qu'un souffle tendre et frais entraîne en voltigeant.

 

Sur les bateaux légers aux frissonnantes voiles

La blonde Séléné fait pleuvoir des étoiles,

Et le Japon s'endort en un rêve d'argent.

 

Louise Abbéma, "Nuit japonaise", L'Art et la mode, 1884

 

cerisiers-en-fleurs-du-japon.jpgLes cerisiers en fleurs du Japon 


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22 avril 2012 7 22 /04 /avril /2012 00:00

saison-pluies-senegal.jpg

Saison des pluies au Sénégal (Wat TV)


       Ce matin, j'avais envie de partager un très beau poème de Léopold Sédar Senghor, immense écrivain épris de francophonie. On y retrouve l'inspiration africaine et la mélodie senghorienne qui emprunte son rythme et ses intonations aux musiques du Sénégal, sa terre natale. En Afrique occidentale, la saison des pluies, "l'hivernage", se déroule de juin à octobre. Et c'est un choix de circonstances car il a beaucoup plu en Périgord ces jours-ci !


Il a plu toute la nuit.

J'ai pensé à toi sous la fulgurance sulfureuse des ténèbres.

La mer bavait sur les brisants des tuiles vertes, la mer meuglante

Sous le tonnerre et la tornade, nous gémissions sous l'Angle de la mort

D'une longue plainte et si douce

 

Me voici dans le gouffre du palais sonore

Dans les moiteurs, les migraines, comme à Dyilôr jadis

Ma mère ceignait mes angoisses de feuilles de manioc, les saignait.

A Joal comme autrefois, il y a cette souffrance à respirer qui colle visqueuse à la passion.

Cette fièvre aux entrailles le soir, à l'heure des peurs primordiales.

 

Je rêve aux rêves de jeunesse.

Mon ami l'Etranger disait la fraîcheur des prés en Septembre

Et les roses de Tinchebray qui s'irisent dans la candeur du matin

Je rêvais d'une jeune fille au coeur odorant.

Et quand elle se fâchait, on délirait, ses yeux jetaient des éclairs

 

Je souffre, comme toi n'est-ce-pas ? Comme la nuit d'hivernage.

 

Léopold Sédar Senghor, Lettres d'hivernage, Le Seuil, 1972

 

220px-Su shi
Finissons par une belle phrase de Sou Shi, calligraphe, poète et peintre chinois (1037-1101), dans Poèmes :


" Au crépuscule doré, la pluie avait encore tracé ses fils de soie."

 

Et après la pluie ... What a wonderful world ...

 

Bon dimanche !

 

 

 

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17 avril 2012 2 17 /04 /avril /2012 01:10

Marie -Claire Bancquart, né en 1932.

Poète, romancière et essayiste contemporaine.

AbsenceMCBlancquart

 

Un sourd qui essaierait de toucher la musique

S'interrogeant

Avec ses doigts

Sur la courbe des notes

 

L'absence coeur déteint

 

La table même a l'air fragile

Dans les rêves vient une horloge

Qui broute du brouillard                                                          

 

Inhabitable

Le corps où dépareille

Un sang que l'on croyait jumeau d'un autre

 

On aimerait tuer l'espace.

 

Marie-Claire Bancquart, Cherche-terre, "Absence", 1977

 

A lire, un entretien avec M.-C. Bancquart,  pour le Printemps des poètes.

 


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15 avril 2012 7 15 /04 /avril /2012 00:43

Tous les chemins vont vers la ville.Emile_Verhaeren_by_John_Singer_Sargent.jpg

 

Du fond des brumes,

Avec tous ses étages en voyage

Jusques au ciel, vers de plus hauts étages,

Comme d'un rêve, elle s'exhume.

 

Là-bas,

Ce sont des ponts musclés de fer,

Lancés, par bonds, à travers l'air ;

Ce sont des blocs et des colonnes

Que décorent Sphinx et Gorgonnes ;

Ce sont des tours sur des faubourgs ;

Ce sont des millions de toits

Dressant au ciel leurs angles droits ;

C'est la ville tentaculaire,

Debout,

Au bout des plaines et des domaines. livreverhaeren.jpg

[...]

La rue - et ses remous comme des câbles

Noués autour des monuments -

Fuit et revient en longs enlacements ;

Et ses foules inextricables

Les mains folles, les pas fiévreux,

La haine aux yeux,

Happent des dents le temps qui les devance.

[...] 

Telle, le jour - pourtant, lorsque les soirs

Sculptent le firmament, de leurs manteaux d'ébène,

La ville au loin s'étale et domine la plaine

Comme un nocturne et colossal espoir ;

Elle surgit : désir, splendeur, hantise ;

Sa clarté se projette en lueurs jusqu'aux cieux,

Son gaz myriadaire en buissons d'or s'attise,

Ses rails sont des chemins audacieux

Vers le bonheur fallacieux

Que la fortune et la force accompagnent ;

Ses murs se dessinent pareils à une armée

Et ce qui vient d'elle encor de brume et de fumée

Arrive en appels clairs vers les campagnes.

 

C'est la ville tentaculaire,

La pieuvre ardente et l'ossuaire

Et la carcasse solennelle.

 

Et les chemins d'ici s'en vont à l'infini

Vers elle.

 

                                                          Emile Verhaeren, Les Campagnes hallucinées, 1893

 

 

                                                            

 

A l'écoute, La Valse d'Amélie de Yann Tiersen

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Présentation

  • : Le blog de Heide
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  • : Un tour d'horizon de mes lectures, contemporaines ou classiques. De la poésie, juste pour le plaisir des mots ... De la littérature de jeunesse, au fur et à mesure de mes découvertes. Un peu de cinéma et de la BD de temps à autre ... Bienvenue ... à fleur de mots!
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A lire absolument ! Efflorescences IsmaëlBilly

  Toutes les critiques parues sur Efflorescences d'Ismaël Billy

sont recensées sur la page web de l'écrivain. (ICI)

 

 
 


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Mon rendez-vous philo

chouette-300x211 

Pour en savoir plus sur le rendez-vous hebdomadaire et la lecture thématique mensuelle, c'est ICI.
La communauté "Les Lundis philo"est créée, n'hésitez pas à vous y inscrire !

 

10e rendez-vous thématique :

Lundi 12 août 2013 (date décalée)

Thème : le temps

Anis ?

Coccinelle

Denis

Lee Rony

Sophie ?

Heide

 

9e rendez-vous thématique :

Lundi 1er juillet 2013

Thème : le philosophe Albert Camus 

Coccinelle (alias Catherine) : Albert Camus

Denis : L'Ordre libertaire. La Vie philosophique d'Albert Camus de Michel Onfray

Lee Rony : L'Ordre libertaire. La Vie philosophique d'Albert Camus de Michel Onfray

Heide : L'Ordre libertaire. La Vie philosophique d'Albert Camus de Michel Onfray

 

8e rendez-vous thématique :

Lundi 3 juin 2013

Thème : Au bout du monde 

Deux approches : le voyage

et/ou

Philosophes/Philosophie du bout du monde (Asie, Moyen-Orient, Amérique latine, Australie...)

Anis : Les femmes, la philosophie et le voyage

Catherine : Au bout du monde avec l'idée de Dieu dans la philosophie religieuse de la Chine (Léon de Rosny)

Denis : Montesquieu, Voyages, Arléa

Lee Rony : Au bout du monde

Heide : Montaigne et le voyage

 

7e rendez-vous thématique :

Lundi 6 mai 2013

Thème : Littérature et philosophie

(Lecture commune récréative : Martin et Hannah de Catherine Clément)

Catherine lance deux débats passionnants pour dépasser le clivage entre littérature et philosophie.

Denis sur  Le Monde de Sophie de Jostein Gaarder. A consulter aussi Hannah Arendt et Martin Heidegger de Elzbieta Ettinger (essai) : ici.

Lee Rony

Sophie sur Voltaire

Heide sur Martin et Hannah de Catherine Clément

 

6e rendez-vous thématique :

Lundi 1er avril 2013

Thème : La philosophie et le rire 

Catherine : Qui a écrit "Le rire est le propre de l'homme ?"

Denis  : autour d'une citation sur le rire philosophique. Candide de Voltaire (en attendant Bergson)

              Le Rire de Bergson

Lee Rony : Historique de la notion, façon Lee Rony.

Heide : Bergson, Le Rire, Essai sur la signification du comique

 

5e rendez-vous thématique :

Lundi 4 mars 2013

Thème : Femmes philosophes

Catherine : Cléobouline, l'une des premières femmes philosophes (Grèce antique)

Denis : Simone Weil, femme philosophe (1ère partie : sa vie et son oeuvre)

2e partie : La Pesanteur et la grâce (ICI)

Lee Rony signe un poème satirique "Femmes philosophes"

Heide : Hannah Arendt et la crise de la culture (1ère partie : présentation)

 

4e rendez-vous thématique :

Lundi 4 février 2013

Thème : Freud et la psychanalyse

Catherine : points communs et différences entre psychanalyse et philosophie

Denis : Le Malaise dans la culture de Sigmund Freud

Lee Rony  bientôt sur le divan avec cette lettre de son médecin traitant... Excellent ! 

Heide  : le fonctionnement de l'appareil psychique et L'Avenir d'une illusion


  3e rendez-vous thématique :

Lundi 7 janvier 2013

Thème : l'art, la beauté dans l'art

Catherine sur une citation de Platon

Denis sur Kandinsky, Du spirituel dans l'art et dans la peinture en particulier

Lee Rony sur la question du point de vue, les rapports entre la distorsion des perceptions et la beauté artistique.

Heide sur un texte de Soseki Natsume, extrait d'Oreiller d'herbes, 1906


2e rendez-vous thématique :

Lundi 3 décembre 2012

Thème : la sagesse

Catherine : Oh non George ! Un album de Chris Haughton

Denis : ABC d'une sagesse par Svami Prajnanpad

Lee Rony : "Poésie lexicale"

Heide : Mathieu Ricard, Plaidoyer pour le bonheur

 

1er rendez-vous thématique :

Lundi 5 novembre 2012

Thème : le bonheur

Catherine : Le bonheur

Denis : Bruno Fabre, La Pyramide du bonheur

Lee Rony : Le bonheur

Heide : Le bonheur selon Marc-Aurèle

 

Challenge Marguerite Duras

LIRE L'OEUVRE DE MARGUERITE DURAS

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Je vous propose deux logos à insérer dans vos articles :

 

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duras imec 1N'hésitez pas à nous rejoindre pour découvrir ou redécouvrir l'oeuvre de Marguerite Duras. Pensez à demander votre inscription à la communauté, si vous le souhaitez. Cela permet de recenser facilement l'ensemble des articles publiés.

 

Bibliographie et filmographie avec les liens vers les articles publiés : CLIC (en construction)

 

Deux sites incontournables : l'Association Marguerite Duras, qui organise notamment les Rencontres Duras au printemps et Duras mon amour (site géré par des étudiants italiens)

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