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28 avril 2012 6 28 /04 /avril /2012 19:54

Fete-de-la-librairie

       L'occasion était trop belle : combiner une action utile à la perspective de belles heures de lecture ! Et en plus, ma petite Fleur est repartie avec une rose. Joli tableau ! Seul mon porte-monnaie finit par ne plus trop apprécier. Mais les vacances s'achèvent, ce qui va diminuer, pour un temps, mes passages en librairie...


Aujourd'hui, samedi 28 avril, c'était en effet la journée des libraires. L'information a circulé sur nos blogs (chez Nina, chez Denis et Fabienne...) et c'est une bonne chose car c'est l'occasion de prendre conscience des difficultés de ces petites librairies qui participent pourtant à l'animation de nos centres-villes comme les autres commerces de proximité, tout autant en péril. C'est l'occasion de se dire aussi que les rayons des grandes surfaces et les librairies en ligne sur le net ne remplaceront jamais les conseils d'un professionnel avisé...


Mes achats du jour :

La mort heureuse camus

Dormir avec ceux qu'on aime

Et pour mon Jérôme, le deuxième tome d'une série de BD découverte à Noël (genre : policier historique), dont il aime beaucoup le graphisme :


Quatre-Bakerstreet-tome2.jpg

 

D'autres livres me tentaient beaucoup (notamment les Imperfectionnistes de Tom Rachman, roman chroniqué par Denis). Mais ce sera pour la prochaine fois !


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28 avril 2012 6 28 /04 /avril /2012 15:03

Toulouse capitole 2

La place du Capitole à Toulouse

 

On ne sait jamais ce que l'avenir nous réserve... Et c'était particulièrement vrai hier puisque nous avons improvisé en une heure, une sortie sur Toulouse (à 300 km de la maison, tout de même !) pour voir l'adaptation au théâtre, du roman La Chute de Camus. Le déplacement fut un moment très agréable, très joyeux ! Je n'en ferai pas le récit complet, mais on peut dire que la traversée de Toulouse au pas de course et l'arrivée sur les lieux furent rocambolesques ! Ce voyage est à marquer d'une pierre blanche pour le moment de complicité et de fous rire avec mes deux aînés.

 

Quelques mots sur Le Théâtre de poche ...


Théâtre de poche 4Alors, si vous avez l'occasion de réserver un spectacle dans cet endroit, surtout ne passez pas votre chemin quand vous arriverez sur les lieux... L'extérieur ne paye pas de mine : pas de grande enseigne lumineuse, ni d'affiche imposante annonçant l'événement. Non, juste un trépied en bois, sur lequel on a punaisé une minuscule affiche...

Il faut passer la première porte et là déjà, tout change : une dame très souriante nous accueille avec quelques mots aimables, ravie de voir que nous venons de si loin. "Vous ne serez pas déçus !", nous dit-elle. Effectivement, je ne le serai pas, mais la philosophie du texte et le jeu de l'acteur, Alain Daumer, qui campait à merveille le Jean-Baptiste Clamence de Camus, n'ont pas vraiment passionné mes enfants...


Le Théâtre de poche, c'est donc un lieu grand comme un mouchoir de poche : l'endroit compte 60 places assises dans un espace très convivial puisque même le bar est prévu pour servir le verre de l'amitié à la fin du spectacle.

Apparemment, de nombreuses expérimentations se tiennent dans ce théâtre, cher au coeur du comédien Alain Daumer et des organisateurs d'"Images en scène".

Théâtre en poche 1 

 

L'adaptation

 

C'était remarquable ! La performance d'Alain Daumer, avec sa voix rauque et ses allures de dandy, est époustouflante. Aucune erreur de diction, aucune hésitation dans la mémorisation de ce texte si compliqué à jouer à cause de sa dimension philosophique. Ce juge pénitent aurait sans doute fait le bonheur de Camus tant l'acteur fait passer d'idées dans son jeu toujours parfaitement juste.


Sur scène, une table ronde de bistrot sur laquelle sont posées une bouteille et une tasse, bien utiles pour qu'Alain Daumer puisse s'hydrater régulièrement (d'ailleurs, ce besoin de boire, l'acteur l'intègre tellement bien dans son jeu que le spectateur ne le distingue pas du besoin de s'alcooliser du personnage). Derrière la table, une simple chaise et un filet accroché au mur noir, figurant un bar de pêcheurs. Au mur, le portrait d'un homme et d'une femme noirs qui semblent se donner un baiser (c'est un passage important du roman qui est commenté dans la pièce). Quelques tableaux sont déposés çà et là.


Théâtre en poche 2Les jeux de lumière, peu nombreux, interviennent pour souligner une réflexion importante ou marquer l'évolution du personnage vers l'aveu de "sa culpabilité et de son impossible rédemption". Ce long monologue est bien la mise en scène (dans tous les sens du terme) d'une "confession publique", jusqu'au moment fatidique de l'aveu... L'intensité dramatique est alors à son comble... La confession, très théâtralisée, se fait dans une lumière bleutée, sur une gnossienne de Satie (je n'ai pas trouvé la bonne interprétation, mais c'est celle qui est à l'écoute).

 

C'est donc un spectacle exigeant car très littéraire et je pense que mes enfants sont restés "en marge" parce qu'ils n'avaient pas lu le roman et n'avaient pas une idée très précise de la philosophie camusienne. Et puis, la réflexion morale implicite apparaît surtout derrière les mimiques et le cynisme du personnage et il faut bien connaître le texte pour percevoir toutes les dimensions du jeu de l'acteur.

A mon avis, lire ou relire le roman est un préalable indispensable pour profiter pleinement de cette adaptation très fine et très fidèle au roman de Camus.

 

La presse en a parlé

alain-daumer.jpg

Alain Daumer interpète La Chute de Camus

 

C’est évidemment la chute ; la chute d’un égo ! Le personnage se croyait réalisé, en haut, il croyait être arrivé et il se découvre bas, tel qu’il est vraiment !
Ce « dialogue à une voix » implicite, parsemé de formules percutantes et d’anecdotes piquantes, est la dernière œuvre de fiction achevée par Albert CAMUS.
Un an après il recevra le Prix Nobel de Littérature pour l’ensemble de son œuvre.

PRESSE :

Un voyage au centre du moi, une plongée étouffante dans l’égoïsme, une lucidité féroce, une volonté d’évasion pétrifiée, un surplace tragique et infernal !
PHİLAGORA

Source : Théâtre de poche - Toulouse

 

D'autres dates sont prévues en France et notamment au festival d'Avignon cet été.

N'hésitez pas à prendre contact avec Théâtre en poche en suivant le lien !

 

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26 avril 2012 4 26 /04 /avril /2012 00:30

       vircondelet.gifCette semaine, un soir, j'ai eu plaisir à me replonger dans un ouvrage critique très court mais passionnant sur le style de Marguerite Duras : Marguerite Duras ou l'émergence du chant est, en fait, le texte d'une conférence donnée par Alain Vircondelet, en janvier 1993, aux "Midis de la Poésie", à Bruxelles. Maître de conférences et écrivain lui-même, ami de Marguerite Duras dés 1968, Alain Vircondelet est reconnu comme l'un des meilleurs spécialistes de son oeuvre. Il est d'ailleurs aujourd'hui l'un des présidents d'honneur de l'Association Marguerite Duras.

 

       Son discours est un vibrant hommage à la beauté poétique, quasi mystique, de l'écriture de Marguerite Duras, en particulier dans les écrits de la maturité, bien après Un Barrage contre le Pacifique dont la facture est proche du roman américain. Alain Vircondelet explique, avec chaleur et simplicité, ce qui constitue l'essence même du travail d'écrivain pour Marguerite Duras, le sens profond de sa quête, qui fut d'ailleurs souvent oublié, gommé par la virulence de ses prises de position. Le sujet du livre pour Marguerite Duras, ce n'est pas l'analyse psychologique, mais l'écriture, la recherche d'une "syntaxe musicale" (MD), qui permet d'approcher "l'épaisseur des choses", "l'indicible des choses et des êtres".

 

       Cette "parole qui est celle de la poésie, qui ne mène à rien d'autre qu'à elle-même", c'est ce que j'aime par dessus tout dans son oeuvre. Cette sorte de ressassement du langage, des mots reformulés "jusqu'à l'épuisement du sens", Alain Vircondelet en parle avec passion. Alors, son discours vaut d'être lu pour lui-même d'abord et parce qu'il constitue une excellente introduction au chant, à la voix si particulière de l'écrivaine.

 

Voici ce qu'on peut lire sur la quatrième de couverture :

"Il m'est apparu qu'elle était semblable à Marcel Proust comme à ces conteurs d'Extrême-Orient, d'Afrique noire ou du Maghreb qui parlent en légendes et en fables, cherchant à se relier aux forces sacrées, premières, telluriques, rejoignant ainsi l'obscure route des Mythes. Je savais qu'à force de se dépouiller de toute parole politique, libre en un mot, elle avait retrouvé la simplicité du premier verbe, la naïveté des premiers jours, la splendeur du premier chant. Qu'elle avait ainsi rejoint le lieu immémorial des poètes".

 

Pour finir un extrait de l'Amant de la Chine du Nord, cité dans l'ouvrage entre autres magnifiques passages :


C'est un livre.

C'est un film.

C'est la nuit.

 

La voix qui parle ici est celle, écrite, du livre.

Voix aveugle. Sans visage.

Très jeune.

Silencieuse.

 

C'est une rue étroite. Eclairée par des becs de gaz.

Cailloutée, on dirait. Ancienne.

Bordée d'arbres géants.

Ancienne.

De chaque côté de cette rue il y a des villas blanches à terrasses.

Entourée de grilles et de parcs.

C'est un poste de brousse au sud de l'Indochine française.

C'est en 1930.

C'est le quartier français.

C'est une rue du quartier français.

L'odeur de la nuit est celle du jasmin.

Mêlée à celle, fade et douce, du fleuve.

 

Devant nous, quelqu'un marche. Ce n'est pas celle qui parle. C'est une très jeune fille, ou une enfant peut-être. Ça a l'air de ça. Sa démarche est souple. Elle est pieds nus. Mince. Peut-être maigre. Les jambes... Oui... c'est ça... Une enfant. Déjà grande.

Elle marche dans la direction du fleuve.

 

Au bout de la rue, cette lumière jaune des lampes tempête, cette joie, ces appels, ces chants, ces rires, c'est en effet le fleuve. Le Mékong.

C'est un village de jonques.

C'est le commencement du delta.

De la fin du fleuve.

 

Malheureusement, il semble que cet ouvrage de Vircondelet ne soit plus édité (à moins de le trouver d'occasion, ce qui fut mon cas.)

Références complètes : Alain Vircondelet, Marguerite Duras et l'Emergence du chant, Conférences des "Midis de la Poésie", collection "Paroles d'Aube", La Renaissance du livre, septembre 2000.

 

Bonne lecture des oeuvres de Marguerite Duras !

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24 avril 2012 2 24 /04 /avril /2012 21:39

logo-mardi-31.jpg

Sur une idée originale de Sophie, qui a l'art d'animer nos blogs décidément, je me joins à mes amis bloggeurs pour le rendez-vous hebdomadaire "le mardi sur son 31" : il s'agit d'ouvrir le livre que l'on est en train de lire à la page 31 et d'en extraire une citation sur laquelle on souhaite rédiger quelques mots.

Ce soir, je me prête donc pour la première fois à ce petit jeu littéraire que j'ai déjà pratiqué avec bonheur entre amis lecteurs.


Dans La Ballade de l'impossible de Murakami Haruki, à la page 31, Naoko discute avec son ami Watanabe (le narrateur) :

" Comment trouves-tu la vie en communauté ? C'est amusant de vivre avec les autres ? me demanda-t-elle.

- Je ne sais pas très bien. Cela fait seulement un peu plus d'un mois, lui répondis-je. Mais ce n'est pas si mal. En tous cas, ce n'est pas si difficile à supporter." [...]

Dis, tu crois que je pourrais moi aussi ?

- Vivre en communauté ? (Elle acquiesça) Je ne sais pas, ça dépend. En cherchant bien, on peut toujours y trouver des inconvénients."

En fait, Watanabe vient de commencer sa vie étudiante et il s'est installé dans un foyer de Tôkyô où il partage la chambre avec un autre étudiant assez insupportable. Imaginez-vous être réveillé chaque matin à 6h30, par un type qui saute partout parce qu'il s'adonne à une séance de gymnastique radiophonique... Watanabe vient de raconter ses déboires à son amie Naoko et tous deux ont fini par en rire. Puis vient cette question de la jeune fille, un peu triste, un peu perdue...

 

C'est amusant comme on peut toujours trouver des résonances entre ce qu'on est en train de vivre et ce qu'on lit. C'est souvent le cas, vous ne trouvez pas ? Je me suis déjà amusée à cela : ouvrir un livre au hasard et voir ce que je peux y trouver en terme d'écho avec mon humeur du moment, mes joies, mes peines, les événements autour de moi... J'ai déjà partagé cela avec bonheur...

Aujourd'hui, c'est le mot "communauté" qui m'a fait sourire et vous comprendrez aisément pourquoi ! Alors j'ai eu envie de m'amuser un peu... Oui, c'est génial et cela enrichit beaucoup d'échanger avec d'autres lecteurs passionnés. Nouer des liens amicaux autour de la littérature, ce n'est pas du tout, mais vraiment pas du tout difficile à supporter et, même en cherchant bien, je ne vois absolument aucun inconvénient à signaler !

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24 avril 2012 2 24 /04 /avril /2012 16:04

    cet-instant-la.jpg   Je profite des vacances pour parler de lectures plus anciennes, quoique celle-ci ne date que de cet hiver. J'ai lu presque tous les romans de Douglas Kennedy et celui-ci figure parmi mes préférés, d'abord parce qu'il raconte une  histoire d'amour, très belle et dramatique, ensuite parce que j'ai appris beaucoup sur la période de la guerre froide et l'époque difficile où le Mur coupait la ville.

Berlin est un endroit que j'aimerais beaucoup visiter et ce fut un plaisir de découvrir un peu de son architecture et de son histoire. Quand le Mur est tombé, j'avais 19 ans et je me souviens encore des images de liesse que diffusaient les journaux télévisés. Alors, c'était très intéressant aussi de replonger dans mes propres souvenirs, à l'occasion de cette lecture.

 

       L'histoire

 

       Ecrivain new-yorkais tout juste divorcé, Thomas Nesbitt  reçoit une lettre de Berlin qui va bouleverser sa vie et ses certitudes. Elle le ramène vingt-cinq ans en arrière, en 1984 : à cette époque, jeune écrivain, installé à Berlin pour un an, "prêt à explorer les secrets d'une métropole à la fois résolument moderne et confite dans un hideux passé", Thomas a le projet d'écrire sur cette ville. Pour subvenir à ses besoins, il travaille pour une radio de propagande américaine. Il y rencontre Petra. Entre eux, le coup de foudre est immédiat et fulgurant. A cinquante ans, la lettre entre les mains, Thomas laisse affluer à sa mémoire le souvenir intense de sa rencontre avec la jeune femme, réfugiée est-allemande dans Berlin ouest. C'est une histoire d'amour passionnée qui nous est contée. Mais Petra est-elle vraiment celle que Thomas croit connaître ?


       Mes impressions

 

     Roman d'amour sur fond historique, enrichi d'un soupçon d'espionnage et d'une intéressante reflexion sur la question du choix, Cet instant-là combine tous les ingrédients d'un bon roman comme on les aime et comme Douglas Kennedy sait les écrire. Alors, bien sûr, on pourra toujours lui trouver quelques travers, notamment au début, où le style est à deux ou trois reprises un peu relâché. Mais cela ne dure pas et il est délicat de juger du style d'un auteur à travers une traduction. Qu'importe au fond puisque Douglas Kennedy nous embarque encore une fois, avec beaucoup de talent, en d'autres lieux et en d'autres temps, pour le seul plaisir des sens... Et puis, la construction est originale et bien maîtrisée, le récit parcouru d'une réflexion très juste sur les moments de la vie où nos choix ont pu faire basculer notre existence, pour le meilleur ou pour le pire... 


Cet instant-là, c'est en fait pour chacun de nous "l'instant qui peut tout bouleverser ou ne rien changer. L'instant qui nous induit en erreur ou nous révèle enfin qui nous sommes, ce que nous cherchons, ce que nous voulons obstinément approcher et qui restera peut-être à jamais hors d'atteinte."   Douglas Kennedy

 

Bonne lecture !


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23 avril 2012 1 23 /04 /avril /2012 12:09

margaretduras       Si comme moi vous aimez Marguerite Duras, je vous invite, avec un immense plaisir, à rejoindre la communauté "Autour de Marguerite Duras" que je viens de créer sur overblog.

 

Le but est d'échanger autour de cette écrivaine majeure du XXe siècle, de recenser toutes les ressources qui paraissent autour de son oeuvre et de sa vie, de partager les textes et citations que nous aimons ainsi que nos impressions de lecture.

duras adler

Pour ma part, je compte approfondir mes lectures et me procurer quelques DVD des films qu'elle a réalisés. Je vous recommande la biographie de Laure Adler (Folio n° 3417) qui est passionnante !


Je remercie chaleureusement Denis de m'avoir suggéré l'idée et j'en profite pour signaler la communauté "Autour d'Albert Camus" qu'il anime avec Fabienne. Leur blog  Au bonheur de lire vaut vraiment le détour et contient de nombreux articles sur l'écrivain.

 

Je remercie tous ceux qui voudront bien diffuser l'information sur leur blog afin de contribuer à faire connaître cette communauté.

 

Au plaisir de vous compter bientôt parmi les membres du groupe !

 

Amitiés ! 

 

Heide

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23 avril 2012 1 23 /04 /avril /2012 00:50

      Marguerite-Duras-rencontres.jpg Lorsqu'on évoque l'oeuvre de Marguerite Duras, les réactions ne sont jamais mitigées : son style, sa voix, les thèmes qu'elle aborde et son personnage même laissent rarement indifférents.  Marguerite Duras a profondément marqué la littérature du XXe siècle et de nombreux lecteurs dont je fais partie.

 

     Un peu d'histoire ...

 

     Marguerite Donnadieu est née en Indochine, près de Saïgon, le 4 avril 1914. Elle ne prendra le nom de Marguerite Duras qu'en 1943, à l'occasion de la parution de son premier roman Les Impudents. C'est une façon pour elle de rendre hommage à son père, originaire de Villeneuve-sur-Lot. La bibliographie exhaustive de son oeuvre, impressionnante en terme de diversité et de volume, se trouve à la fin de La Pluie d'été (1990).

En 1997, un groupe de passionnés, des habitants de Duras et des spécialistes de l'oeuvre, s'associent autour de ce "lieu de mémoire" dans le but de "faire connaître les liens de Marguerite Duras avec le Lot-et-Garonne, de poursuivre les recherches sur la vie de l'auteure dans la région pour les mettre à disposition de tout public. Elle s'applique aussi à approfondir et transmettre l'œuvre (roman, théâtre, cinéma) et espère pouvoir partager l'espace infini de la langue de la parole de l'auteur." (Source : site de l'Association Marguerite Duras)


5888_chateau-duras-photo2.jpgChâteau de Duras


   Les Rencontres de Duras et le site de l'Association

 

  Comme chaque année depuis 15 ans, les 17, 18, 19 et 20 mai 2012 se tiendront les Rencontres de Duras, au château de Duras, en Lot-et-Garonne.  Le programme complet de ces quatre jours durassiens est disponible sur le site de l'Association : on pourra assister à des représentations théâtrales, des projections de films, des lectures, des conférences d'universitaires spécialistes de l'oeuvre et des interventions d'auteurs...


Cette année, les thèmes à l'honneur sont : Monique-Dorsel-rencontres-Duras.jpg

  • Marguerite Duras et les images
  • Regarder, être regardée
  • Ecrire le vietnam contemporain

 

 

 

REGARDEZ, DIT-ELLE Monique Dorsel. 

Textes extraits de Les Yeux verts et L'Homme atlantique.

Mise en espace de Charles Gonzales (Assoc. MD.org)

 

   En dehors de ces journées, vous pouvez consulter le site de l'Association, une véritable mine pour suivre les actualités durassiennes, lire des conférences, trouver des photos et des films (effectivement Denis, certains sont disponibles en DVD : voici le lien).

   Je ferai un compte-rendu de ces Rencontres auxquelles j'aurai la chance de me rendre puisque j'habite tout près...

 

   A bientôt !

 


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22 avril 2012 7 22 /04 /avril /2012 00:00

saison-pluies-senegal.jpg

Saison des pluies au Sénégal (Wat TV)


       Ce matin, j'avais envie de partager un très beau poème de Léopold Sédar Senghor, immense écrivain épris de francophonie. On y retrouve l'inspiration africaine et la mélodie senghorienne qui emprunte son rythme et ses intonations aux musiques du Sénégal, sa terre natale. En Afrique occidentale, la saison des pluies, "l'hivernage", se déroule de juin à octobre. Et c'est un choix de circonstances car il a beaucoup plu en Périgord ces jours-ci !


Il a plu toute la nuit.

J'ai pensé à toi sous la fulgurance sulfureuse des ténèbres.

La mer bavait sur les brisants des tuiles vertes, la mer meuglante

Sous le tonnerre et la tornade, nous gémissions sous l'Angle de la mort

D'une longue plainte et si douce

 

Me voici dans le gouffre du palais sonore

Dans les moiteurs, les migraines, comme à Dyilôr jadis

Ma mère ceignait mes angoisses de feuilles de manioc, les saignait.

A Joal comme autrefois, il y a cette souffrance à respirer qui colle visqueuse à la passion.

Cette fièvre aux entrailles le soir, à l'heure des peurs primordiales.

 

Je rêve aux rêves de jeunesse.

Mon ami l'Etranger disait la fraîcheur des prés en Septembre

Et les roses de Tinchebray qui s'irisent dans la candeur du matin

Je rêvais d'une jeune fille au coeur odorant.

Et quand elle se fâchait, on délirait, ses yeux jetaient des éclairs

 

Je souffre, comme toi n'est-ce-pas ? Comme la nuit d'hivernage.

 

Léopold Sédar Senghor, Lettres d'hivernage, Le Seuil, 1972

 

220px-Su shi
Finissons par une belle phrase de Sou Shi, calligraphe, poète et peintre chinois (1037-1101), dans Poèmes :


" Au crépuscule doré, la pluie avait encore tracé ses fils de soie."

 

Et après la pluie ... What a wonderful world ...

 

Bon dimanche !

 

 

 

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20 avril 2012 5 20 /04 /avril /2012 13:34

       comme une mèreVoici un court roman bouleversant sur lequel, comme moi,  vous avez peut-être lu ici ou là des avis de lecteurs (lectrices...)  enthousiastes.

Karine Reysset aime écrire sur la maternité :  déjà dans l'Inattendue, un premier roman très remarqué lors de sa parution en 2009, l'auteure racontait, dans une sorte de journal de bord, l'attente particulière de la première grossesse, avec ses questionnements et ses découvertes, ses angoisses et ses doutes... Alors,  je n'ai pas hésité une seconde lorsque j'ai reconnu, chez mon libraire, la couverture évocatrice et le titre prometteur de Comme une mère,  roman que j’avais repéré sur la Toile, lors de sa sortie en poche (collection Points).

 

          L'histoire

 

       Il est question des destins croisés de deux femmes à un moment difficile de leur vie : Judith vient de mettre au monde un enfant mort-né et, pour elle, le sort semble s’acharner... Au même moment, dans le même hôpital, la jeune Emilie, âgée de 19 ans, se résigne à accoucher sous X. Tout s'enchaîne alors très vite : folle de chagrin,  Judith enlève la petite fille prénommée Léa...

 

          Mes impressions

 

       Les parcours de Judith et d’Emilie m'ont touchée : Karine Reysset esquisse avec pudeur et finesse le portrait de deux femmes qui doivent faire face à une maternité douloureuse. Emilie est ancrée dans le réel, empêtrée dans les difficultés sociales (le chômage, l'absence de logement) et son courage résigné est vraiment émouvant. Quant à Judith, elle est bouleversante dans sa volonté désespérée d'effacer la perte et de reconstruire coûte que coûte le lien maternel rompu. Son attachement à la petite fille est d'autant plus fort qu'il se construit hors du temps... Le temps des responsabilités, le temps de rendre des comptes, le temps d'accepter et de pouvoir, s'il se peut, faire le deuil du premier enfant, celui qui n'est pas venu... Bien entendu, je ne dévoilerai rien du dénouement ; sachez simplement que l'émotion y est bien présente.

Cependant, si je devais émettre une petite réserve, je dirais que la brièveté du roman donne parfois l'impression que les situations ne sont qu'ébauchées. La psychologie des deux femmes est parfaitement bien cernée, mais la cohérence des événements aurait pu être renforcée par une analyse psychologique plus fouillée. Par moment, je dois reconnaître que je suis restée un tout petit peu sur ma faim…


       Malgré tout, Comme une mère est un roman sensible : l’écriture rend palpable le vide de l’absence et montre à quel point la frontière entre le bonheur et le désespoir est fragile et réversible.


       Un extrait


"  Je voulais leur confier mon gri-gri pour qu'ils le mettent au creux de ton épaule, je n'ai pas la force de te voir une nouvelle fois, mais les portes du bureau sont closes, les équipes, en réunion. Je suis désemparée, incapable de m’arracher encore à ce lieu où tout commence, où tout finit.

   Dans la chambre au bout du couloir, par la porte entrouverte, j’aperçois la jeune fille, celle de la salle de travail. Elle est endormie. Un nouveau-né repose dans un berceau à ses côtés. J’entre sur la pointe des pieds. Je ne peux m’empêcher de les regarder, elles sont belles, chacune à leur manière. Tableau touchant, désarmant, désolant. Le drap découvre le tatouage sur son épaule. C’est encore une enfant. Elle est plutôt jolie avec ses cheveux blond foncé, sa pâleur et ses lèvres boudeuses.Reysset-d.r 

   Le bébé est une vraie poupée, un chef-d’œuvre de la nature. Les lèvres bien roses, ourlées en un baiser imaginaire, les mains ouvertes à la caresse, un teint de porcelaine, un nez retroussé, des cheveux abondants couleur miel. Je passe furtivement la main sur son front, sa peau est si douce. » (page 32)

 

Bonne lecture !

 


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17 avril 2012 2 17 /04 /avril /2012 01:10

Marie -Claire Bancquart, né en 1932.

Poète, romancière et essayiste contemporaine.

AbsenceMCBlancquart

 

Un sourd qui essaierait de toucher la musique

S'interrogeant

Avec ses doigts

Sur la courbe des notes

 

L'absence coeur déteint

 

La table même a l'air fragile

Dans les rêves vient une horloge

Qui broute du brouillard                                                          

 

Inhabitable

Le corps où dépareille

Un sang que l'on croyait jumeau d'un autre

 

On aimerait tuer l'espace.

 

Marie-Claire Bancquart, Cherche-terre, "Absence", 1977

 

A lire, un entretien avec M.-C. Bancquart,  pour le Printemps des poètes.

 


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Présentation

  • : Le blog de Heide
  • Le blog de Heide
  • : Un tour d'horizon de mes lectures, contemporaines ou classiques. De la poésie, juste pour le plaisir des mots ... De la littérature de jeunesse, au fur et à mesure de mes découvertes. Un peu de cinéma et de la BD de temps à autre ... Bienvenue ... à fleur de mots!
  • Contact

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A lire absolument ! Efflorescences IsmaëlBilly

  Toutes les critiques parues sur Efflorescences d'Ismaël Billy

sont recensées sur la page web de l'écrivain. (ICI)

 

 
 


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Mon rendez-vous philo

chouette-300x211 

Pour en savoir plus sur le rendez-vous hebdomadaire et la lecture thématique mensuelle, c'est ICI.
La communauté "Les Lundis philo"est créée, n'hésitez pas à vous y inscrire !

 

10e rendez-vous thématique :

Lundi 12 août 2013 (date décalée)

Thème : le temps

Anis ?

Coccinelle

Denis

Lee Rony

Sophie ?

Heide

 

9e rendez-vous thématique :

Lundi 1er juillet 2013

Thème : le philosophe Albert Camus 

Coccinelle (alias Catherine) : Albert Camus

Denis : L'Ordre libertaire. La Vie philosophique d'Albert Camus de Michel Onfray

Lee Rony : L'Ordre libertaire. La Vie philosophique d'Albert Camus de Michel Onfray

Heide : L'Ordre libertaire. La Vie philosophique d'Albert Camus de Michel Onfray

 

8e rendez-vous thématique :

Lundi 3 juin 2013

Thème : Au bout du monde 

Deux approches : le voyage

et/ou

Philosophes/Philosophie du bout du monde (Asie, Moyen-Orient, Amérique latine, Australie...)

Anis : Les femmes, la philosophie et le voyage

Catherine : Au bout du monde avec l'idée de Dieu dans la philosophie religieuse de la Chine (Léon de Rosny)

Denis : Montesquieu, Voyages, Arléa

Lee Rony : Au bout du monde

Heide : Montaigne et le voyage

 

7e rendez-vous thématique :

Lundi 6 mai 2013

Thème : Littérature et philosophie

(Lecture commune récréative : Martin et Hannah de Catherine Clément)

Catherine lance deux débats passionnants pour dépasser le clivage entre littérature et philosophie.

Denis sur  Le Monde de Sophie de Jostein Gaarder. A consulter aussi Hannah Arendt et Martin Heidegger de Elzbieta Ettinger (essai) : ici.

Lee Rony

Sophie sur Voltaire

Heide sur Martin et Hannah de Catherine Clément

 

6e rendez-vous thématique :

Lundi 1er avril 2013

Thème : La philosophie et le rire 

Catherine : Qui a écrit "Le rire est le propre de l'homme ?"

Denis  : autour d'une citation sur le rire philosophique. Candide de Voltaire (en attendant Bergson)

              Le Rire de Bergson

Lee Rony : Historique de la notion, façon Lee Rony.

Heide : Bergson, Le Rire, Essai sur la signification du comique

 

5e rendez-vous thématique :

Lundi 4 mars 2013

Thème : Femmes philosophes

Catherine : Cléobouline, l'une des premières femmes philosophes (Grèce antique)

Denis : Simone Weil, femme philosophe (1ère partie : sa vie et son oeuvre)

2e partie : La Pesanteur et la grâce (ICI)

Lee Rony signe un poème satirique "Femmes philosophes"

Heide : Hannah Arendt et la crise de la culture (1ère partie : présentation)

 

4e rendez-vous thématique :

Lundi 4 février 2013

Thème : Freud et la psychanalyse

Catherine : points communs et différences entre psychanalyse et philosophie

Denis : Le Malaise dans la culture de Sigmund Freud

Lee Rony  bientôt sur le divan avec cette lettre de son médecin traitant... Excellent ! 

Heide  : le fonctionnement de l'appareil psychique et L'Avenir d'une illusion


  3e rendez-vous thématique :

Lundi 7 janvier 2013

Thème : l'art, la beauté dans l'art

Catherine sur une citation de Platon

Denis sur Kandinsky, Du spirituel dans l'art et dans la peinture en particulier

Lee Rony sur la question du point de vue, les rapports entre la distorsion des perceptions et la beauté artistique.

Heide sur un texte de Soseki Natsume, extrait d'Oreiller d'herbes, 1906


2e rendez-vous thématique :

Lundi 3 décembre 2012

Thème : la sagesse

Catherine : Oh non George ! Un album de Chris Haughton

Denis : ABC d'une sagesse par Svami Prajnanpad

Lee Rony : "Poésie lexicale"

Heide : Mathieu Ricard, Plaidoyer pour le bonheur

 

1er rendez-vous thématique :

Lundi 5 novembre 2012

Thème : le bonheur

Catherine : Le bonheur

Denis : Bruno Fabre, La Pyramide du bonheur

Lee Rony : Le bonheur

Heide : Le bonheur selon Marc-Aurèle

 

Challenge Marguerite Duras

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