" A peine un livre s'est-il abattu sur un lecteur qu'il se gonfle de sa chaleur et de ses rêves"   Michel Tournier
Jeudi 27 août 2009
      
       J'ai lu ce merveilleux roman au mois de juillet, sur les bords du lac de Léon où nous passions nos vacances. Grâce à mes enfants qui m'ont offert ce livre pour la Fête des mères, j'ai pu découvrir un jeune auteur vraiment talentueux. Après ce premier roman intense, aux accents de vérité douloureux, j'espère qu'il poursuivra une belle carrière d'écrivain.



        L'histoire

       Comme le suggère le titre, c'est une histoire d'amour passionnée, mais interdite qui nous est contée dans ce roman. Elle se déroule en Arabie-Saoudite, dans la ville de Djeddah où Nasser, un garçon sensible d'origine érythréenne, a grandi loin de sa mère et dans un monde d'hommes. Il y a connu la violence sous toutes ses formes : des abus sexuels dans un monde où la mixité est interdite jusqu'au mariage et où les pratiques homosexuelles sont monnaie courante aux restrictions des libertés les plus fondamentales. Nasser souffre en silence, résiste autant qu'il peut en rêvant à celle qui sera sa bien-aimée. Jusqu'au jour où, en pleine rue, il reçoit un billet jeté par une ombre noire...

        Mes impressions

        J'ai été emportée par le destin de Nasser et de la jeune fille mystérieuse, baptisée Fiore par son amant. Rythmée par leurs lettres enflammées (qu'il faut cacher à tout prix, mais transmettre malgré les risques), leurs fiévreux "habibi" et "habibati" (mon amour), leur histoire est tout simplement magique car elle semble prendre racine hors du temps et de l'espace, hors des contingences culturelles qui voudraient l'avilir. Cet amour est pur, azuréen, lumineux car il est don de soi à l'autre, au-delà même de la matérialité du corps. Et en même temps, il s'incarne dans les petites Chaussures Roses d'abord, puis dans la sensualité des corps qui s'étreignent.
        Même si elle est "haram" (interdite par le loi islamique), cette passion est rendue possible par l'audace des deux amants qui osent mettre leur honneur et leur vie en péril pour pouvoir se contempler, remplacer l'image imaginaire par l'image réelle, masquée pas l'abaya de la jeune femme. Ils acceptent de se mettre en danger - le châtiment serait terrible pour l'un comme pour l'autre, ils le savent - pour pouvoir enfin se retrouver et s'aimer dans la clandestinité. C'est une femme intelligente, libre et sensuelle qui s'éveille sous le regard de Nasser, une fois le voile à terre. Et c'est un immense hommage qui est rendu aux femmes opprimées à travers les choix et la destinée de Fiore.

         Fiore a-t-elle un avenir auprès de Nasser ? Je vous laisse le découvrir ...


         Florilège

        Voici l'une des plus belles lettres écrites par Nasser :

"   Fiore,

   J'espère que tu ne m'en voudras pas de me montrer aussi imprudent, mais aujourd'hui, j'ai décidé de t'avouer mon désir. Le moment te semblera peut-être mal choisi et la franchise de mes propos pourrait te choquer, toi dont l'amour est si pur. Mais je me dois d'être sincère.
   Je pense sans cesse à toi, quand je marche dans la rue, quand j'attends l'imam devant chez lui, à la mosquée ou au lycée.
    Parfois, mon esprit m'emporte au beau milieu du désert. Tu m'attends et je cours vers toi. Au début, tu portes ton voile. Mais je m'approche et je m'aperçois que ce noir est celui de  ta peau. Tu es seule sous le soleil brûlant. Telle une plante du désert, tu n'as besoin de rien pour survivre. Les pieds plantés dans le sable comme des racines chargées d'un millénaire d'histoire, tu te dresses vers le ciel, semblable à une reine abyssinienne.
Enfin je parviens à tes côtés, hors d'haleine, comme si je venais de parcourir la terre pour trouver la femme dont parlent les légendes, l'amante que tous les hommes attendent et que toutes les femmes redoutent depuis des milliers d'années. Le mythe que les hommes se transmettent de génération en génération, le corps tremblant de désir.
    Ta magie illumine le ciel d'un océan d'étoiles et transforme le désert en un lit de fleurs sur lequel nos corps se rencontrent pour la première fois. Je t'embrasse et tu m'avoues : "Malgré ce que racontent les légendes, je découvre moi aussi le pays des amants : je suis seule depuis toujours, car je t'attendais."
    Et je te réponds : "Nous aurons toute la vie pour apprendre comment faire l'amour, et cela commence maintenant, habibati."
(page 177-178)
                                                                                                                 

        " Comment la vie peut-elle soudain devenir si belle ? Fiore marchait devant moi, laissant un sillage rose sur la corniche de Djeddah. "Lorsqu'une femme marche, m'avait dit le poète du camp de réfugiés, toute la terre marche avec elle." Je comprenais enfin. On aurait dit qu'elle entraînait la terre avec elle, me laissant flotter là, en apesanteur." (page 211)

        " On m'a forcée à rejoindre ce monde nouveau où je devais me vêtir de noir, comme pour porter le deuil de mon existence" (page 247)

        " Nasser, y a-t-il vraiment quelque chose en moi qui pousse les hommes vers le mal ? Pourquoi devrais-je m'inquiéter de l'enfer ou du paradis qui les attend, pourquoi serait-ce à moi de payer le prix de leur faiblesse ? Je ne suis qu'une femme qui voudrait mener sa vie librement." (page 247)

Bonne lecture !
 
Par Heide
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Jeudi 27 août 2009
       Ce matin, Calypso propose sur son blog un petit jeu amusant et parfait pour m'aider à occuper les quelques heures stressantes qui m'attendent aujourd'hui...  Il s'agit de répondre à quelques questions par un titre de livres lus dans l'année. Moi aussi, je me suis octroyée une petite entorse à la consigne en proposant également des livres inscrits dans ma PAL ou lus il y a plus d'un an (comment ça je triche ? ).

Décris-toi : Prof ...et fière de l'être.
Comment te sens-tu ? Beloved
Décris là où tu vis actuellement : Aux champs
Si tu pouvais aller n'importe où, où irais-tu ? Un appartement à New-York
Ton moyen de transport préféré : De si jolis chevaux.
Ton/Ta meilleur(e) ami(e) est : Profondeurs.
Toi et tes amis, vous êtes : Sans un mot
Comment est le temps : Le Temps captif.
Ton moment préféré de la journée : A ce soir.
Qu'est la vie pour toi : L'Espoir
Ta peur : Être sans destin.
Quel est le meilleur conseil que tu puisses donner : Apprendre à vivre.
Pensée du jour : Puisque rien ne dure.
Comment aimerais-tu mourir ? Comme une mère.
La condition actuelle de mon âme : Le Regard aux aguets.

A votre tour !

D'autres joueurs et joueuses (je complèterai au fur et à mesure) : Ankya
Par Heide
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Mardi 25 août 2009
        C'est dans le cadre d'une lecture commune que j'ai commencé à lire Le Maître des illusions de Donna Tartt. Inutile de cacher trop longtemps ma déception quant à ce roman : même s'il était dans ma PAL depuis plusieurs années (si, si ...) et malgré les excellentes critiques qui ornent la quatrième de couverture, je n'ai pu en venir à bout ...

        Cela arrive ! Je suis restée en marge de cette communauté d'étudiants, étranges et peu attachants, évoluant dans une atmosphère froide et austère. A chaque fois que j'essayais de me replonger dans le roman, le livre me tombait des mains et d'autres horizons romanesques m'ouvraient des bras plus accueillants ! Peut-être n'était-ce pas le bon moment alors que trop de livres franchement passionnants m'attendent dans une PAL gigantesque... Je ne saurais dire pour quelles raisons exactes la rencontre ne s'est pas faite. Cela dit, j'avoue que je ne suis pas allée bien loin dans ma lecture (je n'ai lu qu'une centaine de pages).

        Bref, j'en étais quitte pour un abandon de lecture, ce que je déteste... Mais à lire les articles de mes amies bloggeuses Anneso, Kalistina, Calypso (et d'autres que j'oublie sans doute), j'ai bien envie d'essayer de m'accrocher pour pouvoir vous livrer un avis conséquent et motivé... dans quelques jours !

        A suivre donc !
Par Heide
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Mardi 25 août 2009
        Dimanche 9 août 2009, Thierry Jonquet nous a quittés... Auteur contemporain reconnu par la critique littéraire, il excellait dans le genre du polar, mais écrivait aussi des nouvelles et autres textes pour la jeunesse.

        Je me disais en parcourant la longue liste de ses oeuvres que c'était assez fréquent de découvrir de véritables talents au moment de leur mort... "Mieux vaut tard que jamais" dira-t-on, mais tout de même, quel dommage de ne pouvoir rendre à qui le mérite qu'un hommage posthume !
J'avais bien étudié la nouvelle Nadine proposée dans un manuel scolaire de 5e, mais je n'avais malheureusement ni eu l'idée ni eu l'occasion de découvrir les autres titres de Thierry Jonquet. Suite à la proposition de Stephie, je me suis plongée il y a deux jours dans le roman policier intitulé Ils sont votre épouvante et vous êtes leur crainte (Points, "Roman noir"). Le titre - tout un programme ! - et la couverture m'ont immédiatement attirée et j'adore, vraiment j'adore le style, l'écriture sans concession, "au scalpel", comme j'ai pu le lire, l'atmosphère et le sujet.
Voici la critique de Télérama que l'on peut lire sur la quatrième de couverture :
                               "Thierry Jonquet est un chroniqueur des temps modernes
                                 qui capte, analyse, dénonce, en vrac, la maltraitance, la
                                 misère, l'abétissement. Un livre qui cogne."
J'ai également acheté Mygale, un roman policier paru en poche (Folio policier n°52) sur lequel j'ai lu de très bonnes critiques.

       Mais je vous en dirai plus dans un billet que je publierai courant septembre. En attendant, si vous souhaitez en savoir plus sur l'oeuvre de Thierry Jonquet, rendez-vous sur le site officiel ici ou sur le site de Stephie pour des précisions sur les modalités de participation à cet hommage. Sachez qu'il s'agit de lire un ou plusieurs romans de l'auteur pour fin septembre et de rédiger un article à son sujet. Stephie recensera tous les articles parus, dans un billet , début octobre. Pour ceux qui n'auraient pas de blog, n'hésitez pas à poster votre avis de lecture sur l'un des blogs participant à cet hommage!
Enfin, merci à Leiloona à laquelle nous devons le logo "Hommage à Thierry Jonquet".
Par Heide
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Mercredi 29 juillet 2009
                                                                                                           
        Il est des moments de lecture essentiels parce qu'ils sont l'occasion d'une réflexion ou parce qu'ils suscitent une profonde émotion ... Sobibor de Jean Molla est de ceux-là.
J'avais entendu parler, à plusieurs reprises et en des termes des plus élogieux, de ce roman, publié dans une édition pour les jeunes (Scripto de Gallimard). Je m'étais promis de le lire très rapidement et je ne le regrette pas car ce livre est réellement bouleversant. C'est en apnée que je me suis plongée dans l'inconscient d'Emma dont l'histoire personnelle est douloureusement mêlée à l'Histoire collective.

        L'histoire

        Emma a bientôt 18 ans. L'âge qui vous émancipe de la tutelle parentale. L'âge des responsabilités à prendre, des projets à construire. Mais Emma est anorexique. Elle malmène son corps de jeune femme, vomit pour se libérer d'un passé familial dont elle pressent rapidement le poids effrayant. Emma est très proche de ses grands-parents et en particulier de sa grand-mère Mamouchka. Ces deux êtres qu'elle adore sont pour elle des modèles, à un âge où les parents ont cessé de paraître tout puissants et parfaits. Mais, avec les quelques mots prononcés par Mamouchka à la faveur d'un rêve, un passé sordide, volontairement enfoui, refait surface. Il entraîne avec lui de terribles fantômes qui crient encore leur souffrance à travers le corps meurtri de l'adolescente ...


        Mes impressions

        Difficile de parler de Sobibor sans risquer de lever une partie du voile sur le malaise inconscient dont souffre Emma.

CEUX QUI NE SOUHAITERAIENT PAS EN SAVOIR TROP DEVRAIENT EVITER DE LIRE CE QUI SUIT, même si j'essaie de ne pas trop en dire !

          Le roman s'ouvre sur une phrase-choc - "aujourd'hui, j'ai vomi pour la dernière fois" et sur un crime odieux - celui d'Eva  Hirschbaum et de son petit garçon.

       Grâce à la maîtrise implacable de la construction, nous allons de surprises en surprises, au rythme d'Emma, découvrant ici une page arrachée (pourquoi ?), là une histoire d'amour improbable au milieu de l'horreur jusqu'à la confrontation finale, d'une force insoutenable, au cours de laquelle peut éclater la vérité... La narration à la première personne (histoire d'Emma et de son anorexie) est interrompue par le récit enchâssé que constitue le "Journal de Jacques Desroches", un collaborateur engagé dans la Légion des volontaires français. Dans ce Journal qui commence le 20 janvier 1942 et s'achève le 4 juin 1943, Jacques Desroches raconte, avec enthousiasme et conviction, son quotidien au camp de concentration de Sobibor où il est chargé de collecter les chiffres ...
La description de l'organisation montre le cynisme épouvantable des SS qui "réceptionnent le matériel humain" par des jardins afin de n'éveiller aucun soupçon et de rassurer les arrivants. "La rapidité d'exécution est une des clés de notre réussite !" affirme Jacques Desroches (page 93) à un moment du récit où désormais il sait ce qu'il advient de ces personnes et participe en toute conscience à la solution finale. Cette évolution du personnage est d'ailleurs l'une des clés du roman car elle l'a conduit , à l'époque, à un acte absurde, point de départ et point d'aboutissement d'un drame dont les ramifications n'ont cessé de se déployer à travers le temps ... jusqu'à Emma. Jacques Desroches se livre également à un compte rendu très précis et éprouvant des techniques d'extermination. "Productivité" et "efficacité" en sont des termes clés, chiffres à l'appui.
Entre deux, il parle d'Anna, une "paysanne" polonaise au service des nazis, et de leur amour. Le contraste entre l'émotion de Jacques face à Anna, face à "la beauté et à la sérennité des lieux" (page 106) et l'horreur de l'épuration à laquelle il participe est saisissant. Sa désinvolture face à des actes inhumains trouve un écho dans l'attitude résignée d'Anna.

       La portée philosophique et psychanalytique de l'oeuvre est passionnante : "est-ce qu'on peut savoir ce qu'on ignore ?" (page 143). L'anorexie d'Emma révèle inconsciemment le poids d'un secret de famille et dit, là où les mots sont interdits, la parole du vieil homme juif (épisode relaté page 120-121) : que veut dire "zakhor"en hébreu ? "Souviens-toi" ... Emma, souviens-toi dans ton corps de ce que personne n'a pu dire avec des mots !
Parallèlement, le roman nous invite à une réflexion sur la responsabilité face au crime - notamment lorsqu'il est organisé, collectif et lorsque les exécutants sont soumis à une hiérarchie -, sur la complicité et la notion de libre-arbitre, sur la différence morale entre mentir et ne pas dire.

       En somme, une oeuvre magistrale indispensable et d'un abord facile quant à l'écriture, mais souvent difficile de par la force du sujet traité.


       Florilège

       Sur l'anorexie :

       " Pouvait-il le comprendre ? Au fur et à mesure que je perdais du poids, je m'étais allégée de ce qui m'encombrait ; je m'étais désintéressée de ce qui faisait de moi une femme. [...] J'avais retrouvé ma silhouette étroite de petite fille. Sans ma jeunesse. La peau de mon visage s'était creusée et accusait un âge qui n'était pas le mien." (Emma - page 66)

      "J'ai alors très exactement compris que mon anorexie était une agression, un coup brutal que je décochais aux autres et que ce coup prenait toute sa force si je n'emmaillotais pas ce qui me restait de chair dans des vêtements, mais que je le jetais  à la face de ceux que je voulais blesser." (page 161)


       Sur la logique nazie qui fait froid dans le dos :

       "Notre efficacité provient de notre aptitude à maîtriser nos émotions. Ce ne sont pas des êtres humains que nous traitons. Le plus difficile est de le comprendre et de l'accepter. Quand on a saisi cette évidence, tout devient tellement plus simple. Il nous faut veiller également à ne pas poser le problème en des termes prétendument moraux. Nous sommes par-delà le bien et le mal, et notre oeuvre pourrait susciter bien des incompréhensions. Il importe donc qu'elle soit achevée quand nous nous en expliqueront. A ce moment-là, elle s'imposera par son évidence." (Le SS Konrad à Jacques Desroches - pages 96-97)

      "Les Ukréniens ouvrent les portes et c'est la cohue des effarés qui commence. [...] Ils descendent sur le quai épuisés, les yeux éblouis par la lumière qu'ils n'ont pas vue depuis des jours, sales à faire peur, dépourvus de cette dignité qui force l'admiration chez les peuples forts. Comment éprouver de la compassion pour eux quand ils n'inspirent que du mépris ?
       On les mène à l'abattoir et ils ne se révoltent pas, malgré les cris, les insultes, les coups. Ils semblent ne vouloir se douter de rien, confiants en leur Dieu ou en je ne sais quoi, incapables de concevoir ce que nous avons imaginé pour eux." (Journal de Jacques Desroches - page 119)

         Et puis :

        "Ici-bas, chacun se comporte en fonction de ce qu'il est. Certains agissent, d'autres meurent, d'autres enfin préfèrent ne rien voir et ne rien entendre. C'est ainsi." (page 107)


Bonne lecture !






Par Heide
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Et d'autres encore, peut-être, si je parviens à rattraper mon retard malgré la rentrée ...

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Camus Albert, La Peste
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Claudel Philippe, La petite fille de Monsieur Linh
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Jonquet Thierry, Mygale
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Le Fanu Sheridan, Carmilla
Lenteric Bernard, La Nuit des enfants rois
Littell, Jonathan, Les Bienveillantes
Malzieu Mathias, La Mécanique du coeur
Mankell Henning, Profondeurs
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Morpurgo Michel, Le Roi Arthur
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